ANE : la sorcellerie électorale au service d’un pouvoir aux abois

Rédigé le 28 décembre 2025 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’Autorité Nationale des Elections vient de publier un communiqué qui défie toute logique administrative. En annonçant les modalités de versement des cautions pour les élections du 28 décembre 2025, l’ANE démontre une méthode qui ressemble davantage à de la sorcellerie qu’à une procédure électorale sérieuse. Cette improvisation intervient au moment même où l’opposition démocratique centrafricaine, regroupée au sein du BRDC, menace de boycotter le scrutin.
Le document signé par Mathias Barthélemy Morouba impose aux candidats un parcours du combattant digne d’un mauvais film ivoirien. D’abord se présenter au Trésor Public pour retirer un bordereau, puis courir vers les banques pour payer, enfin revenir à la Perception pour obtenir une quittance. Cette procédure alambiquée sonne comme un rituel mystique plutôt qu’une démarche administrative moderne. Mais surtout, elle montre l’improvisation totale d’une institution censée organiser des élections crédibles.
L’opposition a raison de réclamer un dialogue préalable avec le président Baba Kongoboro. Comment organiser des élections transparentes avec une ANE totalement sous l’emprise du pouvoir ? Comment appliquer un code électoral qui n’a même pas été mis à jour selon la nouvelle Constitution du 30 août 2023 ? Ces questions fondamentales restent sans réponse, pendant que l’ANE s’amuse à inventer des procédures sorties de nulle part.
La situation confine au grotesque. D’un côté, le président Baba Kongoboro annonce un dialogue politique avec l’opposition. De l’autre, son ANE incompétente lance la convocation du corps électoral et l’ouverture des dépôts de candidatures. Une schizophrène institutionnelle qui trahit soit l’incohérence du pouvoir, soit une stratégie délibérée pour brouiller les cartes.
Le plus ahurissant reste cette question : sur quelle base légale l’ANE organise-t-elle ces élections ? Le nouveau code électoral n’existe pas encore. La Constitution du 30 août 2023 introduit la notion de “nationalité d’origine”, mais le code électoral n’en fait aucune mention. Comment peut-on convoquer des candidats avec des textes qui ne correspondent pas entre eux ? C’est de la pure sorcellerie administrative.
Depuis un an, l’ANE prétend “nettoyer” la liste électorale. Un an ! Et cette liste n’est toujours pas définitive, jamais affichée, jamais finalisée. Comment organiser un scrutin avec des électeurs fantômes ? L’ANE demande aux candidats de déposer leurs dossiers, mais pour concourir devant quels électeurs exactement ? Cette institution semble vivre dans un monde parallèle où les règles élémentaires de la démocratie n’existent plus.
Cette dérive sorcière de l’ANE ne trompe personne. Elle cache mal l’incapacité du pouvoir à organiser des élections crédibles. En multipliant les procédures bizarres et les obstacles bureaucratiques, l’ANE espère peut-être décourager l’opposition et s’assurer une victoire par défaut. Mais cette méthode démontre surtout la faiblesse d’un régime qui ne peut plus compter que sur la manipulation pour se maintenir.
Le BRDC a donc mille fois raison d’exiger un dialogue préalable et un nettoyage de l’ANE. On ne peut pas organiser d’élections démocratiques avec des sorciers aux commandes.
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