Centrafrique : Quand le ministre d’État Abazene instrumentalise la justice pour blanchir son image dans l’affaire du camion de munitions

Rédigé le 18 juin 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans une mise en scène judiciaire qui frise la communication de crise politique, le parquet de Bangui a tenté, ce 17 juin 2026, de voler au secours du ministre d’État chargé de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazene.
C’est par la voix monocorde et visiblement tendue du premier substitut spécialisé du procureur, Guy Félix Yaguemet, qu’un communiqué aux allures de dictée ministérielle a été lu sur les ondes. L’objectif ? Blanchir le garde des Sceaux, embourbé dans une ténébreuse affaire de saisie de munitions, et retourner la machine judiciaire contre le lanceur d’alerte, pourtant issu des rangs du parti au pouvoir.
Quand le démenti confirme le scandale
L’exercice auquel s’est prêté le substitut Yaguemet, lisant laborieusement le document sans lever les yeux, ne reprenant son souffle qu’au moment de prononcer son propre nom, relève d’une acrobatie juridique inédite. Le parquet s’est autosaisi à la suite d’une publication Facebook d’un jeune militant du parti au pouvoir, Fernand Djimbélé. Ce dernier affirmait qu’un camion transportant des armes et des munitions destinées à un groupe armé associé au ministre Abazene avait été intercepté au PK5.
Sur le fait principal, le parquet confirme l’essentiel : l’alerte était bonne. La descente de la Section des recherches et d’investigations (SRI) a permis de découvrir et de saisir 614 munitions de guerre. L’infraction est donc matérialisée, le danger réel, et le rôle de salubrité publique de l’alerte citoyenne est flagrant.
C’est ici que le flou artistique s’installe. Par une pirouette rhétorique, le parquet dissocie subitement les munitions du conteneur, attribuant la propriété exclusive des cartouches à un tiers, un certain Mamadou Ibrahim, placé sous mandat de dépôt pour la circonstance.
Le communiqué insiste : ce monsieur n’aurait « aucun lien » avec le véhicule fouillé. Une explication qui peine à convaincre et qui ressemble fort à un scénario cousu de fil blanc pour dédouaner le ministre d’État, alors que les soupçons de propriété du camion pèsent lourdement sur lui.
Un dangereux parfum de récidive familiale
Si le parquet s’est empressé de dresser un cordon sanitaire autour d’Arnaud Djoubaye Abazene, c’est que ce scandale réveille de vieux démons que le clan ministériel pensait avoir définitivement enterrés. Ce n’est pas la première fois qu’un tel scénario se produit. Il y a quelque temps, un camion appartenant au propre frère du ministre, Abazene un cadre des douanes, avait déjà été intercepté et saisi avec une cargaison de munitions de guerre. À l’époque, les membres de l’équipage arrêtés avaient été discrètement libérés après seulement quelques mois de détention, étouffant ainsi l’affaire dans l’œuf.
L’histoire se répète aujourd’hui au PK5, mais dans un contexte sécuritaire infiniment plus lourd. Le ministre Abazene semble feindre d’oublier que le quartier du PK5 est actuellement sous la coupe des miliciens dits « Les Requins ». Ces derniers ont littéralement envahi la zone, officiellement pour profiler d’éventuelles incursions rebelles, créant un climat de psychose et d’instabilité. Dans un tel baril de poudre, l’interception de 614 munitions de guerre n’est pas un simple fait divers : c’est une question de sécurité d’État.
Le parquet de Bangui transformé en cabinet d’avocats d’Abazene
La dérive la plus spectaculaire de cette sortie médiatique réside dans le positionnement du parquet. En principe, le rôle du procureur est de rechercher les infractions, de poursuivre les coupables et de protéger la société. Il n’est en aucun cas le bouclier médiatique des membres du gouvernement.
Pourtant, la seconde moitié du communiqué se transforme en un plaidoyer politique enflammé, accusant l’internaute de vouloir « ternir l’image du ministre d’État » et de « saper sa détermination dans la lutte contre l’impunité ». En annonçant des poursuites immédiates pour « diffamation » contre le jeune militant, le parquet inverse les rôles avec une violence symbolique rare : le suspect politique devient la victime, et le lanceur d’alerte devient le criminel à abattre.
Ambitions déçues et guerre des clans : Les dessous politiques de l’affaire
Pour comprendre la nervosité qui entoure ce dossier au sommet de l’État, il faut lever le voile sur les récents bouleversements politiques à Bangui. Arnaud Djoubaye Abazene, qui lorgnait ouvertement le fauteuil de Premier ministre dans l’espoir de remplacer Félix Moloua, a vu ses ambitions douchées.
Affaibli politiquement par ce rendez-vous manqué, le ministre d’État se retrouve aujourd’hui face à une menace bien plus grande : l’appel à une marche publique initiée par des jeunes de sa propre mouvance politique pour exiger son limogeage. L’affaire du camion de munitions du PK5 est le coup de grâce qu’il devait à tout prix esquiver.
En agitant le spectre des poursuites judiciaires, le message envoyé par Abazene est d’une clarté limpide : quiconque osera creuser la piste de ce camion et enquêter sur la destination finale de ces 614 munitions de guerre sera impitoyablement broyé par la machine judiciaire. Le contre-feu est allumé, mais avec la résurgence des vieux dossiers douaniers et la présence des « Requins » au PK5, les braises du scandale risquent d’embraser tout l’appareil d’État.
Affaire à suivre
Par Gisèle MOLOMA
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![LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L’ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L'ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Une confrontation électrique, une base confessionnelle en ébullition et un voile qui se déchire sur l'un des plus grands scandales financiers de l'histoire de la République Centrafricaine. Le mardi 23 juin 2026, la concertation organisée à la mosquée de Yapéré (Bangui) par l'actuel président du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA), l’Imam Abdoulaye Ouassélégué, s’est muée en un face-à-face d'une violence rare. Face aux interrogations des fidèles, les langues se sont déliées. Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
