Du sacré au chaos : Comment la RCA a sacrifié sa cellule familiale sur l’autel de la crise
Ces familles qui ne savent plus être des familles : La tragédie silencieuse d’une nation
Bangui, CNC. Un enfant qui ne reconnaît plus son père. Une mère qui pleure ses traditions perdues. Des grands-parents qui meurent seuls. Des oncles et tantes devenus des étrangers.” Ce n’est pas le synopsis d’un film dramatique, mais le quotidien bouleversant des familles centrafricaines en 2024. Au cœur de Bangui, comme dans les villages les plus reculés du pays, la famille, ce socle sacré sur lequel reposait toute la société centrafricaine, se désagrège sous nos yeux dans une indifférence assourdissante.
Dans son ouvrage “La RCA doit-elle toujours dépendre des autres ?” (août 2024), Élie OUEIFIO nous plonge dans les entrailles de cette tragédie sociétale sans précédent. Comment une société qui plaçait la famille au sommet de ses valeurs en est-elle arrivée à accepter sa destruction ? Comment les gardiens des traditions sont-ils devenus les spectateurs impuissants de leur propre effondrement ?
La famille traditionnelle de la RCA : Un modèle en voie de disparition
L’héritage perdu
La famille centrafricaine traditionnelle reposait sur des fondements solides :
– Une hiérarchie respectée où chaque membre avait sa place et son rôle
– Des mécanismes de solidarité efficaces face aux difficultés
– Un système d’éducation basé sur la transmission des valeurs
– Des rituels qui renforçaient les liens familiaux et communautaires
Les anciens racontent comment, jusqu’aux années 1970, au pays de Boganda, la RCA, les repas du soir étaient des moments privilégiés d’éducation où les enfants écoutaient les histoires et les enseignements des aînés. Aujourd’hui, observe OUEIFIO, “ces moments de communion familiale ont disparu, remplacés par le chacun pour soi imposé par la précarité. Un coup chaos”
Les mécanismes de protection sociale de la RCA
Le système traditionnel assurait :
– La prise en charge des personnes âgées
– L’éducation collective des enfants de la RCA
– Le soutien aux membres en difficulté
– La résolution des conflits intrafamiliaux

L’impact des crises sur la famille de la RCA
La désagrégation économique
La paupérisation généralisée a eu des effets dévastateurs :
– Impossibilité pour les pères de famille d’assumer leur rôle de pourvoyeur
– Travail forcé des enfants pour contribuer aux revenus familiaux
– Abandon scolaire massif
– Migration économique qui sépare les familles
OUEIFIO cite le cas emblématique du quartier Boy-Rabe à Bangui, capitale de la RCA, où “des enfants de 10-12 ans passent leurs journées à laver des voitures ou à vendre des sachets d’eau pendant que leurs parents, anciens fonctionnaires, restent à la maison, humiliés par leur incapacité à subvenir aux besoins familiaux.”
Les bouleversements sociaux de la RCA
Les conflits successifs ont provoqué :
– Des déplacements forcés qui ont éclaté les familles
– Des traumatismes psychologiques profonds
– La perte des repères moraux
– L’effondrement des mécanismes de solidarité
La crise de l’autorité parentale
Parents dépassés
La situation actuelle révèle :
– Une perte de contrôle sur l’éducation des enfants
– Une incapacité à transmettre les valeurs traditionnelles
– Un sentiment d’impuissance face aux défis modernes
– Une rupture de la communication intergénérationnelle
“Les parents d’aujourd’hui”, écrit OUEIFIO, “se sentent désarmés face à une jeunesse qu’ils ne comprennent plus et qu’ils n’arrivent plus à guider.”
Enfants désorientés
Les conséquences sur la jeune génération sont alarmantes :
– Perte de respect envers les aînés
– Adoption de comportements à risque
– Vulnérabilité face aux manipulations
– Rupture avec les traditions
Les nouvelles configurations familiales de la RCA
Familles monoparentales
Un phénomène en expansion :
– Multiplication des divorces
– Abandon des responsabilités parentales
– Charge excessive sur les mères
– Précarité accrue
Familles recomposées
Des situations complexes entraînant :
– Conflits de loyauté chez les enfants
– Difficultés d’intégration
– Tensions intergénérationnelles
– Problèmes d’héritage
L’impact sur l’éducation
Déscolarisation massive
Les chiffres sont alarmants :
– Plus de 60% des enfants déscolarisés dans certaines régions
– Travail précoce des enfants
– Analphabétisme croissant
– Perte de chances pour l’avenir
Transmission des valeurs compromise
La rupture est profonde :
– Disparition des rituels d’initiation
– Perte des langues maternelles
– Oubli des traditions
– Adoption de valeurs importées inadaptées
Les pistes de reconstruction
Restauration de l’autorité parentale
OUEIFIO propose :
– Formation des parents aux défis contemporains
– Soutien psychologique aux familles traumatisées
– Réhabilitation des mécanismes traditionnels d’éducation
– Renforcement des compétences parentales
Soutien économique
Des mesures concrètes :
– Création d’activités génératrices de revenus pour les parents
– Bourses scolaires pour les enfants
– Microcrédits familiaux
– Formation professionnelle adaptée
Reconstruire la famille pour sauver la RCA
La reconstruction de la famille centrafricaine est une priorité nationale qui nécessite :
– Une politique familiale cohérente
– Un soutien économique aux familles
– Une réhabilitation des valeurs traditionnelles
– Une adaptation aux défis contemporains
Comme le souligne OUEIFIO : “Sans familles fortes et unies, il ne peut y avoir de nation forte et unie. La reconstruction de la RCA passe nécessairement par la restauration de la cellule familiale.”
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)