Arrestation au Tchad de Badour Ali , frère cadet de l’ancien chef d’état-major du MPC Didot Ali

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Arrestation au Tchad de Badour Ali , frère cadet de l’ancien chef d’état-major du MPC Didot Ali

 

 

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Le mardi dernier, le frère cadet du chef de guerre Didot Ali, Badour Ali, a été appréhendé par les militaires des services de renseignement tchadiens à Sido. Cette interpellation fait suite à la plainte d’un civil, Alkhatim Abakar, évadé des prisons privées du MPC.

 

Les agissements criminels et les exactions commises par la faction dissidente du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) franchissent désormais la frontière. Badour Ali, le frère cadet de l’ancien chef d’état-major Didot Ali, a été arrêté par les militaires des services de renseignement tchadiens dans la ville frontalière de Sido. Ce dernier assure la gestion des affaires financières et immobilières du chef rebelle de l’autre côté de la frontière, s’occupant notamment des maisons et de la vente de l’or du chef rebelle au Tchad.

 

L’affaire découle directement du fonctionnement des centres de détention privés mis en place par Didot Ali dans la préfecture de l’Ouham, particulièrement à Markounda. Dans ces geôles clandestines, les prisonniers subissent de graves maltraitances, maintenus au sol avec des chaînes cadenassées aux chevilles. Il y a quelques jours, un jeune homme incarcéré dans ces conditions, nommé Alkhatim Abakar, est parvenu à s’évader de sa cellule. Après avoir fui la République centrafricaine pour se réfugier à Sido, en territoire tchadien, la victime s’est immédiatement rendue auprès des militaires des services de renseignement pour déposer une plainte officielle contre Badour Ali.

 

Dans sa déposition, Alkhatim Abakar explique que son calvaire est lié au vol de son téléphone portable, un iPhone 15 Pro Max. Alors qu’il était encore aux fers dans la prison privée de Markounda, Badour Ali est venu lui rendre visite en cellule. Sans apporter l’appareil avec lui, le frère cadet du chef rebelle a exigé sous la contrainte que le détenu lui donne immédiatement le code de déverrouillage. Alkhatim Abakar a opposé un refus catégorique, et Badour Ali est reparti les mains vides. Pour la victime, cette démarche insistante constitue la preuve absolue que c’est bien Badour Ali qui a subtilisé le téléphone et qui le détient.

 

Faisant régulièrement la navette à moto entre la République centrafricaine et le Tchad pour liquider les produits des chantiers miniers et administrer le business de son grand frère, Badour Ali a été intercepté par les agents du renseignement militaire mardi dernier lors de son entrée à Sido.

 

Cependant, l’affaire a rapidement mis en lumière les pratiques de corruption qui caractérisent ces zones frontalières, où certains militaires transforment la sécurité en un commerce lucratif. Dès l’annonce de l’arrestation, Didot Ali a mobilisé d’importants fonds depuis ses bases arrières en Centrafrique. Cet argent a été envoyé directement aux militaires des services de renseignement tchadiens qui détenaient son frère. Suite au versement de ce pot-de-vin, les agents corrompus ont clandestinement remis Badour Ali en liberté ce jeudi 28 mai, après seulement deux jours de cellule. Le frère cadet est aujourd’hui totalement libre de ses mouvements tandis qu’Alkhatim Abakar n’a jamais pu récupérer son téléphone portable, constatant l’impunité totale dont bénéficient ces bandes criminelles grâce à l’argent des mines.

 

Par Arsène Féimonazoui

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