Madame Ousna Sabé apporte son soutien total à la jeune dame Samantha Olivia Imanga , licenciée abusivement par Mercure Logistique
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Suite à la vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux dans laquelle Samantha Olivia Imanga, ancienne employée de la société Mercure Logistique, dénonce son licenciement abusif après avoir refusé les avances du directeur technique, madame Ousna a réagi avec force et solidarité.
Dans sa déclaration diffusée sur son profil Facebook, madame Ousna Sabé exprime un soutien sans faille à la jeune dame et appelle tous les Centrafricains à briser le silence face aux injustices répétées sur les lieux de travail, particulièrement celles infligées par certains employeurs libanais.
« Bonjour la population, j’espère que vous allez bien. Garder le silence face à l’injustice n’est pas une solution. Ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais. Au contraire, en vous taisant, vous devenez complices de votre propre maltraitance », a-t-elle déclaré.
Madame Ousna insiste sur le fait que la peur ne protège personne : « Si vous pensez qu’en vous taisant vous serez épargnés, c’est faux. Quand vous subissez de l’injustice dans votre lieu de travail, dans votre famille, dans vos lieux de prière ou dans les associations, apprenez à libérer la parole et à dénoncer. La peur ne va pas changer votre situation. Ce qui peut la changer, c’est quand vous ouvrez la bouche. »
Elle dénonce également l’habitude de taxer immédiatement les dénonciateurs d’opposants politiques ou d’ennemis de la paix : « Il n’y a aucune loi qui interdit d’être opposant politique. Il n’y a aucune loi qui oblige à aimer le régime ou le Président de la République. On lui doit respect en tant que Président de tous les Centrafricains, même ceux de l’opposition, mais l’aimer, rien ne nous y oblige. Arrêtez avec cette peur. »
Revenant directement sur le cas de Samantha Olivia Imanga, madame Ousna invite la population à visionner la vidéo de la jeune dame sur la page Tube Centre : « Ce qu’elle dénonce est grave, extrêmement grave. Mais je peux vous assurer qu’il y a encore des cas beaucoup plus graves que le sien. Les gens qui travaillent chez les Libanais sont maltraités tout le temps. »
Forte de son expérience personnelle, elle témoigne : « Pendant presque 15 ans, dans la société où je travaillais, nous étions logés dans un immeuble avec des Libanais en haut et nous en bas. Nous savons comment ces gens traitent leurs employés : licenciements abusifs à répétition, maltraitance morale, psychologique et même physique. »
Madame Ousna Sabé encourage les victimes à prendre la parole pour permettre un soutien collectif : « Je ne suis personne pour aller imposer quoi que ce soit aux Libanais. La seule chose que je peux faire, c’est d’en parler. Mais pour en parler, il faut que vous-mêmes, les victimes, vous dénonciez afin que nous puissions vous appuyer. »
Elle critique fermement ceux qui découragent les lanceurs d’alerte en leur disant « si tu parles, tu ne vas plus avoir de travail » : « Laissez ceux qui ont le courage de parler le faire. Le monde n’est pas détruit seulement par ceux qui font le mal, mais aussi et surtout par ceux qui les regardent faire sans réagir. »
Fière du geste de Samantha Olivia Imanga, elle lui adresse un message direct : « Ma sœur, beaucoup de courage ! Si tu veux, on peut en parler en privé. »
Madame Ousna Sabé termine son intervention par un appel pressant à la population et aux institutions : « N’ayez plus peur. La peur ne vous protège pas. Il faut en parler pour que tout le monde le sache et pour espérer que les choses changent. Nous voulons une République qui respecte tout le monde et chacun de ses enfants. Trop, c’est trop ! »
À l’adresse des femmes juristes, de l’inspection du travail et des structures chargées de protéger les travailleurs, elle lance : « Les Centrafricains se plaignent trop de vous. Aidez ceux qui n’ont pas de relations, ceux qui n’ont personne. S’il vous plaît, aidez-les. »
Cette réaction de madame Ousna intervient dans un contexte où plusieurs voix s’élèvent contre les conditions de travail dénoncées au sein de sociétés gérées par des employeurs libanais en Centrafrique.
Par Alain Nzilo
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