Tchad : Laurent Ragba Foutour, abandonné par le HCR, se bat pour une réinstallation hors du pays
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Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Laurent Ragba Foutour, réfugié centrafricain au Tchad depuis 2014, accuse le HCR de l’avoir privé d’assistance depuis 2020. Expulsé de son logement et sans ressources, il tente d’obtenir justice et réclame une réinstallation hors du pays pour sa famille.
Laurent Ragba Foutour, un réfugié centrafricain de 68 ans vivant au Tchad, lance un cri d’alarme désespéré. Avec sa famille de 11 membres, dont sa fille veuve Noura et ses quatre petits-enfants, il affirme être abandonné par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et confronté à des conditions de vie inhumaines. Face à une aide suspendue sans explication, des menaces de rapatriement forcé et une précarité extrême, il implore une réinstallation au Canada pour échapper à ce qu’il qualifie de « guerre froide » menée contre les réfugiés au Tchad.
Une assistance coupée
Tout commence en janvier 2020. Laurent Ragba Foutour, enregistré sous le numéro 920-14C00224, voit son assistance mensuelle de 30 000 FCFA (environ 45 euros) brutalement interrompue par le HCR. Deux ans plus tard, en 2022, sa fille Noura (n° 920-15C00455) subit le même sort. Selon ses calculs, les arriérés s’élèvent à 1 800 000 FCFA sur cinq ans, une somme vitale pour une famille sans ressources ni emploi dans un pays d’accueil où les opportunités économiques sont rares.
« On nous a laissés sans explication, sans notification », raconte-t-il dans une lettre adressée à la ministre tchadienne de l’Action Sociale et des Affaires Humanitaires, datée du 21 février 2025. Laurent Ragba Foutour accuse le personnel du HCR, notamment un certain « Monsieur Blaise », de proférer des menaces ouvertes, invoquant des griefs personnels remontant à des incidents en Centrafrique. « Ils disent que nous ne recevrons plus rien, sauf un rapatriement vers un pays où nous risquons nos vies », ajoute-t-il, évoquant l’insécurité persistante en République centrafricaine.
Une loi inappliquée et un vide juridique
Laurent Ragba Foutour pointe également un problème structurel : la loi tchadienne n°027/PR/2020, adoptée en décembre 2020 pour garantir les droits des réfugiés, reste lettre morte faute de décret d’application. Lors d’une réunion tripartite en octobre 2024 entre le ministère, la Commission Nationale d’Accueil et de Réinsertion des Réfugiés et des Rapatriés (CNARR) et le HCR, ce vide juridique a été reconnu, mais aucune solution n’a émergé. « Le HCR se moque de la loi et des autorités tchadiennes », déplore-t-il, dénonçant une organisation qui, selon lui, agit en toute impunité.
Des conditions de vie dramatiques
Expulsée de son logement sous la pluie en 2024, une scène qu’il a partagée sur Twitter, la famille Ragba Foutour dépend aujourd’hui de la charité d’un citoyen tchadien pour un abri temporaire. « Nous n’avons pas de travail, pas d’avenir ici », confie Laurent Ragba Foutour, père et grand-père épuisé par des années d’incertitude. Âgé et ancien cadre politique centrafricain, il se dit humilié par le traitement réservé aux réfugiés urbains à N’Djamena, considérés comme « des êtres sans valeur » par certains agents du HCR.
Une demande de réinstallation au Canada
Face à ce désespoir, la famille de Laurent Ragba Foutour place ses espoirs dans une réinstallation au Canada. « Nous voulons un pays où nos enfants auront un avenir », plaide Laurent, qui cite en exemple des scandales similaires impliquant le HCR ailleurs en Afrique, comme au Burkina Faso, où des employés ont été arrêtés pour malversations financières. Il sollicite l’intervention des autorités tchadiennes et des organisations internationales pour faire entendre sa voix auprès d’Ottawa.
Dans sa dernière correspondance, Laurent Ragba Foutour envisageait une action en justice devant le tribunal administratif pour réclamer ses droits, mais son conseiller l’a encouragé à relancer d’abord les autorités suite au récent remaniement ministériel. Une nouvelle ministre de l’Action Sociale vient d’entrer en fonction, et Laurent espère qu’elle saura contraindre le HCR à répondre de ses actes.
Un appel à la solidarité
« Je supplie qu’on élève notre pénitence au niveau international », déclare-t-il, s’adressant à quiconque pourrait porter son dossier. Avec des attestations de réfugié en bonne et due forme et des correspondances officielles accumulées depuis 2020, Laurent Ragba Foutour ne manque pas de preuves pour étayer ses accusations. Mais sans soutien financier ni expertise en communication, il craint que sa plainte ne reste un cri dans le désert.
Contacté par Corbeau News, ce père de famille insiste : « Nous ne pouvons plus vivre sous les griffes d’une organisation qui nous menace au lieu de nous protéger ». Son histoire dévoile les failles d’un système censé venir en aide aux plus vulnérables, et pose une question brûlante : jusqu’à quand les réfugiés au Tchad devront-ils attendre justice ?
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