La dérive sanglante d’une armée hors de contrôle à Ouadda-Maïkaga

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Séquestrées, violées, torturées. À Ouadda-Maïkaga, des filles adolescentes subissent l’horreur aux mains de ceux censés les protéger. Notre enquête révèle comment des soldats FAKA transforment leur base militaire en zone de non-droit, sous le regard complaisant d’une hiérarchie militaire léthargique.
Une descente aux enfers pour la population civile à Ouadda-Maïkaga
La situation à Ouadda-Maïkaga, à 204 kilomètres de Bria, dans la préfecture de la Haute- Kotto, démontre de manière dramatique la dérive d’une armée nationale qui semble avoir perdu tout sens de sa mission. Le cas de Kadjidje, une adolescente de 16 ans, violée, séquestrée plusieurs jours dans la base militaire des soldats FAKA où elle aurait subi des mauvais traitements, n’est que la partie émergée d’un iceberg d’exactions. Une seconde fille adolescente, dénommée Asna, 14 ans, a connu le même sort et au même moment , victime de soldats qui se comportent désormais en véritables seigneurs de guerre.
Une hiérarchie militaire dans un état de déliquescence avancée
L’inaction de l’état-major face à ces crimes répétés pose question. Comment expliquer ce silence assourdissant alors que ses propres troupes se livrent à des actes dignes des pires mercenaires ? La nomination d’un douanier, M. Biro, au poste de ministre de la Défense, symbolise le délabrement institutionnel d’une armée à la dérive.
Des exactions systématiques et impunies
Il y a à peine deux semaines, ces mêmes soldats se sont improvisés juges et bourreaux, arrêtant arbitrairement dix personnes accusées de sorcellerie. Leur “jugement” s’est soldé par la mort d’une femme sous la torture, son corps portant les stigmates de sévices innommables. Ces militaires s’arrogent tous les pouvoirs, de celui de magistrat à celui de maire, instaurant un régime de terreur digne des heures les plus sombres.
Un avenir chaotique pour l’institution militaire de la RCA
L’influence délétère des mercenaires du groupe Wagner sur le comportement de ces soldats pose la question de l’avenir même de l’armée nationale. Comment une force armée qui torture et viole ses propres citoyens peut-elle prétendre défendre la nation ? La formation éthique des soldats, manifestement inexistante, révèle une faillite profonde du commandement.
La réhabilitation de l’armée nationale nécessitera bien plus qu’un simple changement de personnel à sa tête. C’est toute la chaîne de commandement qui doit être repensée, la formation des soldats entièrement revue, et surtout, les criminels en uniforme traduits en justice. Sans ces mesures radicales, l’armée nationale continuera sa mutation en une force prédatrice, terreur de la population qu’elle devrait protéger.
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
