MCU : le fils du député Mathurin Dimbelet , Fernand Dimbelet, communiquant du régime en prison, les tensions internes au camp de Touadéra prennent une nouvelle tournure

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MCU : le fils du député Mathurin Dimbelet , Fernand Dimbelet, communiquant du régime en prison, les tensions internes au camp de Touadéra prennent une nouvelle tournure

 

MCU : le fils du député Mathurin Dimbelet , Fernand Dimbelet, communiquant du régime en prison, les tensions internes au camp de Touadéra prennent une nouvelle tournure
Fernand DIMBELET un communiquant actif du MCU

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Fernand Dimbelet, fils du député Mathurin Dimbelet Nakoe et militant du Mouvement cœurs unis (MCU), a été placé depuis vendredi dernier sous mandat de dépôt à la prison centrale de Ngaragba à Bangui après deux semaines passées à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie à Bangui. Il est poursuivi pour diffamation à la suite d’une plainte du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Djoubaye Abazène.

 

L’affaire intervient alors que plusieurs militants, communicants ou personnalités proches du pouvoir se retrouvent, depuis plusieurs semaines, impliqués dans des procédures judiciaires. Le cas de Fernand Dimbelet ajoute ainsi un nouvel épisode aux tensions qui traversent le camp présidentiel.

 

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Une publication au cœur de la procédure

 

À l’origine de la procédure figure une publication diffusée sur les réseaux sociaux concernant des camions qui auraient été interceptés au Km5 avec des armes et des munitions.

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Des publications attribuaient ces véhicules au ministre Djoubaye Abazène. Cette affirmation a été largement relayée sur les réseaux sociaux par plusieurs personnes après l’interception des camions.

 

À ce stade, rien ne permet d’établir que Fernand Dimbelet est l’auteur initial de cette information. Plusieurs jeunes avaient repris ou commenté la même affirmation sur les réseaux sociaux. La procédure judiciaire engagée contre lui fait, elle, suite à la plainte déposée par le ministre de la Justice.

 

Fernand Dimbelet est un militant du MCU et un communicant actif sur les réseaux sociaux. Il est régulièrement apparu dans l’espace numérique pour défendre les autorités et s’en prendre aux opposants au pouvoir.

 

Son placement sous mandat de dépôt donne une dimension particulière à cette affaire : un militant du camp présidentiel se retrouve désormais détenu à la suite d’une plainte déposée par un membre du même pouvoir.

 

Une ancienne affaire qui revient au premier plan

 

L’affaire des véhicules ne date pas de quelques jours. Elle s’inscrit dans un dossier plus ancien, régulièrement évoqué dans les échanges sur les réseaux sociaux.

 

Après l’arrestation des camions, plusieurs internautes avaient affirmé qu’ils appartenaient au ministre de la Justice et qu’ils avaient été utilisés pour transporter des armes et des munitions. Ces publications avaient circulé largement avant que la procédure visant Fernand Dimbelet ne soit engagée.

 

Le fait que plusieurs personnes aient relayé cette information est un élément important pour comprendre le contexte. La procédure visant Dimbelet ne signifie donc pas que celui-ci est nécessairement l’auteur de toutes les publications à l’origine de la polémique.

 

Le dossier judiciaire devra établir précisément les faits qui lui sont reprochés et le contenu de la publication retenue contre lui.

 

Après Kossimati, Dimbelet rejoint la liste des communicants poursuivis

 

Le placement en détention de Fernand Dimbelet intervient après plusieurs affaires judiciaires impliquant des personnalités ou communicants proches du pouvoir.

 

Quelques semaines plus tôt, Blaise Didacien Kossimati, un autre griot du régime, avait comparu devant la justice avant d’être condamné. Son passage devant les tribunaux avait déjà marqué une évolution dans les rapports entre le pouvoir et certains de ses propres relais dans l’espace public.

 

Le cas de Dimbelet présente une différence importante. Alors que certains dossiers ont donné lieu à des convocations, des auditions ou des condamnations, le jeune militant du MCU est directement placé sous mandat de dépôt et transféré à Ngaragba.

 

Cette succession de procédures donne une autre lecture aux événements qui se déroulent actuellement dans le camp présidentiel. Des personnalités qui ont longtemps participé à la défense du pouvoir se retrouvent elles-mêmes devant la justice.

 

Sani Yalo et Pascal Binda-Koyagbélé également devant la justice

 

Ces événements interviennent aussi après la convocation de Sani Allo et de Pascal Binda-Koyagbélé  devant le tribunal dans une affaire liée à une accusation de tentative de coup d’État.

 

Les deux hommes avaient été entendus dans le cadre de cette procédure. Leur passage devant la justice s’est produit dans un contexte politique déjà marqué par plusieurs affaires visant des personnes considérées comme proches ou favorables au pouvoir.

 

La multiplication de ces dossiers en quelques semaines nourrit les interrogations sur les rapports de force à l’intérieur même du camp présidentiel.

 

Martial Pabandi également détenu à Ngaragba

 

Le cas de Martial Pabandi vient renforcer cette série.

 

Lui aussi est présenté comme un communicant favorable au pouvoir. Il se trouve actuellement à la prison centrale de Ngaragba.

 

Avec Fernand Dimbelet, plusieurs figures qui évoluaient dans l’espace de communication du pouvoir se retrouvent ainsi confrontées à des procédures judiciaires ou à la détention.

 

Cette situation tranche avec leur position habituelle sur les réseaux sociaux. Ces communicants étaient jusque-là principalement connus pour leur soutien aux autorités et leurs attaques contre les opposants.

 

Quand les communicants du même camp deviennent adversaires

 

Le cas Dimbelet présente une particularité supplémentaire : la plainte émane directement d’un membre du gouvernement contre un militant du même camp politique.

 

Le ministre de la Justice et le jeune militant ne se trouvent donc pas dans une confrontation classique entre pouvoir et opposition. Ils appartiennent au même environnement politique, celui du MCU et de la majorité présidentielle.

 

C’est cette dimension qui donne à l’affaire sa portée politique.

 

Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux sont devenus un espace important de confrontation politique en République centrafricaine. Les militants proches du pouvoir y occupent une place importante et participent régulièrement aux campagnes de communication en faveur des autorités.

 

Lorsque des membres de ce même environnement commencent à se retrouver devant les tribunaux, la question des rapports internes au camp présidentiel devient inévitable.

 

Le MCU face à ses propres contradictions

 

L’affaire Fernand Dimbelet intervient ainsi dans une période où plusieurs personnalités issues du même environnement politique sont impliquées dans des procédures judiciaires différentes.

 

Il ne s’agit pas de présenter ces dossiers comme une seule et même affaire. Les faits reprochés à Sani Allo et Pascal Binhakpo Agbélé ne sont pas ceux reprochés à Blaise Didacien Kossimati, Marcel Pabandi ou Fernand Dimbelet.

 

Les procédures sont distinctes. Les personnes concernées ne sont pas poursuivies pour les mêmes motifs.

 

Le point commun se trouve dans leur proximité politique ou leur activité de communication favorable au pouvoir.

 

Le placement de Fernand Dimbelet à Ngaragba intervient donc dans un contexte où le camp présidentiel voit plusieurs de ses propres relais passer du rôle de défenseurs du régime à celui de personnes poursuivies devant la justice.

 

Une bataille désormais à l’intérieur du camp

 

L’affaire des camions du Km5 constitue le point de départ immédiat de la procédure contre Fernand Dimbelet, mais son placement en détention dépasse désormais cette seule polémique.

 

Le jeune militant est poursuivi pour diffamation après une plainte du ministre de la Justice. Les publications concernant les camions avaient été largement relayées par plusieurs internautes et rien, dans les éléments évoqués ici, ne permet d’affirmer qu’il en était l’auteur initial.

 

La justice devra déterminer la responsabilité précise de Fernand Dimbelet dans les faits qui lui sont reprochés.

 

En attendant, son transfert à Ngaragba intervient après ceux ou les procédures visant d’autres personnalités du même environnement politique. Kossimati a été condamné. Marcel Pabandi se trouve également à Ngaragba. Sani Allo et Pascal Binhakpo Agbélé ont été entendus dans une affaire distincte.

 

Le pouvoir fait ainsi face à une situation inhabituelle : certains de ceux qui ont participé à sa défense politique et médiatique se retrouvent désormais poursuivis, condamnés ou détenus. Dans l’affaire Dimbelet, la confrontation oppose directement un ministre en exercice à un jeune militant du même camp, donnant à cette nouvelle procédure les allures d’un affrontement interne au MCU.

 

Par Éric Azoumi

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