La déclaration de politique générale du gouvernement communément appelée le bilan des cent jours et encadrée par la constitution est la présentation officielle du programme du gouvernement et de la feuille de route comprenant les grandes orientations et priorités devant l’assemblée nationale.
À l’origine, cet exercice constitutionnel devenu universel est hérité de la démocratie américaine initiée par le feu Président Franklin Delano Roosevelt et utilisé comme un indicateur symbolique pour évaluer les premières actions d’un nouveau gouvernement…bref un repère politique et médiatique.

Le point d’achoppement de cette problématique est que l’opinion publique s’interroge et murmure si le nouveau gouvernement issu du troisième mandat illégal et qui est la reproduction quasi parfaite du précédent gouvernement s’est prêté à cet exercice républicain des cent jours alors qu’il est en réalité en place depuis 2024.
Il s’agissait d’une occasion parfaite pour le gouvernement de présenter le programme officiel du gouvernement, un inventaire à charge ou à décharge en tenant compte des urgences ou priorités, sa capacité à se projeter à travers les réformes et d’exposer de façon limpide les voies et moyens possibles pour la réalisation du programme au lieu de se masturber dans une autosatisfaction utopique.
Il est évident que la mise en place d’un nouveau gouvernement même si en réalité ce n’est que le prolongement de celui de 2024 suscite des attentes de la part de la population qui espère une amélioration substantielle de leurs conditions de vie.
Il faut noter que les défis majeurs de ce gouvernement demeurent la cherté de la vie avec de conséquence directe sur le panier de la ménagère, la réforme politique et institutionnelle, la promotion de la justice et de la bonne gouvernance, l’apaisement du climat politique et social, les questions des prisonniers politiques, la relance économique, l’action humanitaire et surtout la persistance des problèmes sécuritaires avec des disparitions, des arrestations arbitraires, des exécutions sommaires et extra-judiciaires, des violences gratuites sur la population, des incursions intempestives des groupes armés avec corollaire des tueries de masse.
En réalité, les cent jours ressemblent à une réorganisation du gouvernement ou une mise en place qu’à un tournant politique avec des effets d’annonces tonitruantes car rien n’est plus sonore que ce qui est creux.
L’on se rend à l’évidence que la dynamique de la continuité du gouvernement n’a pas produit l’effet escompté car les annonces sont en décalage avec les résultats perceptibles.
Les mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner confirment leur mainmise sur la haute sphère décisionnelle du pays avec corollaire le bradage voire le pillage sans contrepartie des ressources minières sans oublier le dernier rapport du fond monétaire international qui confirme l’état calamiteux de nos finances publiques.
Face aux inquiétudes,
préoccupations et doutes sur les projections gouvernementales, le citoyen lambda s’interroge :
1- Le bilan des cent jours doit-il être considéré comme le début d’une nouvelle action gouvernementale ou comme la poursuite d’une politique engagée depuis 2024 conformément au discours d’investiture du Président de la République qui insistait sur la continuité de l’État ?
2- En d’autres termes, les cent jours représentent-il un baromètre de résultats pour une équipe gouvernementale en place depuis 2024 ?
3- L’assemblée nationale monocolore réputée une chambre d’enregistrement des actions gouvernementales s’est fondée sur quel indicateur pour donner leur quitus à un gouvernement qui a montré ses limites depuis 2024 ?
4- Qu’est-ce que le peuple peut attendre d’un gouvernement de privilégiés et non de méritants sachant que la bonne gouvernance n’est que la résultante du bon choix des compétences ?
5- En définitive, quel bilan peut-on dresser de l’action de ce conglomérat d’amis appelé abusivement gouvernement qui multiplie les poses de première pierre et d’ouverture d’enquête judiciaire sans lendemain ?
En tout état de cause, l’avenir de ce gouvernement et de cette nation est le grand inconnu de cette équation exponentielle ou l’inconnu est dans l’exposant.
Face à la situation actuelle de notre pays qui est assez préoccupante, une prise de conscience collective ou un sursaut national serait salutaire pour libérer l’héritage commun et rétablir l’état de droit.
Cette nation tant malmenée par l’amateurisme, l’indécision, le pilotage à vue, l’improvisation des dirigeants mal élus a besoin d’une refondation, d’une nouvelle République bâtie sur une large consultation citoyenne avec des projets de société émergents qui mettra le peuple au centre des priorités à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015.
C’est bien évidemment ce que le Rassemblement Unitaire, une organisation politique de la société civile centrafricaine envisage d’organiser dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite vivement au passage à y adhérer massivement dans les jours à venir.
Au delà de tout, dans l’illustration de l’accident du “Titanic” en 1912 qui est le naufrage le plus célèbre de l’histoire, le Président de la République représente l’iceberg qui est à l’origine de l’accident c’est à dire l’obstacle à la bonne marche de ce pays.
Après l’identification du principal problème et en absence des actes qui donnent des lueurs d’espoir, ce peuple que vous croyez facilement domptable vous surprendra en vainquant la peur et se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.
Cependant les paisibles habitants de Limassa soutenus dans sa lutte par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car c’est la seule issue possible et plausible.
Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades avec femmes, enfants et bagages est revolue et surtout votre morphologie endomorphique est inadaptée à cet exercice.
Nous vous rappelons avec insistance que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de remord et de la désolation…
Si je savais serait trop tard pour vous Monsieur le Président et n’oubliez pas que la danse mythique des vautours du pouvoir qui accompagne chacune de vos sorties laisserait la place à la solitude avec des avoirs gelés et autres.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.
Limassa le 12 septembre 2026.
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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