Centrafrique : Jean-Pierre Mara, ancien député, ingénieur télécom, s’interroge sur le silence des spécialistes et experts nationaux face aux grands enjeux du pays

Rédigé le 20 juillet 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’ancien député Jean-Pierre Mara, ingénieur en réseau télécom et informatique, s’interroge sur l’absence de prise de parole publique des spécialistes centrafricains.
Dans une réflexion consacrée à la « question centrafricaine », il estime que de nombreux experts disposent des compétences nécessaires pour éclairer le débat national, mais choisissent de ne pas intervenir.
Pour Jean-Pierre Mara, la République centrafricaine compte pourtant, depuis les indépendances, de nombreux cadres ayant occupé des fonctions techniques, administratives ou stratégiques. Plusieurs d’entre eux ont participé à des prises de décision importantes au sein des institutions de l’État ou dans leurs domaines d’expertise.
Malgré cette expérience accumulée au fil des décennies, Jean-Pierre Mara constate que ces spécialistes restent très discrets lorsque le pays traverse des crises économiques, sécuritaires ou institutionnelles. Il pose alors une série de questions : « En Centrafrique, n’y a-t-il ni spécialiste, ni expert ? » et « Pourquoi aucun d’eux ne se prononce ? ».Selon Jean-Pierre Mara, l’explication avancée le plus souvent repose sur le devoir de réserve. L’ancien député rappelle toutefois que cette notion possède une définition juridique bien précise. Il explique que le devoir de réserve constitue une obligation imposée aux agents publics de faire preuve de retenue dans l’expression de leurs opinions personnelles, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit. À ses yeux, cette obligation porte davantage sur la manière d’exprimer une opinion que sur son contenu.
Dans son analyse, Jean-Pierre Mara rappelle également ce qu’il entend par spécialiste. Il décrit un spécialiste comme une personne possédant des connaissances approfondies dans un domaine déterminé ou dans une activité professionnelle précise. À partir de cette définition, il s’interroge sur le silence des économistes, des analystes des finances publiques ainsi que des spécialistes des questions militaires en République centrafricaine.
Pour Jean-Pierre Mara, ces compétences pourraient contribuer à enrichir le débat public, à expliquer les décisions prises par les autorités ou encore à proposer des analyses indépendantes sur les grands dossiers nationaux. Il regrette que ces voix restent rarement entendues dans l’espace public.
Afin d’appuyer son raisonnement, Jean-Pierre Mara établit une comparaison avec d’autres pays. Il observe que, lors de conflits internationaux comme ceux opposant les États-Unis à l’Iran ou la Russie à l’Ukraine, des généraux en activité ou admis à la retraite interviennent régulièrement dans les médias pour apporter leur expertise et analyser les opérations militaires.
À partir de cet exemple, Jean-Pierre Mara s’interroge sur l’interprétation du devoir de réserve en République centrafricaine. « Donc eux-là n’ont aucun devoir de réserve ? », demande-t-il, estimant que cette notion ne devrait pas empêcher les spécialistes d’apporter un éclairage technique sur les sujets d’intérêt national lorsqu’ils s’expriment dans le respect de leurs obligations professionnelles.
Contactée par la rédaction de CNC, Jean-Pierre Mara confirme que son interrogation porte sur la faible participation des spécialistes centrafricains au débat public et réaffirme que le pays dispose de compétences capables d’apporter des analyses utiles sur les principales questions nationales.
Par Alain Nzilo
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