De Casablanca à Brazzaville : Le tourisme financier du dictateur Touadéra et ses plans nationaux qui n’intéressent personne à la BAD au Congo
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Les valises diplomatiques de l’empereur Faustin-Archange Touadéra ne contiennent plus que du vent et des rapports poussiéreux que les banquiers du continent empilent poliment dans les corbeilles des sommets internationaux.
Le nomadisme de luxe du chef de l’État centrafricain vient de s’offrir une nouvelle escale de choix sur les rives du fleuve Congo. Après avoir paradé au Maroc pour vendre un Plan national de développement concocté à grands frais par des cabinets de conseil parisiens, le dictateur de Bangui a débarqué aux Assemblées de la Banque africaine de développement à Brazzaville avec le même catalogue de promesses creuses sous le bras. Ce voyage illustre une fois de plus la stratégie de la fuite en avant d’un régime qui préfère le confort des salons feutrés étrangers à la dure réalité des chantiers abandonnés en Centrafrique.
L’indifférence des partenaires financiers face aux documents présentés par l’empereur a éclaté au grand jour lors des débats de la BAD. Alors que la propagande officielle de Bangui affirmait que le grand oral de Casablanca avait suscité un enthousiasme général, les banquiers d’Afrique centrale ont poliment rappelé le dictateur à la réalité de ses propres manquements. Les investisseurs sérieux refusent de jeter l’argent dans un gouffre sans fond, conscients que les plans sur la comète rédigés par l’entourage présidentiel ne servent qu’à meubler les discours de tribune et à justifier l’octroi de juteuses indemnités de mission pour la délégation centrafricaine.
Les statistiques concrètes fournies par le chef de l’État lui-même lors de sa prise de parole au Congo démontrent le fiasco de ce tourisme institutionnel. Le projet de corridor régional devant relier Brazzaville, Bangui et N’Djamena, qui constitue pourtant le plus gros morceau du portefeuille de la BAD dans le pays, affiche un taux de décaissement bloqué au niveau humiliant de 28%. Ce chiffre ridicule prouve que pendant que l’empereur accumule les miles aériens et les poignées de main protocolaires, les ministères à Bangui dorment sur les dossiers, incapables de fournir les garanties de transparence nécessaires pour libérer les 72% restants de l’enveloppe.
Le sommet de Brazzaville a définitivement enterré les ambitions de papier du Plan national de développement lorsque le dictateur, acculé par les questions sur l’électricité, a abandonné le costume de l’émergence pour endosser celui du quémandeur de sous-développement. En pleine séance, l’empereur s’est mis à supplier la direction de la BAD pour obtenir en urgence des petits kits solaires portatifs afin de permettre aux Centrafricains de recharger leurs téléphones portables et d’avoir une lueur de lumière le soir. Voir le chef d’un État richissime en ressources naturelles réduire dix ans de gouvernance absolue à une demande de panneaux de poche montre le décalage total entre les beaux livrets reliés présentés au Maroc et la misère énergétique gérée par sa dictature.
Cette dérive montre que les grands projets comme le programme d’énergie M300 ne sont que des paravents destinés à occuper l’espace médiatique pendant que les caisses de l’État se vident dans des dépenses de prestige. Les institutions financières d’Afrique centrale maintiennent une surveillance stricte sur les fonds et refusent de céder aux jérémiades du pouvoir centrafricain qui réclame des procédures accélérées pour contourner les audits de bonne gestion. Le retour de l’empereur à Bangui s’effectue les mains vides, confirmant que le crédit de la Centrafrique est totalement épuisé auprès des bailleurs de fonds qui ne croient plus aux fables de la dictature.
Par Alain Nzilo
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