Tiringoulou, dans la Vakaga,  le RGPH-4 provoque la fermeture totale des écoles

0
102

Tiringoulou, dans la Vakaga,  le RGPH-4 provoque la fermeture totale des écoles

 

Tiringoulou, dans la Vakaga,  le RGPH-4 provoque la fermeture totale des écoles
Le croisement de Tiringoulou, dans la préfecture de la Vakaga. Photo CNC

 

Rédigé le 08 janvier 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation bouleverse le système éducatif centrafricain. À Tiringoulou, dans la préfecture de la Vakaga, toutes les écoles ont fermé leurs portes. Les enfants restent chez eux pendant que leurs enseignants, recrutés comme agents recenseurs, sillonnent les villages. Une situation chaotique qui se répète malheureusement partout dans le pays.

 

Depuis le lancement officiel du RGPH-4, la localité de Tiringoulou vit au rythme d’une crise éducative. Dans cette sous-préfecture de Ouandja, les salles de classe sont désormais vides. Les enfants, qui devraient être en train d’apprendre à lire et à écrire, passent leurs journées à la maison et jouer au Ngbaba. Personne ne les attend à l’école car il n’y a plus d’enseignants.

 

Mais où sont passés ces enseignants ? La réponse est simple. L’Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales, l’ICASEES, les a tous recrutés comme agents recenseurs. À Tiringoulou, il n’y avait que des maîtres-parents, ces enseignants au minimum de connaissances qui assurent tant bien que mal l’instruction dans les zones reculées. Tous, sans exception, ont été mobilisés pour participer aux opérations de recensement.

 

Ce phénomène dépasse largement les frontières de Tiringoulou. Dans les villes de Nana-Mambéré, à Bouar, à Baboua et dans bien d’autres localités du pays, le scénario est identique. Partout où l’ICASEES avait besoin de main-d’œuvre, les maîtres-parents ont été réquisitionnés. Partout, les écoles ont fermé leurs portes. Les enfants centrafricains paient ainsi le prix d’une opération censée améliorer la connaissance de leur pays.

 

À Sam-Ouandja, la situation atteint des sommets d’absurdité. À l’école Zaïre, sur l’autre rive de la ville, un seul maître-parent devait gérer toutes les classes, du cours préparatoire première année jusqu’au cours moyen deuxième année. Imaginez un homme seul face à des centaines d’élèves de six niveaux différents. Mais même ce système précaire s’est effondré avec le RGPH 4. Dans l’autre école de la même ville communément appelée école Bangui, trois enseignants, tous maîtres-parents, ont également abandonné leurs classes pour rejoindre les équipes de recenseurs.

 

Derrière cette désertion massive se cache une réalité économique implacable. En tant que maîtres-parents, ces enseignants touchent des salaires misérables, parfois 10 000 francs CFA par mois, rarement plus de 20 000 francs. Certains doivent survivre avec 5000 ou 10 000  francs. En revanche, comme agents recenseurs, ils peuvent gagner entre 20 000 et 30 000 francs CFA. Face à un tel écart, le choix devient évident, même si cela signifie abandonner des centaines d’enfants en pleine année scolaire.

 

Pourtant, cette catastrophe aurait pu être évitée. Ce n’est pas la première fois que l’ICASEES organise un recensement général en République centrafricaine. L’expérience acquise lors des précédentes opérations aurait dû permettre une meilleure planification. Le recensement aurait pu se dérouler pendant les vacances scolaires, à la fin de l’année, période où les enseignants sont disponibles et les élèves en repos. Mais l’Institut a choisi de mener cette opération en pleine année scolaire, créant un chaos éducatif dans le pays.

 

Les conséquences se font sentir dans tout le pays. Dans la Lobaye, c’est le même chaos. Dans la Vakaga, c’est la même désorganisation. Partout, les enfants attendent que le recensement se termine pour retrouver le chemin de l’école. Ils attendent que leurs enseignants, une fois leur mission accomplie et leur argent en poche, reviennent enfin dans les salles de classe. En attendant, ils perdent des semaines, voire des mois d’apprentissage, dans un pays où l’éducation est déjà un luxe.

 

Par Barthelemy Kossi

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC