Terrifié par la rapidité de la contestation sur les réseaux sociaux , Faustin Touadéra a profité de la rentrée ministérielle pour confisquer les téléphones et interdire toute initiative numérique au sein de son équipe.
Le basculement vers une censure numérique absolue s’est opéré au cœur même du premier conseil des ministres, révélant la fragilité psychologique d’un pouvoir aux abois. L’empereur dictateur a sonné la fin de la récréation virtuelle pour ses collaborateurs, leur interdisant d’utiliser leurs tribunes personnelles pour diffuser la moindre information institutionnelle ou politique. Cette décision radicale place l’ensemble de l’appareil gouvernemental sous un éteignoir informationnel, transformant les ministres en spectateurs muets d’une présidence centralisatrice. La panique qui s’est emparée du sommet de l’État face à la viralité des réseaux sociaux explique cette mise au pas brutale d’une équipe désormais privée de son droit d’expression élémentaire.

La panoplie de restrictions imposée par le chef du régime de Bangui traduit une volonté d’étouffer la moindre étincelle de communication spontanée qui échapperait au filtre de la propagande officielle. Le ministère de la communication hérite du rôle de censeur unique, verrouillant les annonces économiques, les réformes et les bilans sectoriels sous une chape de plomb bureaucratique. Cette reprise en main outrancière vise à masquer les profondes fractures internes d’une coalition hétérogène, tout en empêchant la fuite de documents compromettants sur la gestion financière des ministères vers les plateformes indépendantes.
En criminalisant presque l’usage des outils numériques par ses propres ministres, Faustin Touadéra tente de figer le récit national autour de sa prétendue septième république. L’argument de la solennité des fonctions et de la dignité de la parole publique sert de couverture à une paranoïa systémique face aux critiques citoyennes qui inondent la toile. Le Premier ministre a reçu l’ordre de surveiller la moindre publication des membres de son cabinet, agitant le spectre de sanctions immédiates pour quiconque oserait enfreindre cette consigne de mutisme numérique.
Ce flicage permanent de la communication gouvernementale isole un peu plus le pouvoir d’une population connectée, qui utilise les réseaux pour dénoncer l’absence d’eau et d’électricité. Pendant que le régime déploie son arsenal de censure pour protéger l’image de son oligarchie, les réalités du terrain continuent de contredire la parole officielle distillée par l’unique canal autorisé. Les lettres de mission distribuées aux exécutants s’apparentent désormais à des manuels de silence obligatoire, confirmant que la survie du système Touadéra dépend du contrôle absolu de l’opinion.
Par Alain Nzilo
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