Huit mois sans électricité, les bras cassés de Touadéra plongent Bangui dans le noir complet

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Huit mois sans électricité, les bras cassés de Touadéra plongent Bangui dans le noir complet

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

L’énergie constitue le cœur de l’économie, mais ce cœur vient de s’arrêter en Centrafrique, laissant la capitale dans une obscurité totale.

 

Le 21 janvier 2026, Bienvenue Mon Ibeya, directeur général par intérim de l’ENERCA, s’est rendu à la centrale hydroélectrique de Boali pour évaluer l’ampleur du désastre. Sur place, il a constaté que la centrale ne tourne plus ou fonctionne à peine, des pièces essentielles étant tombées en panne et nécessitant une fabrication en Chine.

 

Les délais annoncés donnent le vertige, rappelle le politologue Fari Tahéruka Shabazz. La fabrication des pièces prendra au minimum 45 jours, tandis que le transfert et le transport depuis la Chine vers Bangui exigeront six mois supplémentaires. Au total, il faut compter au moins sept mois et demi, soit environ huit mois, ce qui repousse le rétablissement du courant jusqu’en 2027.

 

L’analyste commente que ces responsables ne brillent pas par leur capacité d’anticipation, ce qui laisse craindre que Bangui reste privée d’électricité pendant près d’un an. Louis-Marie Congrebaud, secrétaire général de l’Organisation démocratique des syndicats des travailleurs de Centrafrique, qualifie cette situation de défaillance structurelle plutôt que d’incidents ponctuels, pointant directement la gouvernance, la MAINTENANCE et la gestion opérationnelle déficientes du service public d’électricité.

 

Les conséquences sur la vie quotidienne à Bangui se font déjà sentir de manière glaçante, souligne Fari Tahéruka Shabazz. Les morgues demandent aux familles de récupérer rapidement les corps, faute de moyens pour les conserver sans réfrigération. Les hôpitaux ne peuvent plus assurer les accouchements ni les interventions chirurgicales dans des conditions normales, mettant en danger la vie de nombreux patients.

 

L’économie de la capitale se retrouve paralysée, les boutiques qui dépendent de l’électricité devant fermer ou acheter des groupes électrogènes. Or le carburant en Centrafrique figure déjà parmi les plus chers d’Afrique, et les tensions géopolitiques risquent encore d’en faire grimper le prix, aggravant la situation des commerçants et des habitants.

 

Cette débâcle énergétique confirme parfaitement les bras cassés du régime Touadéra, estime le politologue. Faute de gouvernance sérieuse et d’anticipation minimale, la capitale se trouve plongée dans l’obscurité totale avec des répercussions apocalyptiques sur tous les aspects de la vie quotidienne. Les familles ne peuvent plus conserver leurs défunts, les malades ne peuvent plus être opérés, et les activités économiques s’effondrent une à une.

 

Fari Tahéruka Shabazz insiste sur le caractère structurel de cette crise, qui ne résulte pas d’un accident imprévu mais d’une négligence systémique. La centrale de Boali n’a visiblement pas bénéficié de la maintenance nécessaire, et aucun plan de secours n’a été prévu pour pallier une panne de cette ampleur. Les autorités se contentent aujourd’hui d’annoncer des délais qui condamnent Bangui à rester dans le noir jusqu’en 2027.

 

Les Banguissois subissent de plein fouet l’incompétence managériale d’une administration incapable d’assurer un service aussi vital que l’électricité. Le pays se retrouve ramené à l’ère préindustrielle, privé du minimum nécessaire au fonctionnement d’une société moderne​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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