Touadéra tend un piège à la diaspora centrafricaine : « Rentrez développer le pays », mais finissez en prison comme Erenon. L’hypocrisie d’un président qui arrête les patriotes naïfs

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Touadéra tend un piège à la diaspora centrafricaine : « Rentrez développer le pays », mais finissez en prison comme Erenon.  L’hypocrisie d’un président qui arrête les patriotes naïfs

 

 

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Faustin-Archange Touadéra répète sans cesse aux Centrafricains de l’étranger : rentrez, soyez vaillants, venir changez le pays. À Moscou en mars 2026, il a remis ça. Mais ceux qui écoutent et rentrent vraiment tombent dans un guet-apens : arrestations immédiates, cellules à Ngaragba, accusations inventées. Exemple parfait : le Dr Dominique Désiré Erenon, constitutionnaliste et ex-expert à l’Union africaine, arrêté dès son arrivée. Touadéra se prend pour le plus malin, mais il expose son propre piège.

 

Faustin-Archange Touadéra adore se la jouer roublard. À chaque fois qu’il croise des Centrafricains à l’étranger, il sort le même refrain : rentrez au pays, développez le pays, montrez du patriotisme. À Moscou, mars 2026, il a répété : « C’est à nous, les Centrafricains, de prendre en main notre pays. Il faut être vaillant. Il faut être fort. » Et il a ajouté : « Les formations que nous vous avons accordées dans différents pays étrangers ont précisément pour objet votre retour au pays. Il faut un peu de patriotisme. »

 

Certains y croient. Ils prennent ces mots au sérieux, achètent leur billet, atterrissent à Bangui. Et là, bam : menottes à l’aéroport. Le cas du Dr Dominique Désiré Erenon parle tout seul. Constitutionnaliste, ancien expert à l’Union africaine, il a répondu à l’appel, repris son poste à l’université de Bangui. Résultat : arrêté le 3 octobre 2025 à Bangui-Mpoko, transféré à la prison de Ngaragba en décembre, huit chefs d’accusation collés sur le dos : complot, atteinte à la sûreté de l’État, tentative de déstabilisation. Pareil pour Renan : retour, arrestation, accusations montées de toutes pièces. Touadéra dit « rentrez », et l’accueil c’est la prison. Il se croit plus intelligent que tout le monde, mais il fabrique lui-même les preuves de son échec.

 

Dans le même discours, il accuse les exilés de trahison : « Quand on n’est pas patriote, on travaille à l’étranger, on vieillit là-bas, on s’y installe, on y fonde une famille. Les enfants grandissent dans ce pays d’accueil. Ils ne connaissent plus le pays d’origine. » Mais c’est lui qui rend le retour impossible. Sa constitution de 2023 bloque les binationaux : nationalité exclusive, seuls les « Centrafricains d’origine » peuvent accéder aux postes clés, ministères, présidence. Né à l’étranger ? Double nationalité ? Fini pour toi. Il divise son peuple en deux camps : les « purs » qui restent et les « impurs » qu’il supplie de revenir… pour les exclure ensuite. Rentrez, mais sans droits. Pure hypocrisie.

 

Il parle du sous-peuplement : « Nous sommes sous-peuplés. Et ce sous-peuplement est lui-même un facteur de sous-développement. » Dix ans de pouvoir, et le pays se vide. Pourquoi ? Mercenaires Wagner (ou Africa Corps) qui contrôlent tout : mines, routes, racket. Rentrez pour bosser sous leurs ordres ? Pour voir vos projets écrasés par des taxes folles, des impôts qui tuent les petites entreprises ? Des Centrafricains rentrent, achètent des camions pour relancer le transport. Six mois après : routes en chaos, pannes constantes, faillite totale. Ils repartent en Europe ou aux États-Unis, lessivés. Beaucoup font pareil : tentative, échec, exil forcé.

 

Touadéra minimise les plaintes : « Il n’y a pas de routes, il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas d’eau. Ils racontent n’importe quoi. » Routes défoncées, électricité absente des jours entiers, eau rare ou sale – c’est le quotidien. Sa réponse : « Si ces réalités vous font mal, alors rentrez au pays. Venez travailler à les changer. » Rentrez pour dormir où ? Pour se doucher dehors, comme il le dit lui-même en se moquant : « Certains se demandent où dormir, comment s’organiser. C’est la réalité de votre pays. » Il ridiculise la misère qu’il entretient.

 

Les cerveaux qui rentrent ? Rien pour eux. Les jeunes au pays tentent de créer des entreprises, mais le régime préfère les étrangers : Rwandais, Camerounais, Libanais raflent les marchés, les contrats. Pas d’encouragement pour les Centrafricains : zéro aide, zéro mesure. Touadéra parle de patriotisme, mais favorise les autres sur le dos des siens.

 

En Russie, il harangue surtout des militaires et étudiants en formation – des gens obligés de rentrer de toute façon. La vie là-bas est un calvaire pour les civils : peu restent. Un exemple parmi d’autres : un compatriote parti étudier en Russie en 1995, rentré en 2000 pour travailler. Rien trouvé. Obligé de repartir pour sa femme et ses enfants restés en Russie. La diaspora voit clair : les appels au retour sont un piège.

 

Touadéra raconte des bêtises. Il supplie « Il faut rentrer. Il faut changer le pays. » Mais son régime arrête les critiques, exclut les binationaux, laisse Wagner régner, favorise les étrangers, étouffe les initiatives. Les retours finissent en prison, en faillite ou en nouveau départ. Un président qui se croit le plus malin, mais qui prouve à chaque phrase qu’il dirige un pays en ruine qu’il n’a jamais su tenir.

 

Par Anselme Mbata

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