Centrafrique : Félix Moloua et ses « mesures phares ». Quand la faillite intellectuelle de la Primature confine au ridicule

0
10

Centrafrique : Félix Moloua et ses « mesures phares » : Quand la faillite intellectuelle de la Primature confine au ridicule

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

À peine reconduit à la tête d’un gouvernement dont l’efficacité reste à prouver, le Premier ministre Félix Moloua a dévoilé ce qu’il qualifie pompeusement de « mesures phares » pour son nouveau mandat. Pour ceux qui espéraient un sursaut d’orgueil ou un semblant de programme pour sortir la République centrafricaine de l’abîme, la douche est glaciale. Entre obligation d’arriver à 8 heures et chorale obligatoire de l’hymne national pour les fonctionnaires, Moloua confirme qu’il n’a absolument rien dans la tête pour abréger la souffrance de son peuple.

 

​L’amnésie coupable d’un Premier ministre par défaut

​À entendre Félix Moloua s’exprimer devant la presse, on en viendrait presque à oublier que l’homme pilote la Primature depuis près de cinq ans. Il s’exprime comme un bleu, un novice fraîchement débarqué qui découvre les réalités de l’administration centrafricaine. Ce spectacle est tout simplement dégoûtant. Comment un chef de gouvernement, déjà auteur d’un bilan d’une effrayante passivité, peut-il revenir devant les Centrafricains sans le moindre mea culpa, en proposant des mesurettes dignes d’un directeur d’école primaire ?

 

​Classé à la 10ème position de notre baromètre CNC avec une note tout juste passable de 10/20, Félix Moloua mérite plus que jamais son étiquette de « chef d’orchestre en perdition ». Celui que les Banguissois surnomment ironiquement « Tapa n’a pas de problème » continue de dissimuler sa faillite intellectuelle derrière un rire permanent, pendant que le pays s’enfonce un peu plus chaque jour.

 

​Le grand décalage : Des chants de drapeaux face à une crise humanitaire

​Alors que le peuple centrafricain plie sous le poids d’une fiscalité asphyxiante – caractérisée par des taxes exorbitantes sur les hydrocarbures et sur les transactions numériques comme Orange Money, dont l’argent s’évapore sans jamais servir à la reconstruction –, les attentes urgentes sont ailleurs. Le peuple veut de l’eau, de l’électricité, des hôpitaux dignes de ce nom, des écoles et des universités décentralisées.

 

​Quid des cultivateurs, qui représentent pourtant 90% de la population centrafricaine ? Ils attendent désespérément un signal fort, des subventions ou un encadrement pour sortir de l’agriculture de subsistance (manioc, arachides, courges) et relancer les cultures de rente comme le café ou le coton.

 

Quid des fonctionnaires, dont les salaires n’ont pas été revalorisés depuis près de 30 ans ?

Pour toute réponse à cette détresse sociale, Félix Moloua propose de la discipline de façade. Sa condition sine qua non pour être ministre ? « Accepter d’être au bureau à 8h00 ». Une plaisanterie ! Qui refuserait ce privilège pour continuer à jouir des prébignes de la République ? Pire encore, Moloua exige désormais que chaque lundi, les fonctionnaires – des pères et mères de famille – s’alignent dans les cours des ministères, comme des élèves de l’école Koudougou, pour monter le drapeau et chanter l’hymne national.

 

​Plutôt que d’infantiliser les cadres de l’administration publique, Moloua ferait mieux d’imposer le respect de l’hymne national et de la souveraineté aux mercenaires russes de Wagner, qui pillent les ressources du pays et commettent des crimes en toute impunité sous son regard démissionnaire.

 

​Une Primature réduite à un bureau d’enregistrement

​Ces annonces folkloriques ne font que confirmer le diagnostic du baromètre CNC : la Primature est réduite à un simple bureau d’enregistrement. Incapable d’imposer son autorité à des ministres indisciplinés – on se souvient encore de son humiliation face à son ministre de la Jeunesse où il a dû quémander de l’aide extérieure pour sauver son poste –, Félix Moloua gère la forme faute de pouvoir insuffler le fond.

 

​Le constat est amer. Face aux défis colossaux de la RCA, le gouvernement Touadéra offre au pays un spectateur amorphe à la Primature. Félix Moloua n’a pas de programme, il n’a pas de vision. Il n’a que des illusions à offrir à un peuple qui n’a plus la force de rire de ses pitreries administratives.

 

Par Gisèle MOLOMA

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email : corbeaunewscentrafrique@gmail.com