Bloqués par l’IA : Wagner et Ngamana créent une usine à fausses informations pour surveiller et traquer les Centrafricains

0
2

Regarder la video

 

Pris au piège de leurs propres méthodes et ridiculisés par l’intelligence artificielle, les opérateurs d’influence russes liés à Wagner et aux services de renseignement de Moscou doivent désormais repenser leur dispositif d’espionnage et de propagande en Centrafrique. Après avoir essuyé un refus catégorique de l’IA américaine Claude, qui a bloqué leurs tentatives de fichage et de traque des opposants politiques, la galaxie russe s’en remet à l’appareil d’État centrafricain. Résultat : un décret présidentiel portant création d’une « Cellule de Veille Communicationnelle », une véritable officine d’État destinée à fabriquer de la fausse information et à orchestrer une chasse à l’homme numérique contre les voix critiques.

 

La dérive technologique et sécuritaire des réseaux d’influence russes à Bangui vient d’atteindre un sommet d’absurdité. Selon les révélations diffusées par Radio France Internationale (RFI) et étayées par l’entreprise de technologie Anthropic, les services de renseignement russes ont utilisé l’intelligence artificielle Claude pour orchestrer de A à Z la communication du régime centrafricain, fabriquer de toutes pièces de la désinformation et mener des opérations de surveillance.

 

Bloqués par l'IA : Wagner et Ngamana créent une usine à fausses informations pour surveiller et traquer les Centrafricains

 

Wagner demande tout à l’IA Claude de rédiger tout à la place des autorités. De la Présidence à la Gendarmerie, l’enquête révèle l’ampleur effarante de l’emprise des mercenaires russes sur la souveraineté nationale du pays.

 

Le titulaire du compte incriminé, identifié comme Arthur Tévossian, coordonnateur en Centrafrique de l’officine Politology, n’utilisait pas seulement l’IA pour créer de faux rapports. Il demandait à Claude de rédiger l’intégralité des contenus officiels de l’État : discours du président Faustin-Archange Touadéra, points de presse du conseiller en communication de la Présidence, ainsi que les communiqués officiels du ministère de la Défense, de la Gendarmerie et de la Police nationale.

À lire aussi : Passeport du député Dologuélé : La Ligue centrafricaine des droits de l’homme rappelle l’autorité des décisions de la haute juridiction nationale

 

Une preuve palpable que les mercenaires russes contrôlent et dictent la parole de toutes les institutions de la République centrafricaine, pendant que la communauté internationale continue de financer aveuglément un appareil d’État fantoche et sous tutelle extérieure.

À lire aussi : Centrafrique : la crise financière frappe aussi le sport, le budget des Fauves pour la CAN 2027 revu à la baisse

 

Bloqués par Claude pour cause de traque politique

 

C’est au moment où ces barbouzes de Wagner ont voulu aller encore plus loin en demandant à l’IA de leur fournir une liste nominative d’opposants politiques à dénoncer pour les faire arrêter que le piège s’est refermé. Les mécanismes de sécurité d’Anthropic se meublant de garde-fous éthiques se sont déclenchés, entraînant le blocage immédiat du compte.

 

Incapables de mener leurs opérations de flicage et de rédaction automatique sans leur « écrivain public » virtuel, les mercenaires russes se sont retournés vers l’administration centrafricaine pour créer en urgence une structure officielle sur mesure.

 

La CVC-PG : une usine à intox pour organiser la chasse à l’homme numérique

 

Pour pallier ce camouflet technologique, le ministre d’État à la Communication et Porte-parole du Gouvernement, Évariste Ngamana, beau-frère du président de la République et faux docteur en droit en quarantaine passé, a fait signer par le président-Empereur Faustin-Archange Touadéra un décret portant création de la Cellule de Veille Communicationnelle du Porte-parole du Gouvernement (CVC-PG).

 

Sous le prétexte fallacieux de « lutter contre la désinformation », la mission principale de cette cellule est en réalité de fabriquer de fausses informations gouvernementales à diffuser au peuple centrafricain, tout en organisant une contre-attaque systématique sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’une véritable chasse à l’homme en version numérique : la cellule est chargée d’identifier, de ficher et de traquer les responsables des publications dérangeantes afin de les livrer aux services de répression.

 

Un aveu financier et une charge absurde sur les deniers publics

 

Une preuve irréfutable de ce marché de dupes saute aux yeux à la lecture de l’article 13 du décret. Il y est mentionné que la cellule peut « bénéficier des appuis financiers des partenaires dans l’accomplissement de sa mission ». Or, dans la réalité centrafricaine, ces « partenaires » ne sont autres que les mercenaires russes de Wagner eux-mêmes, venus financer une structure taillée sur mesure pour exécuter la sale besogne que l’IA a refusé d’accomplir.

 

Pire encore, le même article stipule que les indemnités des membres et les charges de fonctionnement sont inscrites au budget annuel de l’État. En pleine crise budgétaire, alors que le FMI gèle ses décaissements et que la masse salariale absorbe déjà plus de 85 % des recettes fiscales, le régime crée une armée de postes hauts de gamme, Secrétaire permanent avec rang de Chargé de mission, Chefs d’unité avec rang de Directeurs généraux, Experts avec rang de Directeurs, pour surveiller les communications de la population aux frais du contribuable.

 

Désormais, Évariste Ngamana est devenu un ministre-figurant réduit au rôle d’exécutant.

 

Face à ce dispositif tentaculaire et à la présence des conseillers russes qui dictent jusqu’aux virgules des déclarations officielles, une question s’impose : quelle tâche reste-t-il désormais au ministre d’État Évariste Ngamana ?

 

Relégué au rang de simple figurant administratif, le fameux docteur en droit et « marabout de Carnot » n’a plus qu’à jouer les boîtes aux lettres, apposer sa signature sur des arrêtés et communiqués dictés par Wagner et assurer la figuration lors des cérémonies.

 

Privé de toute initiative communicationnelle ou politique, Ngamana incarne aujourd’hui l’image d’un ministre réduit à l’impuissance, gérant une usine à gaz budgétivore au service d’un régime pris en otage par ses propres mercenaires.

 

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

  Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org

 

 

 

Article précédentCentrafrique : quand les militaires rwandais désarment de force les soldats FACA à Bogoin, près de Damara
Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine