Transhumance : un chaos mal géré qui alimente les conflits en RCA

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Les tensions liées à la transhumance ne cessent de s’aggraver en République centrafricaine, prouvant sans doute l’absence de gestion efficace de la part des autorités. À Bouar, dans la Nana-Mambéré, une rencontre a récemment rassemblé la semaine dernière les éleveurs et les agriculteurs pour tenter de désamorcer les conflits de plus en plus fréquents.
Organisée par la plateforme des confessions religieuses avec l’appui du diocèse de Bouar, cette initiative vise à trouver des solutions durables, alors que l’insécurité et les affrontements entre les agriculteurs et éleveurs persistent.
Jean-Marie Taboulot, secrétaire général de la plateforme explique les raisons de cette initiative : “Par rapport à ce qui se trame dans les quartiers, les exactions des coupeurs de route, les multiples violences, nous cherchons à désarmer les cœurs. Aujourd’hui, le problème demeure et continue. Mais on ne peut pas toujours vivre dans les conflits. Il faut trouver un compromis”.
Toutefois, , de nombreux participants pointent du doigt l’inaction des autorités, notamment dans le contrôle des flux transhumants aux frontières. Selon Salibi Amadou, éleveur de la commune de Niem-Yéléwa: “Le problème vient des éleveurs étrangers qui ne respectent pas les couloirs de transhumance. Ils détruisent les champs et repartent, laissant les éleveurs centrafricains subir les représailles. Je demande au gouvernement de veiller aux frontières, de mieux contrôler les entrées, et d’imposer aux nouveaux arrivants de respecter les lois du pays”.
Les agriculteurs, de leur côté, dénoncent un manque total de protection et de mécanismes de règlement des litiges. Félix Kéla, agriculteur de Zotoua-Banguerem , estime que les conflits pourraient être mieux gérés si les autorités locales jouaient leur rôle : “La cohésion sociale repose sur la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs. Nous avons besoin les uns des autres. Mais en cas de litige, nous sommes livrés à nous-mêmes. Il faut que les autorités locales soient impliquées et que le service de l’élevage joue son rôle dans la gestion des différends”.
Malgré cette rencontre, le problème de fond reste entier : le gouvernement tarde à mettre en place des mesures efficaces pour organiser la transhumance et prévenir les conflits. Faute de contrôle et de dialogue structuré entre éleveurs et agriculteurs, la situation continue de dégénérer, alimentant un cycle de violences difficile à enrayer….
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC