Crépin Mboli-Goumba répond au grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana sur la nationalité d’Anicet Georges Dologuélé. Dans un aide-mémoire adressé au ministre d’État chargé de la Communication et porte-parole du gouvernement, le coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) oppose à son interlocuteur la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 et l’article 147 de la Constitution.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana soutient que Dologuélé doit écrire au président Faustin-Archange Touadéra pour demander sa réintégration dans la nationalité centrafricaine. Il affirme que sans cette démarche, l’opposant n’aurait « aucune nationalité » et ne pourrait plus continuer à siéger à l’Assemblée nationale.
Crépin Mboli-Goumba conteste cette lecture et rappelle que le Conseil constitutionnel a déjà examiné la question dans le cadre du contentieux relatif à la candidature de Dologuélé à l’élection présidentielle de 2025.
Mboli-Goumba rappelle la compétence du Conseil constitutionnel
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L’avocat commence par rappeler le rôle du Conseil constitutionnel dans l’ordre institutionnel centrafricain.
Selon lui, cette institution est chargée de veiller au respect de la Constitution. Elle contrôle notamment la constitutionnalité des lois et intervient dans le contentieux des élections nationales selon les compétences que lui attribuent la Constitution et le Code électoral.
Dans le cas de l’élection présidentielle, le Conseil constitutionnel est précisément compétent pour examiner les contestations portant sur les candidatures.
C’est dans ce cadre que la candidature de Dologuélé avait été contestée sur la base de sa situation au regard de la nationalité.
Le Conseil constitutionnel s’était déclaré compétent dans sa décision n°14/CC/25 du 14 novembre 2025.
Pour Mboli-Goumba, ce rappel est essentiel avant de discuter de l’obligation de réintégration invoquée aujourd’hui par le gouvernement.
Ce que le Conseil constitutionnel a décidé sur Dologuélé
Le point central de l’aide-mémoire concerne le contenu de la décision du 14 novembre 2025.
Le recours examiné par le Conseil constitutionnel soutenait notamment que Dologuélé avait perdu sa nationalité centrafricaine après avoir acquis la nationalité française et qu’il devait, par conséquent, solliciter sa réintégration.
Le Conseil constitutionnel a examiné cet argument.
Il a relevé qu’aucun décret n’avait formellement constaté la perte de la nationalité centrafricaine de Dologuélé.
Le Conseil a également considéré que la perte de nationalité par acquisition volontaire d’une nationalité étrangère ne pouvait pas être considérée comme automatique dans les circonstances examinées.
Il en a tiré une conséquence précise : Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration en l’absence de l’acte juridique permettant de constater sa perte de nationalité.
La requête contestant notamment sa candidature a finalement été rejetée comme mal fondée.
L’article 147 au cœur de la réponse
Crépin Mboli-Goumba met ensuite en avant l’article 147 de la Constitution du 30 août 2023.
Cette disposition prévoit que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives, militaires et juridictionnelles.
Pour l’avocat, cette disposition constitue un élément essentiel dans le débat actuel.
La décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 ne peut donc pas être considérée comme une simple interprétation parmi d’autres que l’administration serait libre de suivre ou non.
Elle a été rendue dans le cadre du contentieux de l’éligibilité présidentielle et concerne directement la situation de Dologuélé.
Elle a en outre été notifiée aux autorités concernées et devait être publiée au Journal officiel.
Le problème posé par la position du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana
C’est à partir de là que Crépin Mboli-Goumba oppose la décision constitutionnelle à la déclaration du porte-parole du gouvernement.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana affirme que Dologuélé a perdu sa nationalité et doit demander sa réintégration.
Il précise que cette demande doit être adressée au président de la République et qu’elle doit être suivie d’une enquête avant un éventuel décret de réintégration.
Mais pour Mboli-Goumba, le problème se situe en amont.
La procédure de réintégration suppose que la personne concernée ait perdu sa nationalité.
Or, dans sa décision du 14 novembre 2025, le Conseil constitutionnel a précisément écarté l’argument selon lequel Dologuélé devait accomplir les formalités de réintégration en l’absence d’un acte constatant sa perte de nationalité.
La question devient donc : sur quelle base juridique peut-on aujourd’hui présenter comme obligatoire une démarche que le Conseil constitutionnel avait refusé d’imposer à Dologuélé dans le contentieux de son éligibilité ?
Le Tribunal de grande instance n’est pas absent du dossier
Mboli-Goumba ne peut pas non plus être compris comme ignorant la décision rendue auparavant par le Tribunal de grande instance de Bangui.
Le 16 octobre 2025, cette juridiction avait annulé le certificat de nationalité de Dologuélé.
Elle s’était notamment appuyée sur les dispositions du Code de la nationalité relatives à l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère pour retenir la perte de la nationalité centrafricaine.
Cette décision explique pourquoi la question de la réintégration a ensuite été soulevée.
Mais le Conseil constitutionnel a été saisi quelques semaines plus tard dans le cadre du contentieux électoral.
Il a examiné cette question et rejeté le recours visant la candidature de Dologuélé.
Le débat ne peut donc pas se limiter à l’ordonnance du Tribunal de grande instance sans examiner la décision constitutionnelle qui lui est postérieure.
Le Code de la nationalité prévoit bien une réintégration
L’aide-mémoire apporte également une nuance importante.
Crépin Mboli-Goumba ne prétend pas que le Code de la nationalité ne prévoit aucune procédure de réintégration.
Le Code de la nationalité centrafricaine prévoit effectivement une réintégration par décret après enquête.
Le désaccord porte sur son application au cas Dologuélé.
Autrement dit, personne ne conteste l’existence de la procédure.
Le véritable contentieux porte sur la question de savoir si Dologuélé se trouve juridiquement dans la situation d’une personne ayant perdu sa nationalité et devant donc solliciter sa réintégration.
C’est précisément ce point que le Conseil constitutionnel a examiné en novembre 2025.
« Il n’a aucune nationalité » : une affirmation lourde de conséquences
La phrase prononcée par le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana sur l’absence de nationalité de Dologuélé constitue un autre point de friction.
Le porte-parole du gouvernement affirme que si Dologuélé ne demande pas sa réintégration, il n’a « aucune nationalité pour continuer à siéger à l’Assemblée nationale ».
Cette formulation va beaucoup plus loin qu’une simple demande de régularisation.
Elle permet de relier directement le contentieux de la nationalité au mandat parlementaire.
Si Dologuélé est présenté comme apatride, son droit à exercer son mandat de député peut ensuite être contesté.
Le raisonnement permet donc de passer d’une question administrative à une conséquence politique majeure : la remise en cause de son siège à l’Assemblée nationale.
C’est cette évolution qui donne à la déclaration du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana une portée particulière.
De la nationalité au mandat parlementaire
Dologuélé a participé à l’élection présidentielle de décembre 2025 après validation de sa candidature par le Conseil constitutionnel.
Il a ensuite été élu député.
Le débat actuel intervient donc après plusieurs étapes institutionnelles.
La question posée par Mboli-Goumba est dès lors celle de la cohérence juridique de l’ensemble de la procédure.
Si une autorité considère aujourd’hui que Dologuélé ne possède plus la nationalité requise pour exercer son mandat, elle doit pouvoir identifier la base juridique de cette nouvelle qualification et expliquer son articulation avec la décision constitutionnelle du 14 novembre 2025.
Le porte-parole du gouvernement ne peut pas, par une simple déclaration, prononcer la destitution d’un député.
Une éventuelle remise en cause du mandat doit suivre la procédure prévue par les textes.
Une bataille entre deux lectures du droit
Le dossier oppose désormais deux lectures.
La première, défendue publiquement par le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, considère que Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine et doit demander sa réintégration au président de la République. À défaut, son absence de nationalité ferait obstacle à son maintien à l’Assemblée nationale.
La seconde, défendue par Crépin Mboli-Goumba, rappelle que le Conseil constitutionnel a déjà examiné la question de la nationalité dans le contentieux de l’éligibilité de Dologuélé et a rejeté l’argument tiré de l’absence de réintégration.
L’article 147 de la Constitution vient renforcer cette seconde lecture sur le plan institutionnel : les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics et aux autorités administratives.
Une question qui dépasse le cas Dologuélé
Derrière cette controverse se trouve finalement une question plus large sur l’autorité des institutions.
Si une décision du Conseil constitutionnel peut être rendue dans le cadre de sa compétence, puis qu’une autorité administrative peut ensuite défendre publiquement une interprétation contraire sans expliquer comment elle s’articule avec cette décision, c’est l’autorité même de la justice constitutionnelle qui est interrogée.
Crépin Mboli-Goumba ne demande donc pas simplement au grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana de revoir son interprétation.
Il lui rappelle le cadre constitutionnel dans lequel cette interprétation doit s’inscrire.
Le débat sur Dologuélé ne porte ainsi plus uniquement sur une lettre adressée ou non à Touadéra. Il porte sur la portée d’une décision du Conseil constitutionnel, sur l’autorité de l’article 147 et sur la possibilité pour une administration de tirer aujourd’hui des conséquences juridiques que cette décision constitutionnelle avait précisément écartées dans le contentieux de l’éligibilité présidentielle.
Et derrière cette bataille juridique apparaît désormais un enjeu politique direct : la contestation de la nationalité de Dologuélé peut-elle servir de fondement à une procédure visant son éviction de l’Assemblée nationale ?
Par Alain Nzilo
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