Les dictateurs voyous du Sahel se serrent les coudes : au Mali, un journaliste prend deux ans de prison ferme pour avoir critiqué le chef de la junte nigérienne

Rédigé le 25 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal malien *L’Alternance*, écope de deux ans de prison ferme et d’une amende d’un million de francs CFA. Son crime ? Avoir publié le 2 février un article dans lequel un journaliste signataire reprochait au général Abdourahamane Tiani, maître de la junte au Niger, d’avoir accusé sans preuve la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être derrière l’attaque de l’aéroport de Niamey fin janvier.
Cette attaque avait pourtant été revendiquée clairement par l’État islamique. L’article traitait Tiani de menteur et affirmait que, depuis le coup d’État de 2023 et son rapprochement avec la Russie, le Niger est devenu un vrai laboratoire d’expérimentation politique toxique.
Arrêté dès le 5 février pour « diffusion de fausses informations », « atteinte à la réputation de l’État » et « insulte à un chef d’État étranger », Sissoko a été jugé et condamné en un temps record par le tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité. L’Association des éditeurs de presse privée du Mali annonce un appel, mais le signal est envoyé : on ne critique pas les dictateurs de la bande.
C’est exactement la solidarité des voyous en uniforme. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, tous tenus par des militaires arrivés au pouvoir par la force entre 2020 et 2023, ont créé l’Alliance des États du Sahel (AES). Ils se couvrent les uns les autres. Critiquer Tiani depuis Bamako ? On t’arrête. Attaquer la junte malienne depuis Niamey ou Ouagadougou ? Même tarif. Ces trois-là forment une bande : quand l’un est visé, les autres sortent les crocs pour défendre le clan.
Derrière cette combine, la Russie tire les ficelles. Moscou a vu l’occasion parfaite : des régimes fragiles, anti-français, prêts à tout pour se maintenir. Armes, instructeurs, mercenaires d’Africa Corps (ex-Wagner), propagande… La Russie fournit, et en retour elle installe ses bases, rafle les contrats miniers et transforme le Sahel en arrière-cour. Le Niger de Tiani est le cas d’école : Français dehors, Russes dedans.
La Centrafrique montre le même sale jeu. Faustin-Archange Touadéra s’est vendu à Moscou. Les mercenaires russes gardent le palais, pillent l’or et les diamants, et contrôlent une grande partie du pays. Touadéra est le prototype du dictateur parvenu qui s’accroche grâce à la Russie. Aujourd’hui il sert de modèle et de pont pour étendre cette emprise vers le Sahel. Mali, Niger, Burkina, Centrafrique : tous dans le même paquet, tous alignés sur Moscou, tous en train de livrer leurs pays aux Russes.
Résultat ? La liberté de la presse étouffe. Au Mali, déjà mal classé mondialement, on interdit *Jeune Afrique* pour « apologie du terrorisme » et « diffamation ». On jette en prison ceux qui osent dire la vérité sur les voisins. Ces juntes ont promis souveraineté et sécurité, mais elles offrent à leurs peuples une nouvelle dépendance : celle de la Russie et de ses hommes de main.
Cette condamnation de Youssouf Sissoko n’est pas un détail. C’est la preuve que ces dictateurs voyous et leur protecteur russe ont choisi de museler toutes les voix qui dénoncent leurs mensonges, leurs échecs et leur alliance contre nature. Ils se protègent mutuellement, ils se soutiennent, et ils imposent peu à peu une chape de plomb sur l’Afrique de l’Ouest et centrale.
Les populations trinquent : insécurité qui dure, économies à la traîne, et plus le droit de parler. Voilà ce que donne la « souveraineté » version juntes et Russie : une dictature qui grandit, qui se renforce, et qui écrase tous ceux qui la montrent du doigt.
C’est ça, la communauté des voyous parvenus grâce à la Russie. Et ça continue.
Par Alain Nzilo
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