Même après la fin du RGPH 4, les agents recenseurs, cinq mois plus tard, ne sont pas encore payés et menacent d’entrer en grève pour réclamer leur paiement

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Même après la fin du RGPH 4, les agents recenseurs, cinq mois plus tard, ne sont pas encore payés et menacent d’entrer en grève pour réclamer leur paiement

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

La colère monte chez les agents recenseurs de la quatrième édition du recensement. Cinq mois après la fin du RGPH 4, l’absence de paiement provoque une grève imminente.

 

Le quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitat a pris fin depuis le mois de janvier, mais sur le terrain, la colère grandit chaque jour. Les agents recenseurs recrutés pour cette opération nationale de grande envergure se retrouvent aujourd’hui bloqués dans l’attente de la régularisation de leur situation financière.

 

Les activités sur le terrain sont pourtant bel et bien terminées depuis de longs mois. Les formulaires ont été remplis, les données démographiques ont été collectées, et ces professionnels ont rempli l’intégralité de leur part du contrat. Pourtant, leur solde et leurs primes de fin de mission restent bloqués dans les rouages de l’administration publique.

 

Une partie des sommes dues initialement a certes été versée au début de l’opération, mais le versement de la totalité de la rémunération n’a jamais eu lieu. C’est ce reliquat, cette part manquante et pourtant promise, qui fait cruellement défaut aujourd’hui. Les concernés ont essayé d’obtenir des réponses claires auprès des responsables du projet au cours des dernières semaines. Ils ont cherché à comprendre les raisons bureaucratiques de ce retard prolongé. Les réponses obtenues restent floues et vagues, aucun engagement concret ni calendrier précis n’a été communiqué par les autorités compétentes. Cette absence de communication transparente pousse désormais ces travailleurs à planifier un arrêt de travail global pour exiger le versement immédiat du reste de leur dû.

 

En effet, comme vous le savez, la situation devient récurrente dès qu’un projet national d’envergure bénéficie d’un appui financier international. Pour cette quatrième édition du recensement, les partenaires internationaux ont décaissé la totalité des fonds requis en temps voulu. L’institution financière de soutien a transféré l’enveloppe budgétaire globale directement aux structures étatiques de tutelle. La responsabilité de la gestion courante et de la redistribution de ces rémunérations incombe donc entièrement au gouvernement.

 

Dès que l’enveloppe entre dans les caisses de l’État, le mécanisme de virement se grippe inexplicablement. Les fonds destinés aux salaires subissent des déviations vers d’autres priorités non planifiées par les accords initiaux. Les autorités utilisent ces sommes pour financer des affaires internes, des transactions parallèles ou des dépenses de fonctionnement qui n’ont aucun rapport avec le projet de dénombrement. Le travail fourni par les agents recenseurs passe au second plan, au profit de manœuvres financières opaques au sein des ministères. Les budgets sont fractionnés, ce qui explique pourquoi seule une avance mineure a été versée, laissant le reste des sommes dues dans un flou total.

 

Ce problème de gestion des fonds internationaux touche plusieurs secteurs d’activité de manière régulière au pays. Les enseignants contractuels subissent le même traitement depuis de nombreuses années lors des programmes scolaires spéciaux. Eux aussi dépendent directement de programmes financés sur ressources extérieures. Les institutions internationales confirment régulièrement avoir versé les budgets nécessaires pour couvrir l’intégralité des salaires de ces enseignants.

 

Du côté des ministères, on évoque de simples difficultés techniques, des vérifications de listes ou des lenteurs administratives pour justifier le blocage des paies. Les autorités continuent de retenir la suite des paiements tout en demandant une patience sans fin aux syndicats. Les enseignants se voient obligés de recourir à des mouvements de protestation répétés pour obtenir la totalité de leurs émoluments légitimes. Le scénario se répète à chaque nouveau projet d’envergure nationale, les intermédiaires étatiques captent les ressources et laissent les exécutants du service public dans la précarité la plus totale avec des fiches de paie incomplètes.

 

Les agents recenseurs de la quatrième édition se coordonnent actuellement pour harmoniser leur mouvement de protestation. Les comités de crise se forment dans chaque secteur pour exiger des comptes aux directeurs nationaux du projet. Ces travailleurs refusent désormais les promesses verbales et réclament des preuves écrites de virement bancaire pour la totalité du reliquat.

 

Par Brahim Sallé

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