Centrafrique : Les otages de Bambouti recouvrent la santé physique, mais leur moral s’effondre face à l’abandon de Bangui

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Les otages de Bambouti recouvrent la santé physique, mais leur moral s’effondre face à l’abandon de Bangui

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Malgré une relative amélioration de leur état de santé après les traumatismes des bombardements russes, la sous-préfète Koumba Ndiaye et ses trois compagnons de captivité sombrent dans le désespoir face au refus obstiné du gouvernement d’ouvrir un dialogue direct avec les miliciens Azandé.

 

Après les terribles épreuves physiques endurées ces dernières semaines, une lueur d’espoir apparaît dans la brousse du Haut-Mbomou. Adriana Nahomie Topien, la sous-préfète Koumba Ndiaye et les deux autres captifs ont globalement retrouvé une meilleure santé physique. La panique générale et les malaises graves provoqués par la fuite éperdue sur des kilomètres, sous les bombes de l’aviation et des hélicoptères des mercenaires russes de la milice Wagner, s’estompent peu à peu. Les corps se remettent doucement de ce calvaire, mais la souffrance a simplement changé de visage : elle est désormais profondément psychologique et morale.

 

Le groupe de captifs subit un supplice mental permanent. La sous-préfète, une dame d’un âge mûr, éprouve une immense détresse psychologique. En tant que haute responsable de l’État envoyée en mission officielle, elle ne s’explique pas le désintérêt total de sa propre hiérarchie. À ses côtés, le commandant de brigade de la gendarmerie ainsi que les deux agents électoraux,  Adriana Nahomie Topien et son jeune collègue venus superviser le scrutin de Bambouti,  partagent cette même amertume. Leurs proches et l’opinion publique assistent, médusés, au mutisme complet des institutions de Bangui.

 

Le cœur du problème réside dans le refus incompréhensible du pouvoir de Bangui d’engager des négociations concrètes. Les miliciens d’auto-défense Azandé ont pourtant émis des recommandations claires et des conditions en vue d’une libération. Pourtant, le gouvernement refuse de réagir ou d’initier la moindre démarche officielle. L’incompréhension est totale au sein de la population : ces quatre Centrafricains ont été enlevés par une milice d’autodéfense spécifique, et c’est avec ce groupe armé précis qu’il faut négocier, sans chercher des intermédiaires inutiles parmi les chefs de quartier ou les populations locales.

 

Cette inertie politique est d’autant plus révoltante que les liens entre le pouvoir et ces miliciens Azandé ne sont un secret pour personne. Le gouvernement a lui-même formé, équipé et collaboré sur le terrain avec ces miliciens Azandé. Dès lors, le refus d’utiliser ces canaux directs pour obtenir la libération d’un haut fonctionnaire et d’agents de l’État s’apparente à une trahison pure et simple. Tandis que les canaux officiels restent désespérément muets, les quatre otages de Bambouti continuent de dépérir psychologiquement à des milliers de kilomètres de la capitale, abandonnés par le régime qu’ils servaient.

 

Par Éric Nzapa

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