En direct, la bataille féroce entre Ernest Konguere et Modeste Mangounda dans la 2e circonscription du 5e arrondissement : quand le ministre Bruno Yapandé s’acharne à abattre Mangounda

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Bataille féroce entre Ernest Konguere et Modeste Mangounda dans la 2e circonscription du 5e arrondissement : quand le ministre Bruno Yapandé s’acharne à abattre Mangounda

 

Bataille féroce entre Ernest Konguere et Modeste Mangounda dans la 2e circonscription du 5e arrondissement : quand le ministre Bruno Yapandé s’acharne à abattre Mangounda
Le député sortant de la deuxième circonscription du cinquième arrondissement de Bangui

 

Rédigé le 30 décembre 2025 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le scrutin du 28 décembre dernier dans le 5e arrondissement s’est transformé en véritable champ de bataille truqué. Entre Ernest Konguere, député sortant, et Modeste Mangounda, candidat indépendant, le ministre de l’Administration du territoire a choisi son camp, déployant toute sa machine administrative contre l’ancien président sous-fédéral du MCU.

 

Pour comprendre ce fiasco électoral, il faut remonter plusieurs mois en arrière, à l’époque où Modeste Mangounda occupait encore le poste de président sous-fédéral du MCU dans le 5e arrondissement. À ce moment-là, personne n’imaginait que le parti au pouvoir allait se déchirer de l’intérieur et que cette guerre intestine contaminerait tout le processus électoral.

 

C’est Ernest Konguere, le député sortant, qui a lancé les hostilités en montant un coup avec sa complice Opportune Ngbayaro, qui est également la maîtresse du ministre Bruno Yapandé. Les deux personnages ont manigancé l’éviction de Mangounda de son poste au sein du MCU, profitant de leur influence pour le destituer. Cette trahison a marqué le début d’un engrenage qui allait transformer une simple compétition électorale en règlement de comptes à grande échelle.

 

Privé de son poste mais pas de sa détermination, Mangounda a décidé de se présenter comme candidat indépendant aux élections législatives. Ce choix représentait un affront direct pour le parti au pouvoir qui ne tolère guère les dissidences. Dès lors, les représailles se sont enchaînées avec une précision qui trahissait une coordination au plus haut niveau.

 

La première offensive est venue du ministre Bruno Yapandé lui-même durant la campagne d’enrôlement des électeurs. Sans aucune justification légale, le ministre a interdit toute sensibilisation pour l’inscription sur les listes électorales dans le secteur où Mangounda jouissait d’une forte popularité. Cette interdiction visait à réduire le nombre d’inscrits dans son fief, amputant d’avance sa réserve de voix potentielles.

 

Mais Mangounda n’était pas homme à se laisser intimider facilement. Il a décidé de montrer son engagement pour la population en finançant sur ses propres deniers un vaste chantier de nettoyage des caniveaux du quartier. Pendant des jours, ses équipes ont déblayé les canaux d’évacuation sur plusieurs kilomètres, jusqu’après la mairie du 5e arrondissement, enlevant les détritus, les sables agglomérés et toute la boue qui provoquait des inondations à chaque pluie.

 

Cette initiative s’inscrivait parfaitement dans le cadre de l’opération Kwa Ti Kodro, ce programme de salubrité urbaine lancé par le président Touadéra et censé être gratuit. Pourtant, quand Mangounda a contacté le directeur de protocole du ministère de l’Urbanisme pour qu’un camion vienne évacuer les montagnes de déchets accumulés au bord des routes, on lui a réclamé 150 000 francs CFA. Un citoyen qui prenait des initiatives pour améliorer son quartier devait donc payer pour que les services publics accomplissent leur mission.

 

Coincé entre l’abandon de son projet et le racket administratif, Mangounda a fini par céder et verser la somme exigée. Le résultat a été encore plus humiliant : le camion n’est venu qu’une seule fois, a ramassé une portion dérisoire des détritus et a disparu, laissant le reste sur place. Cette comédie administrative avait un objectif clair : empêcher le candidat indépendant de se construire une image d’homme d’action, de démontrer son engagement concret pour la population.

 

Chaque initiative de Mangounda se heurtait ainsi à des barrières invisibles mais efficaces. Les services publics, transformés en bras armé du parti au pouvoir, multipliaient les obstacles, les exigences financières, les promesses non tenues. Cette guérilla administrative préparait le terrain pour l’assaut final qui allait avoir lieu le jour du scrutin.

 

Justement, le 28 décembre, au bureau de vote de l’école Malo, précisément dans le fief électoral de Mangounda, des dysfonctionnements étranges ont paralysé les opérations dès l’ouverture. Les assesseurs désignés disparaissaient mystérieusement, le matériel de vote arrivait avec un retard inexplicable, les listes électorales présentaient des anomalies suspectes. Tout semblait organisé pour créer le chaos et fournir un prétexte à l’invalidation des résultats.

 

Derrière ce sabotage en règle, la main de Bruno Yapandé et de sa maîtresse Opportune Ngbayaro apparaissait clairement. Le ministre utilisait sa position pour déployer un arsenal de combines destinées à garantir la victoire de la candidate du MCU. En neutralisant le bureau de Malo par le désordre, il amputait Mangounda de sa principale réserve de voix et ouvrait la voie à une contestation des résultats qui permettrait d’annuler le scrutin dans cette circonscription.

 

Les électeurs du 5e arrondissement assistaient impuissants à cette confiscation de leur voix. Un candidat qui investissait son argent personnel pour améliorer le quartier se voyait sanctionné par ceux-là mêmes qui auraient dû encourager de telles initiatives. L’école qui devrait être un lieu neutre d’expression démocratique se transformait en champ de bataille où les règles changeaient selon qu’on appartenait ou non au sérail du pouvoir.

 

Ernest Konguere, le député sortant, observait tranquillement le déroulement de cette parodie. Après avoir réussi à évincer Mangounda du MCU, il voyait maintenant le système entier se mobiliser pour achever son rival définitivement. Sa complicité avec Opportune Ngbayaro et la protection du ministre Yapandé lui garantissaient une victoire sans avoir à affronter réellement son adversaire sur le terrain des idées ou des réalisations.

 

Cette séquence électorale concentrait toutes les dérives d’un système verrouillé où la contestation ne trouve aucun espace d’expression. Modeste Mangounda avait expérimenté successivement l’exclusion interne, les entraves administratives, l’extorsion financière et finalement la manipulation du scrutin. Quatre étapes d’un parcours d’obstacles monté avec méthode pour étouffer toute velléité d’indépendance face au parti au pouvoir et ses relais dans l’administration​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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