CENTRAFRIQUE : Anicet Georges Dologuélé frappe aux portes de l’ONU, le passeport devenu une urgence vitale pour l’opposant

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Anicet Georges Dologuélé frappe aux portes de l’ONU, le passeport devenu une urgence vitale pour l’opposant

 

 

CENTRAFRIQUE : Anicet Georges Dologuélé frappe aux portes de l’ONU, le passeport devenu une urgence vitale pour l’opposant
Le leader de l’URCA, député de Bocaranga, Anicet-Georges Dologuelé

Rédigé le 29 novembre 2025 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

L’opposant centrafricain Anicet Georges Dologuélé, déclaré apatride par le régime Touadéra alias Baba Kongoboro après avoir renoncé à sa nationalité française, a déposé mercredi 12 novembre une plainte auprès du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies, selon la radio France internationale (RFI). Une démarche qui marque un tournant dans la stratégie de cet ancien Premier ministre de Patassé qui se bat désormais moins pour le fauteuil présidentiel que pour un simple document de voyage devenu très important pour lui.

 

 

Selon le ministre conseiller du Président Touadera, Fidèle Gouandjika, Anicet-Georges Dologuelé déclarait il y a quelques mois  “que le pays n’est pas gouverné, que le fauteuil présidentiel est vide”, fait aujourd’hui face à un sérieux problème dans son propre pays. Le mafieux Fidèle Gouandjika lui avait même dit d’écrire au président Touadéra avec toutes les expressions protocolaires de soumission.  “J’ai l’honneur”, “expression de ma haute considération”.  Toutes ces formules que Fidèle Gouandjika propose à l’opposant d’utiliser pour reconnaître que le fauteuil présidentiel n’est finalement pas vide.

 

Selon l’Agence France Presse (AFP), Anicet-Georges Dologuelé attend de cette plainte à l’ONU “que sa nationalité et son passeport lui soient restitués” et de pouvoir se présenter aux élections présidentielles prévues le 28 décembre. Mais derrière l’objectif électoral affiché, une réalité plus prosaïque et bien plus urgente : l’ancien candidat à la présidentielle de 2020 a besoin de ce passeport pour aller se soigner à l’étranger.

 

Le régime le sait. En le déclarant apatride le mois dernier, après qu’il ait renoncé à sa nationalité française pour se conformer aux exigences constitutionnelles, les autorités n’ont pas seulement compliqué ses ambitions électorales. Elles l’ont condamné à l’assignation à résidence sanitaire. Sans passeport d’aucun pays, Anicet-Georges Dologuelé ne peut plus voyager pour consulter ses médecins en France où il doit se rendre régulièrement.

 

L’opposant, qui avait déposé sa candidature pour la présidentielle de décembre prochain, multiplie désormais les recours et les sollicitations internationales. Dans ses déclarations à l’AFP, il affirme que “la justice centrafricaine subit des pressions” et “a besoin d’un coup de main international”. Une façon élégante de reconnaître que le combat judiciaire en Centrafrique est perdu d’avance.

 

Le piège s’est refermé parfaitement. Le procureur Guy Martial Damanguere, un neveu du Président Touadera,  a obtenu le 7 novembre l’annulation du certificat de nationalité que Dologuélé avait réussi à obtenir en août. Chaque tentative de régularisation se heurte à une nouvelle action du parquet. Le régime joue avec la loi comme avec un élastique : quand Anicet-Georges Dologuelé avait la double nationalité, on lui disait qu’il ne pouvait pas se présenter ; maintenant qu’il a renoncé à la nationalité française, on lui dit qu’il a perdu la nationalité centrafricaine.

 

La plainte déposée à l’ONU apparaît donc comme un appel au secours international. Mais les décisions du Comité des droits de l’Homme ne sont pas contraignantes juridiquement. Et selon les règles de procédure, le plaignant doit avoir épuisé toutes les voies de recours locales pour que sa plainte soit recevable,  ce qui n’est pas évident dans le cas présent.

 

Entre les sollicitations internationales et l’urgence sanitaire qui le presse, Anicet Georges Dologuélé découvre que le combat politique en Centrafrique se joue désormais sur un terrain bien plus basique : celui du droit d’exister juridiquement et de pouvoir sortir du pays pour se soigner.

 

Le ministre conseiller Fidèle Gouandjika, qui s’était publiquement moqué de l’opposant en octobre dernier, doit savourer la situation : celui qui prétendait que “le fauteuil présidentiel est vide” se retrouve dans une position où certains lui conseillent de supplier le président Touadéra de lui restituer un simple passeport. La chute est rude pour l’ancien Premier ministre, arrivé second face à Touadéra en 2020 avec plus de 21% des voix.

 

Par Gisèle MOLOMA…

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