Après les civils, ce sont les militaires qui sont très mécontents du nouveau gouvernement et ils déclenchent des tirs en l’air au quartier Boy-Rabe pour manifester leur mécontentement
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’annonce du maintien du gouvernement Moloua a provoqué des tensions au sein du bastion présidentiel, incitant des soldats à exprimer publiquement leur rejet de cette reconduction politique.
La publication de la liste ministérielle le jeudi 21 mai 2026 ne provoque pas seulement le désaccord de la population civile dans les secteurs populaires. La contestation gagne désormais les militaires, touchant directement le cœur du pouvoir. Durant la nuit même du jeudi au vendredi, le quartier de Boy-Rabe, situé dans le quatrième arrondissement de Bangui, est devenu le centre d’une manifestation de colère. Ce secteur, qui abrite la résidence personnelle du chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, a retenti de détonations continues. Des soldats des Forces armées centrafricaines ont utilisé leurs armes de service pour effectuer des tirs nourris vers le ciel, plongeant les habitants de cette zone stratégique dans l’incertitude durant plusieurs heures.
Devant la continuité des tirs, les autorités ont immédiatement sollicité l’intervention des services de la garde présidentielle et des mercenaires russes déployés pour la sécurité du périmètre. Arrivés sur les lieux dans le quartier pour obtenir des explications et faire cesser le désordre, ces éléments ont interrogé les soldats sur les motivations réelles de cette action nocturne. Les militaires contestataires ont répondu en affirmant que leur comportement découlait directement de leur fort mécontentement face à la reconduction de l’équipe gouvernementale. Cette déclaration faite au milieu des habitations confirme que la crise de confiance se manifeste en dehors des espaces militaires habituels, directement sous les fenêtres du pouvoir.
La colère des troupes s’oriente notamment vers le maintien du ministre de la Défense, un paramilitaire, cadre des douanes, dont la gestion de l’armée nationale focalise les rancœurs. Ce responsable est désigné par les soldats comme l’auteur de la suppression de la prime globale d’alimentation, un élément indispensable pour le quotidien des hommes du rang. En 2024, ce ministre avait affirmé que l’octroi de cette prime ne constituait pas un droit obligatoire pour les soldats, provoquant une première vague d’indignation. Face à la réaction des troupes, il s’était rendu personnellement à Bambari pour formuler des excuses et affirmer que ses propos avaient fait l’objet d’une mauvaise interprétation.
Dans les faits, les promesses de régularisation n’ont pas été suivies d’effets tangibles sur le terrain. Depuis maintenant six années, le versement régulier de cette prime demeure suspendu, remplacé par des allocations séquentielles distribuées de manière aléatoire, parfois espacées de six à douze mois. Les militaires constatent que le ministre à l’origine de cette dégradation de leurs conditions de vie conserve son fauteuil au sein du cabinet Moloua 3. Pour les protestataires, le maintien de cette hiérarchie ainsi que la présence de ministres installés depuis une décennie s’apparentent à la préservation d’intérêts financiers privés et mafieux plutôt qu’à une gestion rigoureuse de l’État.
Par Alain Nzilo
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