
Ce bilan annuel 2025 du PNUD valide une économie imaginaire tout en passant sous silence le détournement de ses propres équipements par les mercenaires russes pour terroriser les civils (PNUD finance).
Le constat s’impose dès l’ouverture des documents officiels de l’organisation internationale, la bureaucratie onusienne excelle dans l’art de grimer un désastre national en une suite de rapports lénifiants. Les rédacteurs de cette synthèse de l’année 2025 ont manifestement choisi d’ignorer la détresse de la population centrafricaine pour ne pas froisser la présidence à Bangui. En transformant les dérives autoritaires et les faillites sécuritaires en de simples données statistiques positives, l’agence s’assure de maintenir son train de vie institutionnel tout en offrant une légitimité internationale inespérée au pouvoir en place.

Cette volonté d’habiller la réalité prend une tournure alarmante dans les sections dédiées aux finances et à la sécurité publique. Sur le plan purement économique, les experts onusiens rivalisent d’ingéniosité pour décrire un environnement des affaires en pleine expansion, mettant en avant l’accompagnement technique de 87 nouvelles petites structures privées. Ce rideau de fumée comptable tente de dissimuler l’effondrement des exportations officielles de matières premières, en particulier le secteur de l’or. Privé des appuis budgétaires des partenaires internationaux traditionnels, l’exécutif applique une politique de taxation agressive sur les rares opérateurs de la capitale et des préfectures sous contrôle, une oppression fiscale étouffante que le texte de l’ONU qualifie élégamment de dynamique positive de mobilisation des ressources intérieures.
Cette complicité par omission prend une dimension dramatique lorsqu’on examine l’appui logistique fourni aux forces de l’ordre. Le PNUD se targue d’avoir acheté et distribué des motos ainsi que des véhicules légers pour améliorer la mobilité des unités de sécurité intérieure et des soldats des Faca. Sur le terrain des provinces, ces dotations roulantes tombent directement entre les mains des mercenaires russes de la formation Wagner. Ces troupes bilatérales confisquent et utilisent ces moyens de transport offerts par l’aide internationale pour mener des expéditions punitives dévastatrices contre les villages et massacrer les populations civiles. Pendant que les fonctionnaires onusiens comptabilisent ces livraisons comme des réussites administratives, ces véhicules facilitent le déploiement de la terreur dans l’arrière-pays.
Le silence est tout aussi absolu concernant la dégradation des conditions de vie dans la Vakaga ou l’Ouham-Fafa, deux régions oubliées des projections de l’agence. Le texte élimine scrupuleusement toute mention des assauts armés, de la manipulation ouverte de l’institution judiciaire par l’exécutif pour neutraliser les voix critiques, et des rapports accablants d’autres départements de l’ONU qui recensent les violations des droits de l’homme. Les barrières physiques et les rançonnements imposés par les miliciens russes de Wagner aux convois humanitaires de secours sont passés sous silence afin de ne pas perturber les relations de salon avec les ministères de Bangui.
Pour parfaire cette fiction de développement, la gestion des services de base est présentée sous un jour disproportionné. L’organisation vante l’accès à l’eau potable pour 133 808 habitants, l’implantation de deux écoles et le recrutement de 36 enseignants. Ces accomplissements, insignifiants à l’échelle d’une tragédie nationale où plus de 50 % des foyers dépendent uniquement de l’assistance humanitaire pour ne pas sombrer, servent d’outils de propagande pour le pouvoir central. L’école publique n’existe plus dans la majeure partie des provinces, mais l’affichage de ces micro-projets permet de simuler une normalisation de la vie nationale.
L’analyse financière globale achève de démontrer la faillite du système. Le plan de réponse humanitaire national n’est doté qu’à hauteur de 41 % des besoins réels, condamnant à l’abandon des millions de citoyens centrafricains. Les équipes des Nations Unies préfèrent néanmoins concevoir des bilans flatteurs depuis leurs bureaux protégés de la capitale, entérinant des programmes de développement déconnectés de la misère courante et du naufrage des institutions locales. Ce partenariat technique sécurise les dotations financières des agences internationales tout en fournissant un sauf-conduit diplomatique indispensable à la pérennisation du régime.
Par Sylvie Vickos
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