
Face à la crise majeure qui touche le pays, les leaders de l’opposition réunis au sein du BRDC ont tenu une conférence de presse ce jeudi 16 avril 2026 au siège du parti PATRIE à Bangui. Ils ont exposé les difficultés accumulées pendant les deux mandats du président Faustin-Archange Touadéra et réclament au passage un véritable dialogue politique.
Dès l’ouverture de ce point de presse, les leaders du BRDC pointent d’emblé la dégradation des conditions de vie des centrafricains. D’après eux, le peuple centrafricain endure des pénuries d’eau potable et un délestage permanent d’électricité malgré les engagements pris par le chef de l’État. L’insécurité monte à Bangui avec des braquages fréquents dans plusieurs arrondissements et leurs environs. Un policier a été enlevé puis exécuté dans les locaux mêmes de la police. Des tortures sont signalées dans les établissements pénitentiaires.

À l’est du pays, la gestion de la milice azandée a contribué à détériorer la situation sécuritaire. À l’ouest, des corps décapités apparaissent sur des images diffusées. Les écoles du pays ressemblent à des salles où les élèves s’assoient directement au sol. Dans l’intérieur, beaucoup apprennent sous les arbres. Les maîtres parents représentent 67 % du personnel enseignant et participent à la baisse du niveau des enfants sur tout le territoire.
L’unique université manque d’amphithéâtres et d’une bibliothèque moderne. Sa faible capacité pénalise surtout les étudiants venus des provinces. Les hôpitaux, centres et postes de santé fonctionnent sans plateaux techniques suffisants. Les patients centrafricains y ont moins de chances de survie que dans d’autres pays du continent.
Les routes et ponts restent dans un état très mauvais. Les producteurs des provinces ne parviennent pas à acheminer leurs produits agricoles vers Bangui ou les grands centres. Dans la capitale, la circulation constitue un calvaire quotidien et les routes réhabilitées se dégradent en six mois.
L’exploitation minière pollue les eaux des rivières à cause des sociétés qui obtiennent leurs permis dans l’opacité. Sur le plan économique, la structure des prix des hydrocarbures ne baisse pas. Le gouvernement se trouve isolé de la communauté financière internationale.
Sur le plan politique, les élections organisées par l’ANE sous contrôle ont connu un faible taux de participation après l’appel au boycott lancé par le BRDC. Le pouvoir issu de ce scrutin manque de légitimité. L’investiture au stade de 20 000 places a réuni très peu de monde, avec seulement quelques militants du MCU qui se disputaient de l’eau.
Crépin Mboli-Goumba, Coordinateur du BRDC a rappelé que le mandat avait débuté en 2016 sous le signe de l’espoir. Dix ans après, les infrastructures routières n’ont jamais été aussi dégradées. L’État n’a pas réussi à bâtir une armée républicaine capable de défendre le territoire national. La sécurité dépend encore de Wagner, de la MINUSCA ou d’accords bilatéraux. Les arriérés de salaires augmentent et l’État manque de ressources.
Les Centrafricains se sentent divisés. Des opposants sont envoyés en prison sans respect des droits. Le pays perd chaque année des portions de son territoire aux frontières.
L’opposition réunie au sein du BRDC réclame le dialogue politique.
Par Brahim Sallé
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