Le boucher de Zemio, Irogodja, disparu lors de son transfèrement à Bangui par les Wagner, est finalement retrouvé mort, son cadavre découvert à la morgue de l’hôpital communautaire. Incroyable!

Rédigé le 11 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le boucher de Zémio porté disparu lors du transfert vers la capitale a finalement été localisé sans vie à la morgue de l’hôpital général de Bangui. Le CICR a identifié son corps après que sa famille ait signalé son absence parmi les neuf autres suspects transférés dans la capitale.
Lorsque l’hélicoptère des Wagner a atterri à Bangui lundi dernier avec les dix jeunes arrêtés à Zémio, neuf d’entre eux ont pris la direction de la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie de Bangui. Irogodja, lui, a emprunté un autre chemin que ses compagnons d’infortune ignoraient totalement, car ils étaient tous cagoulés, leurs visages recouverts des sacs plastiques.
Les mercenaires russes l’ont séparé du groupe dès la descente de l’hélicoptère. Pendant que les autres étaient acheminés vers la SRI pour y être écroués, Irogodja montait dans un véhicule des russes qui filait directement vers la base des Wagner à l’aéroport international Bangui-Mpoko.
Cette installation hautement criminel des Wagner au camp Mpoko abrite divers équipements et installations que les mercenaires utilisent pour leurs interrogatoire musclé à Bangui.
C’est dans cet endroit que les mercenaires ont conduit le boucher de Zémio. Les heures qui ont suivi son arrivée restent opaques mais le résultat parle de lui-même. Irogodja a subi des sévices d’une violence telle que son organisme n’a pas résisté longtemps.
Les méthodes employées par Wagner lors de ces interrogatoires sont connues pour leur férocité. Les mercenaires russes n’hésitent pas à infliger des souffrances extrêmes pour obtenir des aveux ou simplement pour punir ceux qu’ils considèrent comme des ennemis, réels ou imaginaires.
Le corps d’Irogodja portait les stigmates de ce qu’il avait enduré dans cette base militaire. Une fois décédé, les mercenaires se sont retrouvés avec un cadavre sur les bras qu’il fallait faire disparaître vite.
Plutôt que d’abandonner le corps en brousse comme cela arrive parfois, Wagner a choisi une autre solution. Dans la nuit, un véhicule des mercenaires a quitté le camp Mpoko en direction du centre-ville de Bangui avec une cargaison macabre à son bord.
La morgue de l’hôpital général a reçu cette nuit-là un corps non identifié qu’on y a déposé sans explication particulière. Le personnel de l’établissement a l’habitude de ces arrivées nocturnes qui ne s’accompagnent d’aucun document ni d’aucune information sur l’identité du défunt.
Pendant ce temps, la famille d’Irogodja multipliait les démarches à Bangui pour comprendre ce qui était arrivé au boucher de Zemio. Les proches savaient qu’il figurait parmi les dix personnes embarquées à Zémio mais son nom n’apparaissait nulle part dans les registres de la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie.
Cette absence inexpliquée a poussé la famille à solliciter l’aide du Comité International de la Croix-Rouge qui dispose de moyens pour rechercher les personnes disparues. Le CIC a accepté d’ouvrir une enquête et a commencé à vérifier différentes pistes possibles.
Les enquêteurs du CIC ont méthodiquement visité les lieux de détention connus à Bangui. Ils ont également pris contact avec les structures médicales susceptibles d’avoir reçu un blessé ou un corps correspondant au signalement. C’est ainsi qu’ils ont fini par se rendre à la morgue de l’hôpital général.
Parmi les corps entreposés dans les tiroirs réfrigérés figurait celui d’un homme dans la trentaine correspondant à la description d’Irogodja. Le personnel du CIC a pris des photos et les a transmises à la famille qui a formellement reconnu le boucher disparu.
La confirmation est tombée comme un couperet pour les proches qui espéraient encore le retrouver vivant quelque part. Les marques visibles sur le corps ne laissaient aucun doute sur les circonstances de sa mort. Irogodja avait été torturé avant de succomber à ses blessures.
Cette découverte apporte une réponse à la question de sa disparition mais en soulève d’autres tout aussi inquiétantes. Pourquoi Wagner l’a-t-il séparé des neuf autres jeunes arrêtés en même temps que lui à Zémio ? Qu’est-ce qui a motivé ce traitement différent alors qu’ils étaient tous accusés des mêmes faits ?
Le boucher ne présentait aucune particularité qui aurait pu justifier un interrogatoire plus poussé que ses compagnons. Son métier de vendeur de viande au marché ne comportait aucun aspect stratégique susceptible d’intéresser les services de renseignement russes.
Plusieurs hypothèses circulent désormais à Bangui parmi ceux qui suivent cette affaire. Certains pensent qu’Irogodja a simplement eu la malchance d’être choisi au hasard pour servir d’exemple. D’autres estiment que quelqu’un a pu le désigner spécifiquement aux mercenaires pour régler des comptes personnels.
Par Gisèle MOLOMA.
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