Centrafrique : Duel à mort au perchoir, Sarandji accuse, Ngamana enrage, Touadera arbitre les éternels chaos

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Duel à mort au perchoir, Sarandji accuse, Ngamana enrage, Touadera arbitre les éternels chaos

 

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

L’ambiance était électrique au Palais du Peuple, sur l’avenue de l’Indépendance. Pour son premier discours en tant que Président de l’Assemblée nationale de la huitième législature de la septième République, l’historien Simplice Mathieu Sarandji a ouvert une véritable boîte de Pandore. Entre deux caprices de toux, le « vieux » de PK 11 a jeté un pavé dans la mare : des élus auraient tenté d’attenter à sa vie via les services d’un marabout basé à Carnot.

Si dans son discours Simplice Mathieu Sarandji n’a cité aucun nom, l’accusation est désormais claire. Dans les couloirs de l’hémicycle, tous les regards se sont tournés vers un homme présent dans les tribunes le jour de l’installation des députés : le propre frère aîné d’Évariste Ngamana.

​Le frère de Ngamana au cœur du scandale

​Selon des informations exclusives confirmées à la rédaction de CNC, le marabout indexé par Simplice Mathieu Sarandji n’est autre que le grand frère biologique de Ngamana. Ce dernier, grand maître sorcier et marabout de maître à Carnot et au service exclusif de son frère cadet depuis des années, avait fait le déplacement à Bangui spécialement pour assister à la prise de fonction de Ngamana. En dénonçant ce “marabout de Carnot” qui se trouvait physiquement dans l’hémicycle lors de l’installation des députés, Sarandji a visé le cœur même du clan Ngamana.

 

​Entre Bible et fétiches : La guerre des ondes mystiques

​Fidèle reconverti au christianisme, après un parcours qui l’a mené de l’animisme à l’orthodoxie au sein de l’Église Christ-Roi, Simplice Mathieu Sarandji invoque désormais son Dieu pour le « venger ». Mais derrière les prières se cacherait une contre-offensive mystique. Ce ne serait pas par l’Esprit Saint que le président de l’Assemblée aurait été alerté, mais par son propre voyant, un féticheur réputé sur l’axe Baoro-Carnot. C’est ce dernier qui aurait révélé à son épouse que le frère de Ngamana était à Bangui pour « travailler » contre lui.

 

​La trahison de l’Empereur-président

​Face à ces accusations publiques, Évariste Ngamana est aujourd’hui dans une colère noire, tant contre Sarandji que contre son beau-père, Faustin-Archange Touadera. L’ambitieux dauphin se sent trahi. Il rappelle en privé l’accord secret signé avant le référendum constitutionnel : le perchoir devait lui revenir. Obligé de rester 1er vice-président sous les ordres d’un homme qui accuse son propre frère de sorcellerie, Ngamana ne décolère pas. « Touadera n’est pas sérieux », fulmine-t-il, constatant que le Président laisse Sarandji l’humilier publiquement.

Cette guerre spirituelle, loin de rester confinée aux discours, se traduit désormais par une reprise en main sans précédent de l’appareil législatif, transformant le perchoir en une forteresse imprenable.

Mais le psychodrame a franchi un nouveau palier. Après son discours offensif, Simplice Mathieu Sarandji a pris la décision radicale de reporter à ce lundi l’élection des membres du bureau de l’Assemblée nationale. Mais au-delà du calendrier, c’est surtout la méthode qui change : les processus électifs habituels sont balayés, verrouillant ainsi le sort de Ngamana et de son clan.

Vers une présidence absolue : Sarandji verrouille le Bureau

Le patriarche Simplice Mathieu Sarandji, tout-puissant président de la 8e législature, a clairement fait savoir que c’est désormais lui-même qui composera son équipe, choisissant seul ceux qu’il souhaite voir à ses côtés, avant de les faire valider par l’Assemblée sans recours au vote secret.

Cette reprise en main brutale est motivée par une volonté affichée d’épurer l’institution de toute influence mystique. Dans une charge virulente, le « patriarche » a déclaré ne plus vouloir tolérer au sein du bureau la présence de « sorciers », de « marabouts » ou de leurs frères.

Visant sans détour les pratiques qu’il attribue au clan adverse, il a fustigé ceux qui feraient venir des praticiens de la Lobaye jusqu’à Bangui, décrivant avec mépris des scènes où certains élus dormiraient dehors, sur des feuilles de bananier, dans leurs propres cours, pour des rites de pouvoir.

En imposant ses choix à travers une liste soumise à un vote par acclamation, Sarandji s’octroie un contrôle total sur l’identité de ceux qui dirigeront l’institution à ses côtés, verrouillant ainsi toute velléité de contestation interne.

​Un testament politique sous haute tension

​Conscient que son âme se prépare pour « le grand et long voyage », Sarandji verrouille sa sortie. En liant sa survie physique aux activités du clan Ngamana, il place son ancien vice-président dans une impasse totale : si le patriarche s’éteint durant ce mandat de 7 ans, le pays entier pointera du doigt Ngamana et son frère marabout comme les responsables.

​Le régime de Bangui offre aujourd’hui le spectacle d’une fin de règne où les incantations remplacent les débats législatifs. Entre un patriarche qui refuse de céder la place et un héritier qui voit son propre frère traité d’assassin mystique, le perchoir ressemble plus que jamais à un trône piégé.

​Du moment où personne n’est dans le secret de Dieu pour connaître l’avenir, une question reste entière : qui du marabout de Carnot ou de la constitution aura le dernier mot sur l’avenir de Sarandji à la tête de cette 8e législature ?

 

​Affaire à suivre sur CNC.

 

Par Gisèle MOLOMA

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