Centrafrique dans l’œil du cyclone ? Dans les coulisses de la prétendue « enquête » de Sonia Bindoumi alias « Walia Gbia »
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Alors que la Direction générale de la Police nationale prétend traquer les cybercriminels et « assainir » les réseaux sociaux, une autre agitation du même genre se développe dans l’arrière-cour même du régime, mais le contrôleur général Élie Beboy Mbaïlaou a préféré fermer les yeux sur cette situation.
Depuis la France, une réfugiée centrafricaine naturalisée Française du nom de Sonia Bindoumi, connue sur Facebook sous le pseudonyme de « Walia Gbia », s’est lancée dans la publication d’une prétendue « alerte » qu’elle présente comme la conclusion d’une enquête menée après son récent séjour à Bangui, où elle avait pris part au couronnement politique de Faustin-Archange Touadéra pour la Septième République.
Selon ses propres affirmations, cette mission consistait à filer tous les Centrafricains vivant en France et opposés à l’instauration de la 7e République. Elle présente son rapport en ces termes : « La Centrafrique est dans l’œil du cyclone », avant de dresser la liste de ceux qui, selon elle, s’apprêteraient à renverser le régime de Bangui.
Mais derrière cette posture alarmiste se cache surtout une campagne de délation politique aux accents complotistes. Entre frustrations personnelles, ambitions déçues et scénarios dignes d’un mauvais roman d’espionnage, certains cybermilitants-criminels de la mouvance présidentielle, à l’image de Sonia Bindoumi, semblent désormais prêts à inventer de toutes pièces des conspirations internationales pour tenter d’exister aux yeux du pouvoir.
Mais pour comprendre l’acharnement de cette activiste, il faut d’abord revenir sur ses ambitions personnelles et les calculs politiques qui semblent nourrir son engagement.
La séduction et le portefeuille : La frustration d’une prétendante recalée
Pour comprendre la virulence des derniers écrits de Sonia Bindoumi, il faut analyser ses motivations réelles. Reconvertie en fervente militante du Mouvement Cœurs Unis (MCU) et autoproclamée communicante de l’« Empereur-Président » Touadéra depuis Paris, elle a passé ces derniers mois à glorifier le pouvoir de Bangui sur les réseaux sociaux.
Connaissant le penchant bien connu de Faustin-Archange Touadéra pour les belles femmes de nature ronde qu’il intègre régulièrement dans son entourage proche, parfois comme maîtresses, Sonia Bindoumi ne cesse de multiplier des mises en scène et les démonstrations de proximité sur le réseau social Facebook, mettant en avant sa beauté dans l’espoir d’obtenir ce statut privilégié et, par extension, un portefeuille ministériel, notamment celui des Arts, de la Culture et du Tourisme, en remplacement de sa proche, Ngola Françoise Ramadan Mahata, éjectée de façon brute, elle et son département des Arts, de la Culture et du Tourisme du nouveau gouvernement Moloua 3, avant que ce portefeuille ne soit réattribué, 24 heures plus tard, à une grande figure, Madame Gina Lawson Rosalem.
Mais le remaniement est passé, Ngola Françoise Ramadan Mahata est remise à ses parents à Bangui et au « Pôle emploi » en France pour emploi, la stratégie de charme de Sonia Bindoumi a tapée poteau et elle est restée sur le carreau. C’est cette frustration politique et personnelle qui expliquerait aujourd’hui sa radicalisation verbale et ses attaques répétées contre certains membres de la diaspora centrafricaine de France, dans l’espoir de se rendre indispensable aux yeux du Palais de la Renaissance.
Mais derrière cette agitation médiatique apparaît également une contradiction politique majeure que les cybermilitants du régime préfèrent soigneusement éviter.
L’hypocrisie de la binationalité face à la Constitution de Touadéra
Il y a une ironie presque grotesque dans le zèle affiché par Sonia Bindoumi. En défendant avec agressivité la « Septième République », elle semble oublier qu’elle a volontairement acquis la nationalité française en plus de sa nationalité centrafricaine.
Or, selon les dispositions de la nouvelle Constitution défendue par le clan Touadéra, les binationaux sont officiellement exclus des plus hautes fonctions de responsabilité, lesquelles sont réservées aux seuls Centrafricains dits « d’origine ».
À ce titre, Sonia Bindoumi serait elle-même juridiquement inéligible au poste ministériel qu’elle convoiterait tant. Certes, dans les faits, le régime de Bangui entretient une profonde hypocrisie en maintenant plusieurs binationaux dans les cercles du pouvoir lorsque cela sert ses intérêts. Mais voir une citoyenne française d’adoption insulter régulièrement la France tout en réclamant un décret présidentiel à Bangui illustre le niveau de contradiction et de cynisme qui règne désormais dans certains réseaux de propagande du MCU.
Et cette contradiction devient encore plus flagrante lorsqu’on observe le contenu même de la fameuse « alerte » diffusée sur Facebook.
Un appel à la réciprocité : La France face aux cybermilitants du MCU
Alors que le gouvernement centrafricain et ses parrains russes de Wagner passent leur temps à accuser Paris de soutenir des rébellions imaginaires, une question finit par se poser : jusqu’où la France continuera-t-elle à tolérer que certains de ses ressortissants binationaux utilisent le territoire français pour alimenter des campagnes de propagande et de haine politique ?
Il devient difficilement compréhensible que des individus bénéficiant pleinement des avantages sociaux, des libertés publiques et de la protection juridique françaises puissent simultanément servir de relais à des discours hostiles à la France et réclamer la traque d’opposants politiques réfugiés en Europe.
Mais c’est surtout le contenu de la prétendue « enquête » publiée par Sonia Bindoumi qui plonge cette affaire dans un registre proche du délire politique.
Des scénarios hollywoodiens pour nourrir la paranoïa de Bangui
Dans sa prétendue « alerte », Sonia Bindoumi tente de recycler les récentes auditions judiciaires menées à Bangui pour bâtir un scénario de complot international d’une ampleur spectaculaire.
Sans la moindre preuve publique, elle accuse notamment la DGSE française, l’ancien président de l’Assemblée nationale Karim Meckassoua, ainsi que Denise Madina Duekoé, ancienne épouse de Michel Djotodia de préparer un prétendu « carnage » contre la Centrafrique.
Le texte va encore plus loin en publiant des informations personnelles sensibles, notamment un supposé numéro de passeport français et un numéro de téléphone attribués à Denise Madina Duekoé.
Dans cette narration digne d’un film hollywoodien, Sonia Bindoumi affirme que plusieurs millions de francs CFA auraient été distribués depuis le Cameroun et le Tchad à différentes personnalités et groupes armés supposés hostiles au régime. Les prétendus bénéficiaires cités dans cette « alerte » sont notamment :
- ARDA ;
- Danzoumi Yalo ;
- François Bozizé ;
- Abakar Sabone ;
- Noureddine Adam ;
- Nour Ngregaza.
Selon ce récit, plusieurs motos auraient déjà traversé la frontière pour converger vers Bangui, tandis que l’activiste affirme également que « 90 % sont des musulmans », dans une tentative extrêmement dangereuse de réintroduire une lecture confessionnelle des tensions politiques centrafricaines.
Mais à force de multiplier les accusations extravagantes et les amalgames, cette affaire finit surtout par poser une autre question : celle de la responsabilité des auteurs de telles publications.
Qui la police doit-elle réellement arrêter ?
C’est ici que le récent communiqué officiel de la Police nationale, publié ce 7 juin 2026, finit par se retourner contre le régime lui-même.
Si le Contrôleur général Élie Beboy Mbaïlaou souhaite réellement lutter contre la diffamation, la désinformation, les discours de haine et les manipulations sur Facebook, alors le profil de cette réfugiée naturalisée française « Walia Gbia » de Sonia Bindoumi devrait logiquement figurer parmi les premiers dossiers examinés par les enquêteurs.
Car si le pouvoir de Bangui voulait sincèrement appliquer ses lois sur la cybercriminalité, il commencerait d’abord par sanctionner ses propres cybermilitants et propagandistes.
À Corbeau News Centrafrique, nous rappelons que la véritable menace contre la paix civile ne réside pas dans les critiques formulées sur les réseaux sociaux, mais dans la banalisation du mensonge, des accusations communautaires et de la manipulation politique par certains relais du pouvoir eux-mêmes.
Affaire à suivre.
Par Gisèle MOLOMA
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![Après la chute d’Am-Dafok, Bangui relance le récit anti-français pour détourner l’attention des centrafricains sur la débâcle des mercenaires russes Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)

