Touadera lance des mandats d’arrêts internationaux contre la diaspora centrafricaine qui l’accuse à la CPI pendant que Wagner tue impunément les centrafricains

Rédigé le 29 novembre 2025 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La justice centrafricaine vient de franchir une nouvelle ligne dans l’absurde et dans l’injustice. Le Tribunal de Grande Instance de Bangui, à travers son Cabinet d’Instruction, a émis un mandat d’arrêt international contre Prudence Joseph Rodrigue Mayte, l’un des douze apôtres de la diaspora qui ont déposé plainte contre le président Touadéra auprès de la Cour Pénale Internationale.
Le document, signé par le juge d’instruction Mathieu Nana Bibi, accuse Mayte Rodrigue de sept chefs d’accusation : injures, diffamation, offense par des publications sur les réseaux sociaux, incitation à la haine contre les autorités publiques ou étatiques, diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public, et association de malfaiteurs. Les articles du Code Pénal invoqués sont les 133, 135, 136, 145, 146, 292, 295, 411 et 412.
Un mandat d’arrêt international pour des publications sur les réseaux sociaux. Voilà où en est la justice centrafricaine sous le régime Touadéra. On émet des mandats d’arrêt internationaux contre des activistes de la diaspora qui dénoncent les crimes du régime, mais on ne fait rien contre les mercenaires russes qui massacrent quotidiennement des civils centrafricains.
Prudence Joseph Rodrigue Mayte fait partie des douze apôtres de la diaspora qui ont initié la plainte contre Touadéra à la CPI, avec leur avocat canadien Philippe Larochelle. Ces douze Centrafricains de la diaspora ont eu le courage de saisir la justice internationale pour dénoncer les crimes commis en Centrafrique avec la complicité du président. Ils ont documenté les massacres de Wagner. Ils ont rassemblé les preuves. Ils ont déposé une plainte en bonne et due forme.
Et quelle est la réponse du régime Touadéra ? Pas d’enquête sur les crimes dénoncés. Pas de poursuites contre les auteurs des massacres. Non, le régime lance des mandats d’arrêt internationaux absurdes contre ceux qui ont osé porter plainte. C’est la logique criminelle inversée : on poursuit les victimes et les témoins au lieu de poursuivre les bourreaux.
Le mandat d’arrêt contre Maître Rodrigue est révélateur de plusieurs choses. D’abord, il montre que le régime Touadéra considère les publications sur les réseaux sociaux comme une menace plus grave que les massacres de civils. Maître Rodrigue n’a tué personne. Il n’a violé personne. Il n’a pillé aucun village. Il n’a massacré aucune famille. Son seul “crime” est d’avoir utilisé les réseaux sociaux pour dénoncer ce qui se passe en Centrafrique.
Et pour cela, il mérite un mandat d’arrêt international ? Pendant ce temps, les mercenaires de Wagner qui ont massacré des milliers de Centrafricains, circulent librement dans le pays. Ils contrôlent les mines. Ils rackettent la population. Ils violent les femmes. Ils tuent les hommes. Et aucun mandat d’arrêt n’est émis contre eux.
La justice centrafricaine est aveugle. Elle ne voit pas les massacres de Wagner dans tout le pays. Elle ne voit pas les militaires centrafricains qui commettent des exactions partout. Elle ne voit pas les ministres qui détournent des millions de francs CFA. Elle ne voit pas le régime qui affame le peuple, qui vole les ressources, qui détruit le pays.
Mais elle voit parfaitement les publications sur Facebook. Elle voit les tweets. Elle voit les vidéos YouTube. Elle voit les dénonciations sur les réseaux sociaux. Et là, soudainement, la justice se réveille. Elle ouvre des dossiers. Elle mène des enquêtes. Elle émet des mandats d’arrêt internationaux.
C’est de la folie pure. C’est l’injustice portée à son paroxysme. C’est une justice manipulée par Wagner et mise au service de la répression contre toute voix dissidente.
Regardons les chefs d’accusation contre Prudence Joseph Rodrigue Mayte. “Injures” et “diffamation” : autrement dit, il a dit des vérités désagréables sur le régime. “Offense par des publications sur les réseaux sociaux” : il a utilisé Facebook, Twitter ou YouTube pour s’exprimer. “Incitation à la haine contre les autorités publiques ou étatiques” : il a critiqué le gouvernement et le président. “Diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public” : il a dénoncé les crimes du régime et ces vérités dérangent. “Association de malfaiteurs” : il fait partie des douze apôtres qui ont porté plainte à la CPI.
Aucun de ces chefs d’accusation ne constitue un véritable crime. Ce sont tous des délits d’opinion, des crimes de parole, des infractions qui ne devraient pas exister dans une démocratie digne de ce nom. Dans un pays libre, critiquer le gouvernement, dénoncer les crimes du régime, utiliser les réseaux sociaux pour s’exprimer, tout cela fait partie des droits fondamentaux protégés par la Constitution.
Mais la Centrafrique de Touadéra n’est pas un pays libre. C’est un pays où la liberté d’expression est criminalisée. Où dénoncer les crimes du régime vous vaut un mandat d’arrêt international. Où la justice est un instrument de répression au service du pouvoir.
Le juge d’instruction Mathieu Nana Bibi qui a signé ce mandat d’arrêt porte une responsabilité personnelle dans cette injustice. Il a accepté de prêter son nom, sa fonction, son autorité judiciaire à cette farce. Il sait très bien que Maître Rodrigue n’est pas un criminel. Il sait que les vrais criminels sont ceux qui massacrent des civils, pas ceux qui dénoncent ces massacres.
Mais Mathieu Nana Bibi a choisi son camp. Il a choisi de servir le régime plutôt que de servir la justice. Il a choisi d’émettre des mandats d’arrêt contre des activistes pacifiques plutôt que de poursuivre les vrais criminels. Son nom restera dans l’histoire comme celui d’un juge qui a trahi sa mission.
Le mandat d’arrêt précise qu’il s’agit d’un “mandat d’arrêt international”. Cela signifie que le régime Touadéra demande à tous les pays du monde d’arrêter Maître Rodrigue s’il se présente sur leur territoire. C’est grotesque. Aucun pays démocratique ne donnera suite à ce mandat ridicule. Parce que les chefs d’accusation ne constituent pas des crimes dans les démocraties. Parce que tout le monde sait que c’est une persécution politique déguisée en procédure judiciaire.
Mais l’objectif du régime n’est pas vraiment d’arrêter Maître Rodrigue. L’objectif est d’intimider. De terroriser. D’envoyer un message à tous les Centrafricains de la diaspora : si vous dénoncez le régime, si vous portez plainte à la CPI, si vous utilisez les réseaux sociaux pour dire la vérité, vous aurez un mandat d’arrêt international contre vous.
C’est une stratégie de terreur. Le régime veut faire taire toutes les voix dissidentes. Il veut que les Centrafricains de la diaspora aient peur de s’exprimer, peur de dénoncer, peur de porter plainte. Il veut créer un climat où personne n’ose plus critiquer, où tout le monde se tait par peur des représailles.
Mais cette stratégie ne fonctionnera pas. Parce que les Centrafricains de la diaspora sont hors d’atteinte du régime. Ils vivent dans des pays démocratiques qui protègent la liberté d’expression. Ils peuvent continuer à dénoncer les crimes du régime sans risquer d’être physiquement arrêtés.
Le mandat d’arrêt contre Rodrigue est donc un aveu de faiblesse plutôt qu’une démonstration de force. Le régime est tellement désespéré face aux dénonciations qui viennent de la diaspora qu’il n’a d’autre recours que d’émettre des mandats d’arrêt ridicules qui ne seront jamais exécutés.
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