Alors que la direction générale adjointe de Powers Sécurité vient d’adresser un droit de réponse à Corbeau News Centrafrique pour contester plusieurs publications, une autre réalité se joue en interne. Selon les informations recueillies par CNC, une chasse aux sorcières est engagée au sein de l’entreprise pour identifier les personnes soupçonnées de transmettre des informations au média.
La tension est particulièrement montée d’un cran vendredi dernier, lors d’une cérémonie organisée à Bangui à l’occasion du départ d’un membre du personnel de Powers Sécurité appelé à rejoindre la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). La cérémonie s’est tenue dans un établissement situé sur l’avenue De Gaulle, à proximité de l’ambassade de France, dans le 1er arrondissement de Bangui.

Des employés regroupés par service
Selon les informations recueillies par CNC, les participants à cette cérémonie d’adieu ont été regroupés par services et par fonctions. Les agents des ressources humaines, les contrôleurs, les inspecteurs et les responsables ont ainsi été placés dans des groupes distincts.
À lire aussi : Louis-Firmin Kongoubé demande la « destitution » de Sarandji et élargit le débat sur la nationalité française
C’est au cours de cette cérémonie que des inspecteurs ont évoqué l’arrestation prochaine d’un employé présenté comme la personne ayant transmis certaines informations à Corbeau News Centrafrique. Des échanges entre les inspecteurs font état d’une certaine satisfaction autour de cette perspective, avec l’affirmation que la personne identifiée devait être arrêtée.
Le lendemain, samedi, cette affaire continue d’alimenter les discussions au sein de Powers Sécurité. Des inspecteurs auraient fait savoir que l’identité de la personne recherchée était désormais connue et que la procédure pour son arrestation était engagée.
Le procureur de la république contacté
CNC a également recueilli des informations faisant état de contacts établis avec le parquet autour de cette affaire. La rédaction poursuit ses vérifications afin d’identifier précisément la personne visée et de déterminer sur quelle base une éventuelle procédure d’arrestation serait engagée.
À ce stade, CNC ne publie pas le nom de l’employé présenté en interne comme étant à l’origine des informations transmises au média. La rédaction entend d’abord établir les faits et vérifier les éléments relatifs à cette procédure.
Cette affaire intervient au moment même où Powers Sécurité vient de transmettre à CNC un droit de réponse officiel dans lequel l’entreprise conteste plusieurs informations publiées ces dernières semaines. Le document dénonce notamment des informations qualifiées de fausses et met en cause la fiabilité de certains témoignages utilisés dans les publications.
Le droit de réponse et les pratiques internes
Le contraste entre la démarche officielle de la direction et les informations recueillies au sein de l’entreprise interpelle. D’un côté, Powers Sécurité affirme dans son droit de réponse que l’entreprise coopère pleinement avec les autorités administratives et judiciaires et accueille avec sérénité tout contrôle des services compétents.
De l’autre, les informations recueillies par CNC font état de recherches internes destinées à identifier les employés soupçonnés de communiquer avec la presse. Plusieurs membres du personnel seraient ainsi soupçonnés d’avoir transmis des informations au média, avec la crainte de sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement ou à des poursuites.
La rédaction poursuit ses investigations pour établir l’ensemble de la chaîne ayant conduit à la désignation de la personne actuellement visée. Elle cherche également à déterminer si les éléments reprochés à cet employé reposent sur des preuves établies ou sur de simples soupçons.
Une méthode déjà observée dans d’autres structures
Cette volonté d’identifier les personnes soupçonnées de renseigner la presse rappelle d’autres histoires observés récemment dans des structures médiatiques dans le pays. Dans une affaire concernant la fondation Hirondelle, le représentant béninois de la fondation avait notamment soupçonné certains journalistes de transmettre des informations à Corbeau News Centrafrique. Un ancien collaborateur de CNC recruté au sein de cette radio avait ensuite été licencié dans ce contexte.
Pour CNC, la question n’est pas de protéger une personne contre une éventuelle procédure lorsque des faits précis sont établis. Toute entreprise peut engager des procédures disciplinaires lorsqu’un salarié commet une faute professionnelle avérée. La question porte sur l’utilisation de simples soupçons pour rechercher l’auteur présumé d’une fuite d’informations et engager contre lui des mesures.
Une entreprise de sécurité peut naturellement disposer de procédures internes, d’une chaîne hiérarchique et de mécanismes de contrôle. Ces mécanismes ne peuvent pas, pour autant, remplacer l’établissement des faits lorsqu’un salarié est accusé d’avoir communiqué avec un média.
CNC continuera donc de suivre cette affaire. La rédaction reviendra sur les éléments recueillis concernant la personne visée, les démarches entreprises auprès des autorités et les éventuelles mesures prises par Powers Sécurité. Les différents faits seront examinés séparément afin d’établir ce qui relève d’une procédure réellement engagée et ce qui relève de simples accusations internes.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




