50 ans après Bokassa, Faustin-Archange Touadéra sacré Empereur de Bangui la Poubelle

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50 ans après Bokassa, Faustin-Archange Touadéra sacré Empereur de Bangui la Poubelle

 

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La statue de Faustin Archange Touadera, le nouvel empereur de la Centrafrique

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Ce samedi, sous un soleil éclatant, une imposante statue du président Faustin-Archange Touadéra a été inaugurée en grande pompe. Vêtu d’un costume bleu brillant, la main posée sur la hanche dans une pose solennelle, le chef de l’État contemple désormais son peuple… depuis son piédestal.

 

Deux jours seulement avant son investiture officielle pour un troisième mandat, ce geste symbolique n’est pas passé inaperçu. Pour beaucoup, il évoque irrésistiblement le souvenir de Jean-Bédel Bokassa, qui, en 1977, s’était lui-même couronné Empereur Bokassa Ier lors d’une cérémonie fastueuse. Touadéra ne porte pas encore de couronne, mais l’esprit semble y être : avenue rebaptisée à son nom, statue à son effigie, circulation bloquée dans plusieurs quartiers de Bangui pour permettre aux supporters d’admirer l’œuvre.

 

À l’époque de Bokassa, on parlait parfois de Bangui la coquette, une capitale qui, malgré le régime autoritaire, dégageait une certaine fierté aux yeux des voisins d’Afrique centrale. Aujourd’hui, la réalité est plus rude. Les routes restent en très mauvais état, l’électricité est capricieuse, et de nombreux quartiers de la capitale donnent l’impression d’une ville qui lutte quotidiennement pour son quotidien. Dans ce contexte, l’inauguration d’une statue géante et les préparatifs d’une grande cérémonie soulèvent une question ironique : est-ce le moment de célébrer l’empire des symboles quand les infrastructures de base peinent à suivre ?

 

Les défenseurs du président y verront sans doute un acte de fierté nationale et la marque d’un leadership assumé. Les critiques, eux, y lisent plutôt une forme de déconnexion : imiter les grands gestes de Bokassa dans un pays encore marqué par la pauvreté et les difficultés structurelles. La statue, placée non loin de celle des forces Wagner, rappelle aussi à quel point la Centrafrique dépend aujourd’hui de soutiens extérieurs pour sa sécurité.

 

Lundi 30 mars, lors de l’investiture au stade, on assistera probablement à de nouveaux discours sur l’unité et le renouveau. Mais entre la statue rutilante et les routes défoncées, le contraste reste saisissant. Bokassa avait rêvé d’un empire flamboyant. Touadéra semble vouloir écrire un nouveau chapitre, plus modeste dans les moyens, mais tout aussi ambitieux dans la mise en scène.

 

L’histoire, dit-on, ne se répète jamais exactement. Parfois, elle se contente de cligner de l’œil avec un brin d’ironie.

 

Par Gisèle MOLOMA

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