Partenariat RCA-Chine : Le mirage des « 38 % de hausse » ou la farce d’une propagande douanière hors-solLe Président centrafricain Touadera et son homologue chinois à PékinRédigé le [date_cnc] .Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNCQuand la diplomatie de salon vire à la mise en scène grossière, les chiffres deviennent les meilleurs complices de la manipulation. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, madame Maxime Balalou, a pompeusement reçu une délégation de l’ambassade de Chine menée par le diplomate Lin Ki-Fing. L’objectif officiel ? Célébrer une prétendue explosion des échanges bilatéraux. En réalité, cette rencontre théâtrale n’est qu’une énième opération de propagande visant à faire gober aux Centrafricains des avancées économiques virtuelles qui ne profitent qu’à une oligarchie déconnectée et aux puissances étrangères.
L’illusion statistique des 38 % : une acrobatie politique ridicule
Lors de ce tête-à-tête, les deux parties ont applaudi une hausse spectaculaire de 38 % des échanges commerciaux, présentée comme le fruit direct de la suppression par Pékin des taxes douanières sur les produits importés de la RCA.
Le mensonge de l’instantanéité et l’arnaque des chiffres
L’escroquerie intellectuelle de cette annonce saute aux yeux de quiconque suit l’actualité macroéconomique. Cette mesure d’exonération douanière n’a rien d’un traitement de faveur négocié en secret par Bangui : elle découle d’une décision globale de la Chine applicable depuis le 1er mai 2026 à l’ensemble des 53 pays africains à l’exception notable de l’Eswatini, puni pour ses liens avec Taïwan. Prétendre qu’en l’espace de seulement deux mois, les structures économiques moribondes de la RCA ont réagi au point de faire bondir les exportations réelles de 38 % est une insulte à l’intelligence des Centrafricains. C’est le retour de la politique de la poudre aux yeux pour amuser la galerie.Mais au fait, qu’exporte réellement la République centrafricaine ? Le discours ministériel vante l’attractivité nouvelle des produits centrafricains sur le marché asiatique grâce à cette fameuse « fiscalité zéro ».
Le pillage sous étiquette officielle
La question que le gouvernement refuse d’aborder est pourtant simple : qu’exporte la RCA? Rien. Le pays ne produit rien qui puisse concurrencer ou simplement alimenter le marché chinois de manière indépendante. Le diamant et l’or, richesses nationales par excellence, sont intégralement captés à la source par les mercenaires russes de Wagner et leurs réseaux de contrebande. Quant au bois de valeur, il est exploité sous la coupe réglée de ces mêmes forces d’occupation et de leurs intermédiaires. Si hausse des flux il y a, elle ne représente que le blanchiment légal du pillage des ressources centrafricaines par Wagner à destination des ports chinois, sans qu’un seul centime ne retombe dans les caisses de l’État ou dans la poche du citoyen lambda.Des « formations à Pékin » pour endormir l’administration Pour clore cette journée de propagande, la délégation chinoise a agité la promesse habituelle de sessions de formation en Chine destinées aux cadres du ministère centrafricain du Commerce.
La diversion par les perdiems
Cette promesse de voyages et de séminaires à Pékin est le vieux canevas utilisé par les puissances extérieures pour acheter le silence et la complaisance des hauts fonctionnaires. Pendant que le pays est mis en coupe réglée, on offre aux cadres administratifs des voyages d’études et des indemnités de déplacement. Une diversion parfaite qui permet au régime de Bangui de masquer son incapacité chronique à bâtir une économie nationale souveraine. Heureusement, le peuple centrafricain n’est plus dupe de ce jeu de dupes où l’or et le bois s’envolent, tandis que les officiels se contentent de taper des mains devant des graphiques inventés de toutes pièces. Par Sylvie Vickos