Centrafrique : Quand la nouvelle constitution du 30 mars 2023 devient le tapis rouge d’un pouvoir à vie

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L’investiture du dictateur de Bangui le 30 mars 2026 fixe une étape définitive dans la gestion de l’État centrafricain. En s’appuyant sur ce que les Centrafricains surnomment désormais le statut du MCU (le parti au pouvoir), le chef de l’exécutif s’installe dans une durée qui dépasse les normes. Cette manœuvre, présentée comme une nécessité pour la stabilité, ressemble surtout à une méthode pour écarter toute alternance politique.

Centrafrique : Quand la nouvelle constitution du 30 mars 2023 devient le tapis rouge d’un pouvoir à vie
Le Président Touadéra lors de sa prestation de serment à Bangui 1 1

 

Un texte partisan sur mesure

L’usage de ce document, communément appelé dans la capitale le statut du MCU, permet de remettre les compteurs à zéro. En se désignant comme le premier dirigeant de cette phase, le dictateur de Bangui s’offre une autorisation technique pour effacer ses mandats précédents. Cette manipulation transforme la règle de la nation en un simple outil de maintien pour son clan. L’idée d’un horizon commun se limite ici à la survie d’un seul homme et de son organisation politique.

 

La sécurité comme argument de maintien

Le discours insiste lourdement sur la lutte contre les troubles. Cette rhétorique sert de justification à l’absence de limites temporelles. En plaçant la nation sous une contrainte permanente, le régime s’autorise une autorité de fer. Les ordres donnés aux services de sécurité indiquent une volonté de verrouiller l’espace public. La protection des citoyens devient l’explication officielle pour imposer une présence durable au sommet de l’administration, loin des principes de la volonté populaire.

 

Une économie de promesses éternelles

L’annonce de grands travaux et de la transformation du pays s’inscrit dans une liste de projets qui n’ont jamais quitté le papier depuis dix ans. Promettre des infrastructures au début d’un mandat supplémentaire est un moyen de demander du temps, encore et toujours. Pourtant, l’argent public et les ressources du sous-sol servent en priorité à financer l’appareil de sécurité qui soutient le fauteuil du dictateur de Bangui.

 

Le peuple, grand absent de l’avenir

Malgré les remerciements d’usage, le lien entre la population et le sommet est rompu. Le dirigeant parle de résultats visibles, mais les familles ne voient que l’augmentation de la précarité. Cette période commence sous le signe de l’isolement du pouvoir. Ce tapis rouge ne mène pas vers le progrès social, mais vers une gestion privée de l’État, où la voix des urnes disparaît derrière un texte écrit pour un seul parti.

 

Par Éric Azoumi

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