PROPAGANDE ET COUPS DE BALAI de Kwa ti Kodro : LE MCU FAIT SA FANFARE PENDANT QUE LE GRAND-BANGUI CROULE SOUS L’INSALUBRITÉ

0
16

Le spectacle de l’opération kwa ti kodro est désormais rituel chaque samedi matin dans les rues de la capitale. Au milieu des immondices accumulées et des caniveaux bouchés, une agitation chorégraphiée s’empare d’un quartier choisi pour servir de décor. Les objectifs des caméras officielles s’allument, la fanfare du Mouvement Cœurs Unis (MCU) entonne ses marches triomphantes, et les courtisans du régime s’activent, balai en main, pour simuler un élan citoyen qui n’existe que sur les écrans. Cette opération baptisée « Kwati Kodro », présentée à grand renfort de communiqués comme une révolution écologique, s’avère être une grossière mise en scène politique. Pendant que les dignitaires du pouvoir s’offrent une séance de communication à bon compte, les habitants du Grand-Bangui continuent de subir au quotidien la faillite totale des services publics de salubrité.

 

Le choix du marché et des abords du lycée de Miskine comme centre de gravité de cette parade publicitaire ne doit rien au hasard. Il s’agissait d’occuper l’espace visuel et de saturer l’attention pour masquer l’abandon chronique des autres arrondissements de la ville. Le cœur de cette supercherie repose sur la figure centrale du mytho dictateur, qui troque régulièrement ses habits d’apparat pour la panoplie de l’éboueur en chef. Accompagné de son Premier ministre et d’une cohorte de ministres feignant l’effort, le chef du régime utilise la misère urbaine comme un tremplin pour son propre culte de la personnalité. La présence obligatoire des associations affiliées et des cadres du parti transforme une simple tâche d’assainissement municipal en une cérémonie d’allégeance politique grotesque, où l’on compte les coups de balai comme on compterait des votes.

 

PROPAGANDE ET COUPS DE BALAI  de Kwa ti Kodro : LE MCU FAIT SA FANFARE PENDANT QUE LE GRAND-BANGUI CROULE SOUS L'INSALUBRITÉ
le-president-baba-kongoboro-lors-de-l-operation-kwa-ti-kodro-au-lycee-d-etat-des-rapides-au-quartier

Cette mise en scène permanente devient révoltante lorsqu’on la confronte à la réalité foncière et environnementale du pays. Lors des séances d’autosatisfaction en Conseil des ministres, le mytho dictateur se plaît à jouer les gardiens de la nature, exigeant avec fermeté la préservation des espaces verts et menaçant les auteurs d’occupations illégales à des fins lucratives. Cette posture moralisatrice relève d’une ironie féroce, quand on sait que le pillage du domaine public et la spéculation immobilière sont précisément le fait des caciques du régime et de ses proches. Interdire aux petits vendeurs de survivre au nom de la propreté tout en fermant les yeux sur l’anarchie foncière orchestrée au sommet de l’État illustre parfaitement la duplicité de cette gouvernance.

 

L’illusion ne dure que le temps du tournage. Une fois la fanfare du MCU essoufflée, les officiels évacués dans leurs véhicules climatisés et les balais rangés, la poussière retombe sur une capitale exsangue. Le Grand-Bangui reste confronté à ses maux structurels : absence de système de collecte des déchets, manque criant d’infrastructures de traitement et canalisations à l’abandon. L’annonce d’un prochain déploiement théâtral dans la commune de Bimbo confirme que le régime n’a aucun plan sérieux pour la ville, si ce n’est la poursuite de sa tournée médiatique. Le nettoyage de façade ne remplacera jamais une politique urbaine, et les Centrafricains, fatigués de cette comédie hebdomadaire, attendent toujours des solutions concrètes pour sortir de la boue et de l’insalubrité.

 

Par Éric Azoumi

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube :

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email :

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org