Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants

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Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants

 

Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants
La ville de Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou. CopyrightMinusca

 

Rédigé le 07 février 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La ville de Obo, capitale provinciale du Haut-Mbomou, au sud-Est de la RCA, s’est réveillée dans la terreur ce vendredi 6 février 2026. Dès quatre heures du matin, gendarmes, policiers, militaires et mercenaires du groupe Wagner ont encerclé la ville. Pendant plus de trois heures, ces unités de la mort ont ratissé chaque recoin, fouillant les habitations méthodiquement. Le secteur de la mission AIM a été bouclé en premier, puis les équipes se sont déployées dans le quartier arabe, puis dans tous les quartiers.

 

Malgré cette mobilisation spectaculaire, les patrouilles n’ont découvert ni armes, ni munitions, ni matériel militaire. Les perquisitions se sont poursuivies de maison en maison sans résultat. Pourtant, dans le quartier Banguito, les forces ont arrêté un jeune homme qui tient une kiosque de pharmacie du quartier. Ce commerçant vendait des médicaments et autres produits de santé pour gagner sa vie.

Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants
Dans le marché central d’Obo. Photo CNC

 

Le détail de cette arrestation se retrouve dans le passé de ce jeune. Il avait effectivement reçu une formation militaire dispensée par les Russes de la milice Wagner et intégré les rangs de l’armée nationale avec deux cents autres recrues issues de la milice d’autodéfense Azandé. Ces combattants ont été désarmés sur ordre des mercenaires russes et renvoyés à la vie civile. Depuis, le jeune arrêté s’était reconverti dans le commerce pharmaceutique, loin de toute activité armée.

 

Conduit au poste de la gendarmerie, le jeune commerçant connu sous le sobriquet de KD a été roué de coups pendant des heures. Les sévices infligés l’ont laissé dans un état critique, au bord de la mort. Transporté d’urgence à l’hôpital, son pronostic vital reste engagé. Rien ne justifie une telle violence puisque la fouille n’a rien donné et que l’homme menait une existence paisible.

Le jeune victime des forces de désordre à Obo dans la journée du 6 février 2026
Le jeune victime des forces de désordre à Obo dans la journée du 6 février 2026

 

Cette opération interroge d’autant plus que la ville de Obo n’a connu aucun incident armé. Contrairement à Mboki, Djema, Zemio ou Bambouti qui ont été le cadre d’affrontements, la ville restait calme. Aucun coup de feu n’y a retenti depuis le début des troubles l’année dernière dans la région. Pourtant, le préfet Léonard Mbélé, colonel de l’armée, multiplie les appels aux forces russes pour qu’elles interviennent.

 

Ce responsable préfectoral semble attirer délibérément les problèmes vers Obo alors que la menace se situe ailleurs. Il donne des instructions pressantes aux mercenaires et aux soldats, déclenchant une série d’abus contre les habitants. La population locale ne comprend pas cette acharnement ni cette présence militaire disproportionnée dans une zone épargnée par les combats.

 

Même les propos tenus par certains responsables des forces de désordre aggravent la situation. Le commandant de compagnie de la gendarmerie a publié sur WhatsApp des messages haineux visant l’ethnie Zandé. Il a déclaré vouloir “en finir avec la race des Zandés”, des paroles ouvertement génocidaires. À leur poste de contrôle, des gendarmes ont menacé un cultivateur en affirmant qu’ils allaient exterminer tous les Zandés et incendier la ville.

 

Ces déclarations outrageuses circulent librement sans que personne n’intervienne. La MINUSCA, présente sur place, observe ces dérives sans réagir. La mission onusienne se contente de produire des faux rapports sur la République centrafricaine. Elle valide tacitement les exactions commises contre les civils au lieu de protéger les populations comme son mandat l’exige.

 

La distinction entre forces de l’ordre et forces du désordre devient floue en Centrafrique. Certes, quelques éléments intègres subsistent parmi les policiers, gendarmes et militaires. Mais leur nombre insignifiant les rend invisibles au milieu de la masse de ceux qui sèment le chaos. L’image collective des forces de sécurité s’en trouve totalement dégradée aux yeux des citoyens.

 

L’homme torturé à Obo est un exemple parfait de cette dérive généralisée. Ancien milicien d’autodéfense désarmé et réinséré, il avait tourné la page militaire pour devenir un simple pharmacien de quartier. Sa capture et les tortures subies montrent combien la violence d’État peut s’abattre sur n’importe qui. Le préfet Léonard Mélé porte la responsabilité directe de cette escalade en sollicitant sans cesse l’intervention des mercenaires russes dans une ville qui ne demandait rien.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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