Elysée Nguimalé : « Les autorités issues des élections n’ont pas la capacité intellectuelle suffisante pour tenir un appareil étatique. »

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Sur Radio Ndeke Luka, Elysée Nguimalé, coordonnateur de l’OGDC, critique la classe politique. Selon lui, les autorités manquent de capacité intellectuelle pour diriger l’État et construire la paix durable.
Une charge contre Touadera
S’exprimant dans l’émission Patara sur Radio Ndeke Luka, Elysée Nguimalé vise directement la classe politique au pouvoir. Le coordonnateur de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) porte une charge d’une rare intensité. Par ailleurs, il revient longuement sur la situation à Boali, où les autorités peinent à rétablir l’ordre républicain.
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Les provinces concernées subissent depuis des mois violences répétées et enlèvements. Selon nos informations, plusieurs familles auraient fui ces zones pour échapper aux exactions. À ce stade, aucune réponse durable n’a été apportée par l’État central.
De son côté, le juriste pointe des carences stratégiques au sommet de l’État. Il estime que ces lacunes ne relèvent pas d’un manque de moyens, mais d’un déficit de vision politique. En conséquence, il juge le forum de Bangui de 2015 largement inappliqué.
Elysée Nguimalé : « Lors du forum de Bangui en mai 2015, les principales recommandations avaient tout prévu. Elles avaient tracé une ligne, une orientation politique de la nation pour pouvoir construire la paix. Mais malheureusement, monsieur Armando, les autorités issues de ces élections n’ont pas la capacité intellectuelle suffisante pour pouvoir tenir un appareil étatique pour pouvoir mettre en applicabilité ces recommandations. »
Ce forum avait pourtant réuni l’ensemble des forces vives de la nation. Toutefié, ses conclusions restent, selon lui, lettre morte neuf ans plus tard.
Le reniement de l’héritage de Boganda
Pour appuyer son diagnostic, Elysée Nguimalé convoque les écrits fondateurs de la nation centrafricaine. Le père de l’indépendance, Barthélémy Boganda, avait fixé quatre conditions à la construction d’un État moderne. Il les avait détaillées dans son ouvrage La voie du progrès, publié en 1950 :
L’élément matériel, à savoir le travailL’élément socialL’élément intellectuelL’élément moralCes quatre piliers formaient, selon Boganda, le socle indispensable de toute nation viable. En revanche, le coordonnateur de l’OGDC estime que le pouvoir actuel s’est détourné de ces principes fondateurs. Il dénonce en particulier l’absence de travail effectif au sommet de l’État.
Elysée Nguimalé : « Notre père fondateur, Barthélémy Boganda, dans sa construction, a énuméré quatre éléments nécessaires pour la construction du pays dans son opuscule “La voie du progrès” en 1950 : l’élément matériel, l’élément social, l’élément intellectuel et l’élément moral. Mais est-ce que nos autorités, le président de la République, les députés, le gouvernement, travaillent ? Le travail commence d’abord à leur niveau. Si nous voyons le chef de l’État danser avec son gouvernement, est-ce que c’est ça travailler ? »
Cette image du chef de l’État dansant revient à plusieurs reprises dans son propos. Elle symbolise, selon lui, un décalage entre les priorités affichées et la réalité du terrain.
Un problème de gouvernance, pas un complot
De son côté, Elysée Nguimalé rejette fermement les explications officielles évoquant des « mains invisibles » ou des conspirations extérieures. Il attribue plutôt l’effondrement sécuritaire à un vide de leadership assumé. Par ailleurs, il rappelle que ce discours du complot permet, selon lui, d’éviter tout examen des responsabilités internes.
En conséquence, il désigne la gouvernance elle-même comme la cause directe du drame national. Il va jusqu’à évoquer la mort de l’État centrafricain en tant que projet politique.
Elysée Nguimalé souligne le déficit de capacité intellectuelle au sein des autorités, impactant la gouvernance et la stabilité en Centrafrique.
Elysée Nguimalé : « Il faut arrêter de penser aux auteurs intellectuels invisibles. Il y a un problème de gouvernance qui est là. L’homme politique centrafricain Goubina Papalie disait que l’État mérite aussi. C’est pour dire qu’actuellement, l’État centrafricain est en train de mourir, ou bien il est déjà mort, parce que cette construction de la paix n’a jamais existé. »
Ce constat rejoint, selon nos informations, les inquiétudes exprimées par d’autres acteurs de la société civile. Toutefois, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée au moment de la diffusion de l’émission.
Par Alain Nzilo
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