Dans une prise de parole incisive, Houlaguele Anselme dresse un bilan sombre de la situation politique et institutionnelle en République centrafricaine. Au centre de ses dénonciations : la dérive autoritaire du pouvoir de Bangui et l’alliance nouée par le président Faustin-Archange Touadéra avec des forces mercenaires étrangères, au mépris des principes républicains fondamentaux.
Une alliance toxique au cœur de l’État
Pour Houlaguele Anselme, la rupture de la continuité républicaine en Centrafrique ne relève plus du simple dysfonctionnement administratif, mais d’une entreprise délibérée de démantèlement de l’État de droit. L’auteur pointe avec véhémence l’intégration de groupes paramilitaires privés au sommet de l’appareil sécuritaire et décisionnel.

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« Serait-il envisageable pour un fils du pays de s’associer à des criminels de renom pour affaiblir les institutions républicaines de son propre pays de manière extravagante et criminelle ? Aucun exemple n’existe encore dans le monde contemporain du cas centrafricain. » Houlaguele Anselme
Cette sous-traitance de la souveraineté nationale, sous couvert d’un discours populiste sur l’indépendance, constitue selon l’auteur le véritable « mal centrafricain ». En s’appuyant sur des alliés controversés pour maintenir son emprise, le régime de Bangui prive les citoyens de leurs libertés de choix tout en sapant les fondements de la République.
Une justice capturée et des institutions à genoux
L’impact de cette alliance se fait ressentir sur l’ensemble des rouages institutionnels du pays, à commencer par l’appareil judiciaire. Houlaguele Anselme dénonce l’abandon total des principes d’équité et de neutralité au profit d’intérêts particuliers.
Instrumentalisation du système judiciaire : La justice centrafricaine se retrouve désorientée et soumise aux directives du pouvoir central, servant d’outil d’intimidation plutôt que de rempart contre l’injustice.
Refus des droits civiques fondamentaux : Les figures de l’opposition font face à des dénis de droits systématiques, illustrés par le blocage et la confiscation arbitraire de documents administratifs essentiels tels que les passeports diplomatiques, en contradiction directe avec les décisions du Conseil constitutionnel.
Règne de l’impunité
Tandis que les règles constitutionnelles sont bafouées, les abus, tortures et violations perpétrés dans l’arrière-pays restent largement impunis.
Le piège d’un régime affranchi de la légalité
En faisant sauter les verrous institutionnels et en violant le cadre juridique établi, le pouvoir en place a installé le pays dans une gouvernance d’exception. Houlaguele Anselme souligne que les transgressions répétées qu’il s’agisse de la manipulation des règles électorales ou du contournement des organes de régulation traduisent les limites d’un système à bout de souffle.
Face au silence ou aux hésitations de certains partenaires internationaux, l’auteur rappelle que la véritable reconstruction de la Centrafrique ne pourra s’amorcer qu’en mettant fin à l’arbitraire et en restaurant la dignité des institutions nationales au service exclusif du peuple centrafricain.
Les alliances criminelles au sein du gouvernement de Touadéra sapent les institutions centrafricaines, menaçant l’équilibre de l’État de droit.
Par Gisèle MOLOMA
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