Pour le politologue Fari Tahéruka Shabazz, le régime autoritaire de Touadéra s’enfonce de plus en plus dans le mensonge d’État

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Pour le politologue Fari Tahéruka Shabazz, le régime autoritaire de Touadéra s’enfonce de plus en plus dans le mensonge d’État

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Fari Tahéruka Shabazz met en garde contre les illusions de la nouvelle République de Touadéra, un pouvoir qui impose désormais le silence à ses propres ministres pour dissimuler l’absence totale de ressources financières.

 

L’évolution de la situation politique en République centrafricaine entre dans une phase cruciale avec la mise en place des nouvelles institutions. Pour observer cette trajectoire, il convient de regarder au-delà des apparences officielles et des cérémonies protocolaires. C’est précisément cette démarche de décryptage que propose le politologue Fari Tahéruka Shabazz en analysant les premiers pas de l’exécutif. La rentrée politique, loin de marquer un renouveau réel, sert de point de départ à une réflexion profonde sur la gestion de l’État. En se penchant sur le premier Conseil des ministres du gouvernement Moloua III réuni ce jeudi 4 juin, Fari Tahéruka Shabazz invite à scruter la distance grandissante entre les discours d’apparat et la réalité des comptes publics.

 

Au cours de cette première réunion gouvernementale, Faustin Archange Touadéra a développé un programme particulièrement ambitieux pour ce qu’il qualifie de nouvelle République. Le chef de l’État a ainsi énuméré une série d’objectifs prioritaires, allant de la fourniture d’électricité et d’eau potable à la construction de routes, en passant par la modernisation agricole et la transition numérique. Cependant, Fari Tahéruka Shabazz démontre que cette liste d’intentions ressemble à un inventaire idéaliste déconnecté des réalités économiques. Selon le politologue, cette profusion de promesses constitue un écran de fumée destiné à masquer les données réelles issues de la Direction Générale du Budget. Fari Tahéruka Shabazz insiste sur la nécessité de confronter ces déclarations aux chiffres officiels de la Loi de Finances 2026.

 

L’examen des documents budgétaires et des Rapports d’Exécution Budgétaire vient confirmer les craintes exprimées par le chercheur. Les finances publiques se trouvent dans une situation critique, caractérisée par un trou béant de 28 milliards de F CFA. Fari Tahéruka Shabazz souligne que les recettes totales prévues plafonnent de manière théorique à 368 milliards de F CFA. Pour le politologue, il est illusoire de prétendre piloter une refondation structurelle lorsque les ressources disponibles ne permettent même pas de couvrir les dépenses de fonctionnement de l’administration. Fari Tahéruka Shabazz qualifie cette situation de rupture financière majeure, invalidant d’office les annonces d’investissements massifs.

 

Le volet social et agricole du programme présidentiel subit la même analyse critique de la part de l’expert. Le pouvoir central semble parier sur la crédulité d’une nouvelle génération de politiciens en se contentant de déclarations bienveillantes. Fari Tahéruka Shabazz rappelle pourtant que les rapports d’exécution budgétaire sont clairs : l’enveloppe dédiée aux investissements publics est en net recul. Le politologue explique ce phénomène par le tarissement des aides extérieures, les partenaires internationaux ayant rompu leur confiance envers la gouvernance de Faustin Archange Touadéra. Fari Tahéruka Shabazz constate ainsi que les projets de développement restent virtuels, tandis que les dépenses liées au train de vie des dirigeants atteignent des niveaux record.

 

Un autre point central de l’analyse de Fari Tahéruka Shabazz repose sur les aveux implicites du chef de l’État. En déclarant publiquement que l’époque du favoritisme, du népotisme et de l’inertie est désormais révolue, Faustin Archange Touadéra valide les critiques portées par les forces d’opposition depuis une décennie. Le politologue pose alors une question fondamentale : qui a dirigé les affaires du pays et contrôlé l’appareil d’État pendant ces dix dernières années de corruption administrative et de passe-droits, si ce n’est le président lui-même. Pour Fari Tahéruka Shabazz, cette tentative de rupture discursive met en évidence la responsabilité directe du sommet de l’État dans le bilan actuel.

 

Enfin, la stratégie de communication adoptée par la présidence confirme la volonté d’étouffer le débat public. Le pouvoir vient d’interdire formellement aux ministres de s’exprimer dans les médias, centralisant la parole officielle autour du seul porte-parole, Evariste Ngamana. Fari Tahéruka Shabazz dénonce vigoureusement ce verrouillage, qu’il interprète comme la peur de voir un membre du gouvernement avouer la vacuité des caisses de son ministère. Le politologue conclut qu’une orientation politique privée de budgets réels constitue une tromperie envers le peuple centrafricain, alors que le temps tourne désormais en défaveur des dirigeants.

 

Par Alain Nzilo

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