Une agression en plein conseil constitutionnel : Euloge Doctrouvé récidive contre Élisée Nguémalé
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Élisée Nguémalé, déjà victime d’un tabassage en novembre, subit une nouvelle attaque de Doctrouvé samedi dernier, en plein cœur de l’institution chargée de superviser les Élections.
Les faits se sont déroulés ce samedi 31 janvier 2025, en pleine journée, devant témoins et les forces de l’ordre. Le conseil constitutionnel de Bangui a été le cadre d’une violence publique qui a nécessité l’intervention du président de l’institution et d’un huissier de justice.
Élisée Nguémalé, candidat aux législatives dans la Sangha-Mbaéré, était venu chercher des informations sur l’état de ses requêtes. Il sortait de la bibliothèque de l’Alliance française et avait décidé de faire un détour par le conseil constitutionnel avant de rentrer chez lui.
Un autre candidat de la Sangha-Mbaéré lui avait également demandé de vérifier le statut de son dossier. C’est dans ce contexte que Nguémalé s’est rendu au conseil constitutionnel, sans se douter de ce qui l’attendait sur place.
À peine descendu de sa moto sur le parking de l’institution, il tombe sur Euloge Doctrouvé. Ce dernier, candidat dans la Basse-Kotto, l’interpelle immédiatement avec agressivité.
« C’est toi Élisée Nguémalé ? », lance Doctrouvé d’un ton menaçant. La simple réponse affirmative de Nguémalé déclenche une réaction violente et inattendue de la part de son interlocuteur.
Doctrouvé se jette alors sur lui en hurlant des menaces de mort. L’agression se déroule en plein cœur de l’enceinte de la justice électorale, là où justement les candidats devraient trouver protection et équité.
Les militaires en faction interviennent rapidement pour séparer les deux hommes. Ils retiennent Nguémalé sur place et l’empêchent de quitter les lieux dans l’immédiat.
Un appel est aussitôt passé au président du conseil constitutionnel qui arrive rapidement sur les lieux. Après avoir entendu les témoignages des personnes présentes, il ordonne la venue d’un huissier de justice pour officialiser les constats.
L’huissier établit alors un procès-verbal de constat détaillé. Tout est consigné noir sur blanc : l’agression, le lieu, les circonstances exactes et les témoignages recueillis sur place.
Pendant ce temps, contre toute attente, Doctrouvé quitte tranquillement l’enceinte du conseil. Les militaires le laissent partir sans opposition ni interpellation, alors même que l’agression vient de se produire sous leurs yeux.
L’agresseur sort donc librement tandis que sa victime reste pour les formalités administratives. Cette scène interroge sur le traitement différencié réservé aux deux protagonistes de l’incident par les forces de sécurité présentes.
Il est important de signaler que cette violence trouve son origine dans une requête déposée par Nguémalé quelques semaines auparavant. Le leader de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique avait saisi le conseil constitutionnel contre la candidature de Doctrouvé aux législatives.
La raison invoquée dans cette requête était claire : Doctrouvé dirige une milice armée qui terrorise les habitants de Bangui. Nguémalé lui-même en avait déjà été victime par le passé, ce qui donnait du poids à sa démarche juridique.
Rappelons que le 24 novembre dernier, Nguémalé avait été tabassé dans un restaurant situé avenue des Martyrs, dans le cinquième arrondissement. L’agression avait duré plus de dix minutes, devant des témoins médusés et impuissants.
Cinq hommes musclés l’avaient roué de coups pendant qu’un capitaine de l’armée, présent dans le restaurant, regardait sans intervenir. Doctrouvé avait organisé l’opération après être venu repérer sa cible quelques minutes plus tôt, comme l’ont confirmé plusieurs témoins interrogés par la rédaction du CNC.
Cette première attaque avait suivi les menaces publiques du ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé. Le ministre avait interdit à Nguémalé de s’exprimer dans les médias après que celui-ci eut déposé une requête contestant la candidature du président Touadéra.
Quelques jours seulement après le passage à tabac de novembre, Doctrouvé recevait une médaille de reconnaissance lors de la fête nationale du 1er décembre. Le timing de cette décoration n’a échappé à personne et a provoqué de nombreuses interrogations dans l’opinion publique.
Le parcours de Doctrouvé démontre les mécanismes du pouvoir actuel et ses contradictions. Entre 2018 et 2019, il critiquait violemment le régime depuis son exil au Congo-Brazzaville, tenant des propos particulièrement durs contre les autorités.
Il insultait le président de l’Assemblée nationale et dénonçait ce qu’il appelait un gouvernement criminel. Son retour au pays a coïncidé avec un changement radical de positionnement politique qui a surpris bon nombre d’observateurs.
Depuis 2019, Doctrouvé s’est transformé en défenseur acharné du régime en place. Il multiplie les attaques contre les opposants et les voix critiques, adoptant une posture diamétralement opposée à celle de ses années d’exil.
Sa milice recrute d’anciens membres des Requins, le groupe paramilitaire de Doneng Héritier, aujourd’hui ministre de la Jeunesse et des Sports. Certains de ces hommes ont été intégrés dans l’armée, la gendarmerie ou la garde présidentielle avant de rejoindre la nouvelle structure dirigée par Doctrouvé.
Le lundi 18 novembre, un pasteur apôtre avait été assassiné dans le quatrième arrondissement de Bangui. Les témoignages recueillis sur le terrain pointaient déjà vers le groupe de Doctrouvé, selon les informations circulant dans les quartiers.
L’information avait largement circulé sur Facebook et WhatsApp, alimentant les discussions et les inquiétudes. Puis était venue l’agression de Nguémalé dans le restaurant, suivie maintenant de celle du conseil constitutionnel, établissant un schéma répétitif de violence.
Deux agressions du même homme contre la même victime, à quelques semaines d’intervalle seulement. La première devant un officier
de l’armée qui n’intervient pas, la seconde devant les militaires du conseil constitutionnel qui laissent partir l’agresseur.
Entre les deux agressions, une médaille présidentielle vient récompenser Doctrouvé. Le président du conseil constitutionnel et l’huissier ont établi les constats officiels, les preuves sont là, consignées dans les procès-verbaux
Par Alain Nzilo
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




