La marche de la honte : Quand le dictateur Faustin-Archange Touadéra tente de sauver son nouveau gouvernement impopulaire par une marche des moutons à Bangui

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La marche de la honte : Quand le dictateur Faustin-Archange Touadéra tente de sauver son nouveau gouvernement impopulaire par une marche des moutons à Bangui

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Pour sauver à Bangui son nouveau gouvernement dirigé par monsieur Félix Moloua et maintenu sous les ordres de la Russie de Poutine, le régime a financé ce mardi 26 mai 2026 une marche de soutien de moutons, achetant la misère des jeunes afin de simuler une adhésion populaire à ce pouvoir.

 

La capitale centrafricaine a vécu un spectacle affligeant ce mardi. Des dizaines de jeunes désœuvrés et de citoyens en quête de survie ont été transportés dans les rues de Bangui pour crier des slogans à la gloire d’un nouveau gouvernement massivement rejeté. Cette mobilisation n’a rien de spontané. Pour obtenir cette démonstration de force factice, les agents du pouvoir ont distribué des billets de 500 et 1000 francs CFA à une population asphyxiée par la crise économique. Ces manifestants d’un jour, que les habitants de la capitale appellent ironiquement les chercheurs à manger, ont accepté de prêter leur voix pour le prix d’un repas ou d’un flacon d’alcool, offrant au régime l’illusion d’un soutien de la rue.

Marche de soutien des partisans du pouvoir à Félix Moloua renommé Premier ministre
Marche de soutien des partisans du pouvoir à Félix Moloua renommé Premier ministre

 

Cette mise en scène grossière vise avant tout à cacher la profonde colère qui s’est emparée de la population et d’une partie de l’armée. Le mécontentement est général et s’exprime ouvertement. Il y a quelques jours à peine, des tirs de militaires mécontents ont retenti dans le quartier Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement de Bangui, traduisant la grande nervosité des troupes face à la dégradation des conditions de vie. Sur les réseaux sociaux et dans les discussions de quartier, l’exaspération est totale envers un pouvoir qui consacre ses ressources à sa propre survie plutôt qu’aux écoles en ruine et aux infrastructures totalement inexistantes.

 

Pour comprendre cette colère, il faut remonter aux récents développements politiques qui ont transformé la gouvernance du pays. Faustin-Archange Touadéra a imposé une révision de la constitution pour s’octroyer un troisième mandat, un projet validé et fait grâce à l’appui militaire et logistique des mercenaires russes du groupe Wagner ainsi que de partenaires régionaux comme le président rwandais Paul Kagame. Ce processus a débouché le 30 mars dernier sur un rassemblement dans un stade de 20 000 places, s’apparentant à un véritable couronnement. Depuis cet événement, de nombreux Centrafricains désignent le chef de l’État sous le nom d’empereur, un dirigeant se comportant comme un monarque sans empire au milieu d’un désordre institutionnel complet.

 

La reconduction de l’équipe gouvernementale de monsieur Félix Moloua démontre que les décisions cruciales de l’État ne se prennent plus à Bangui, mais sont dictées par la diplomatie parallèle de Moscou. Lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision russe RT, le conseiller de la présidence et mercenaire russe Dmitri Podolski a ouvertement déclaré qu’il n’y aurait aucun changement majeur au sein des institutions et qu’il n’était pas nécessaire de remplacer l’équipe en place. Le dictateur a suivi cette feuille de route à la lettre. Le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre Félix Moloua ainsi que la quasi-totalité des membres du gouvernement ont été maintenus à leurs postes respectifs. En dehors de quatre ou cinq permutations mineures sans importance réelle, l’ossature oligarchique reste inchangée, confirmant la mainmise totale des réseaux russes sur l’appareil d’État centrafricain.

 

Le fossé est total entre la propagande officielle diffusée par la Russie et la réalité quotidienne de la population. Face au rejet massif de cette stabilité imposée de l’extérieur, la présidence n’a trouvé d’autre réponse que la manipulation de la détresse sociale pour fabriquer de toutes pièces cette marche de soutien. En distribuant de menues monnaies à des jeunes privés d’avenir, l’empereur de Bangui tente de faire valider par la force et par la ruse un nouveau gouvernement illégitime, transformant la détresse de ses concitoyens en un instrument de communication politique pour plaire à ses tuteurs de Moscou.

 

Par Alain Nzilo

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