CYNISME D’ÉTAT : TOUADERA OU LA FABRICATION POLITIQUE DE L’IGNORANCE

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CYNISME D’ÉTAT : TOUADERA OU LA FABRICATION POLITIQUE DE L’IGNORANCE

 

 

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Par : la rédaction de ,  

TOUADERA na pas seulement appris à gouverner par la peur, la pénurie et la dépendance : il a transformé labaissement intellectuel du peuple en stratégie de survie politique. Là où dautres échouent par incompétence, lui persévère par calcul : entretenir lignorance, affaiblir linstruction, banaliser lanalphabétisme et faire de cette faiblesse collective un capital politique personnel. Sous son règne, la misère nest plus seulement un scandale moral ou un échec de politique publique ; elle devient un outil de domination, une matière première du pouvoir.

 

« J’accuse Touadéra d’avoir fait de l’abaissement intellectuel du peuple centrafricain une stratégie de survie politique », explique BENGUEWE DAMARAS.

Touadéra s’est installé dans la durée en se présentant comme le dernier rempart contre le chaos. À des Centrafricains épuisés par la guerre et l’instabilité, il vend toujours la même marchandise : la peur. Sans lui, dit-on, ce serait l’apocalypse ; sans lui, le pays retomberait dans le sang et les larmes. Ce chantage permanent à la stabilité permet de transformer toute critique en menace, toute opposition en danger public, toute alternance en irresponsabilité nationale. La misère devient alors un décor utile : un peuple occupé à survivre a moins de force pour défendre ses droits.

 

« J’accuse ce régime d’avoir érigé la peur du chaos en arme centrale de son maintien au pouvoir et d’utiliser la misère comme barrière invisible contre la contestation », poursuit monsieur BENGUEWE DAMARAS.

Le trait le plus grave de cette gouvernance est ailleurs encore : dans la destruction silencieuse de l’éducation. Professeur de son état, Touadéra sait parfaitement ce que vaut l’instruction, ce que la lecture, l’écriture, la maîtrise des chiffres et des idées peuvent produire comme émancipation. Mais au lieu de faire de l’école, de l’alphabétisation et de la formation des citoyens la priorité absolue, il semble y voir un danger : celui de produire des esprits lucides, capables de déchiffrer ses mensonges, de dégonfler ses promesses et de refuser sa mise en scène. Maintenir le peuple dans le sous-savoir, dans la non-instruction et dans un analphabétisme fonctionnel, ce n’est pas seulement tolérer un retard ; c’est organiser la vulnérabilité d’une société plus facile à manipuler.

 

« Jaccuse Touadéra de prospérer sur la faiblesse éducative du pays et de maintenir volontairement le peuple dans le sous-savoir pour en faire une société aisément manipulable, salarme BENGUEWE DAMARAS.

Le paradoxe devient plus glaçant encore lorsqu’on se souvient que cet homme a longtemps enseigné à l’université. Il connaît intimement la société centrafricaine, ses peurs, ses attentes, ses fragilités. Ce savoir aurait dû l’amener à faire de l’éducation et de la conscience citoyenne le socle de la reconstruction nationale ; il a choisi l’inverse : capitaliser sur l’ignorance au lieu de la combattre. Au lieu d’éclairer, il brouille ; au lieu d’émanciper, il infantilise ; au lieu d’élever, il entretient les conditions mentales qui rendent la mauvaise gouvernance supportable, parfois même applaudie.

 

Dans ce système, les promesses délirantes ne sont pas des accidents de communication ; elles sont une méthode. Chemins de fer fantasmés, villes futuristes, milliers d’ouvrages promis à la chaîne : la parole publique devient un théâtre permanent où l’invraisemblable occupe l’imaginaire populaire pour mieux masquer l’absence de résultats. Plus le peuple manque d’instruction et d’accès à une information indépendante, plus le mensonge circule sans coût politique immédiat. La faim empêche d’étudier les dossiers, la précarité empêche de prendre du recul, l’ignorance organisée empêche de distinguer la politique publique sérieuse de la pure illusion verbale.

 

La même logique se retrouve dans l’administration. Le paiement d’un salaire, une promotion, une nomination ou une régularisation administrative, tout ce qui devrait relever de règles impersonnelles et transparentes est transformé en geste personnel du chef. Le fonctionnaire n’est plus titulaire de droits garantis par la loi ; il devient bénéficiaire d’une grâce royale. Ainsi se construit une mécanique de domestication : la pauvreté matérielle nourrit la dépendance psychologique, et la dépendance psychologique nourrit la servilité politique.

 

Touadéra ne gouverne pas seulement contre le développement ; il gouverne contre l’élévation. Il faut que le peuple accepte que l’eau potable soit un luxe, que l’électricité soit une chance rare, qu’une école rénovée soit un miracle, qu’une route de quelques kilomètres relève presque du messianisme politique. Il faut surtout que les Centrafricains cessent de croire qu’ils méritent davantage. Car le jour où un peuple recommence à rêver sérieusement d’instruction massive, de justice, d’administration impartiale, de compétence et d’alternance pacifique, le règne du cynisme commence à vaciller.

 

Il faut donc nommer les choses avec netteté : ce mode de gouvernance n’est ni de la prudence, ni du réalisme, ni de la patience historique. C’est un cynisme d’État : un pouvoir qui exploite la misère, instrumentalise la peur, entretient la dépendance et trouve dans l’ignorance du peuple une assurance-vie politique. Touadéra se comporte comme un souverain qui voudrait régner sans fin sur un peuple maintenu à genoux, matériellement appauvri et intellectuellement désarmé. La Centrafrique ne commencera à se relever que lorsque ses citoyens refuseront de remercier pour ce qui leur est dû et refuseront surtout qu’on fasse de leur ignorance une stratégie de gouvernement.

 

A T BENGUEWE DAMARAS

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