Le déplacement du fugitif Hassan Bouba à Berberati s’est déroulé sous un dispositif impressionnant, réunissant mototaxis mobilisées, véhicules lourdement armés, autorités locales au garde-à-vous et cérémonial d’État.
La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre une arrivée soigneusement organisée par le ministre de l’Urbanisme. Des dizaines de mototaxis encadrent le cortège officiel, devançant des véhicules surarmés occupés par des mercenaires russes du groupe Wagner. Des habitants paupérisés, parmi lesquels des femmes et des enfants, bordent le parcours en reprenant des chansons de la campagne électorale de Faustin-Archange Touadéra.

À l’arrivée du fugitif Hassan Bouba, des policiers se tiennent au garde-à-vous devant cet homme pourtant recherché par la justice. Les autorités administratives et municipales s’inclinent devant le chef de la faction dissidente de l’Unité pour la paix en Centrafrique.
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L’ensemble donne au passage de ce chef de guerre tchadien les contours d’un véritable déplacement présidentiel. Une mise en scène arrogante qui scandalise les Centrafricains ayant visionné les images sur les réseaux sociaux.
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Une mobilisation qui ressemble à un déplacement présidentiel
L’ampleur de la mobilisation montre la volonté d’imposer une démonstration de force autour d’un simple ministre de l’Urbanisme.
Arrivé en Centrafrique dans les rangs de la rébellion et proposé au gouvernement par son patron Ali Darassa, le fugitif Hassan Bouba utilise désormais les moyens de l’État pour afficher sa puissance. Sa visite à Berberati ne constitue aucunement une tournée officielle du chef de l’État.
Pourtant, le protocole observé reproduit fidèlement celui réservé au président de la République. Les autorités locales, les forces de police, le cortège surarmé et la population mobilisée confèrent une dimension spectaculaire à cette arrivée.
Des mototaxis ont été rémunérées quelques milliers de francs CFA pour former l’escorte. Pour ces conducteurs plongés dans la précarité, cette somme représente un gain immédiat dans un contexte économique difficile.
La présence de femmes et d’enfants accentue la mise en scène du cortège. Des chants électoraux à la gloire du pouvoir retentissent tout au long du parcours.
Pour la population centrafricaine, la question demeure centrale : pourquoi accorder un tel déploiement impérial à un chef de faction armée recherché par les tribunaux ?
Hassan Bouba, un fugitif recherché par la justice au cœur du pouvoir
Le parcours du fugitif Hassan Bouba illustre le règne de l’impunité en République centrafricaine.
Actuel chef de la faction dissidente de l’UPC, ce mercenaire d’origine tchadienne a été propulsé au gouvernement par Ali Darassa avant de devenir le bras droit exécutif du groupe Wagner à Bangui. Après avoir occupé le portefeuille de l’Élevage, il dirige aujourd’hui le ministère de l’Urbanisme.
Son dossier judiciaire confirme son statut d’homme recherché par la justice. Le fugitif Hassan Bouba avait été arrêté par la Cour pénale spéciale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Incarcéré au camp de Roux à Bangui, il a été libéré de force une semaine plus tard par les mercenaires du groupe Wagner et des éléments de la garde pénitentiaire. Une semaine après cette évasion armée, le président Faustin-Archange Touadéra le décorait de l’Ordre du mérite national avant de le réintégrer au conseil des ministres.
Depuis cette libération illégale, sa présence au sommet de l’État défie les mandats de justice international. Sa sécurité rapprochée, assurée en permanence par des mercenaires russes, confirme son rôle central dans le dispositif sécuritaire du régime.
Une popularité personnelle recherchée ?
Cette démonstration de force à Berberati confirme les ambitions personnelles du ministre de l’Urbanisme.
Les Centrafricains voient clairement dans ces images un responsable utilisant les deniers publics et son escorte privée pour bâtir son image politique.
La mise en scène de Berberati relève d’une opération de communication calculée. La captation et la diffusion massive des séquences sur internet visent à imposer l’autorité du chef de faction armée.
Le dispositif ne répond à aucun impératif administratif. La médiatisation de l’événement constitue le véritable objectif de cette descente sur le terrain.
Les habitants et les observateurs s’interrogent sur les visées réelles du fugitif Hassan Bouba. Cette parade cherche à affirmer son pouvoir, à masquer ses poursuites judiciaires et à préparer le terrain pour de futures ambitions politiques.
Aucune explication officielle n’a été fournie par la présidence ou le gouvernement.
De Touadéra à ses ministres, le cérémonial présidentiel se répand
Le fugitif Hassan Bouba applique une pratique désormais répandue au sein de l’équipe gouvernementale.
Le général Bienvenu Zokoué, ministre de la Sécurité publique, s’était déjà illustré en se faisant dérouler un tapis rouge lors d’une inspection officielle.
Ce dernier s’avançait seul sur la moquette rouge, bordée de troupes figées au garde-à-vous, reproduisant le cérémonial réservé aux plus hautes autorités de l’État.
Plusieurs ministres s’approprient ainsi régulièrement les symboles protocolaires du chef de l’État.
Le passage du fugitif Hassan Bouba à Berberati franchit toutefois un nouveau cap dans l’excès. L’importance de la garde armée, la distribution d’argent à la population et l’omniprésence des mercenaires russes confèrent à ce déplacement une gravité inédite.
Pourquoi une telle démonstration de force ?
Le déploiement de moyens autour du fugitif Hassan Bouba à Berberati suscite des interrogations directes sur le fonctionnement des institutions.
Ce déplacement ne s’appuie sur aucune mission d’urbanisme formalisée ou expliquée dans la communication officielle du gouvernement.
Les autorités locales de la Mambéré-Kadéï ont exécuté un protocole d’accueil digne d’une visite présidentielle pour un chef de faction rébellionnaire.
Cette opération confirme la stratégie de communication personnelle menée par ce responsable tchadien d’origine.
Ces faits prennent un relief particulier au regard du statut du fugitif Hassan Bouba, recherché pour crimes contre l’humanité et protégé par les éléments russes déployés dans le pays.
Sa présence constante aux côtés des chefs mercenaires russes confirme son statut de relais opérationnel de Wagner au sein du gouvernement centrafricain.
Les Centrafricains demandent à voir le travail plutôt que le cortège
Face à la diffusion de ces images, la population exige des actes concrets plutôt que des parades armées.
Les habitants de Berberati réclament le bitumage des axes routiers, l’aménagement urbain, l’accès aux services de base et le retour d’une sécurité réelle.
Une escorte lourdement armée ne remplace pas un bilan ministériel. Les billets distribués aux mototaxis ne créent pas un soutien populaire authentique.
L’exploitation de la pauvreté ambiante permet d’acheter un accueil bruyant, mais ne masque pas la réalité du statut judiciaire du ministre.
Les citoyens dénoncent cette instrumentalisation de la misère à des fins de propagande politique.
La question centrale demeure posée : le fugitif Hassan Bouba et les membres du gouvernement travaillent-ils pour l’intérêt général ou exploitent-ils l’État pour leur propre maintien au pouvoir ? Les images de Berberati témoignent d’une démonstration de force organisée par un homme recherché par la justice.
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