CICR en Centrafrique : Philippe Beauverd dresse le bilan de son mandat et passe le témoin à Kelnor Panglung

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CICR en Centrafrique : Philippe Beauverd dresse le bilan de son mandat et passe le témoin à Kelnor Panglung

 

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M. Philippe Beauverd le chef sortant de la délégation du CICR en République centrafricaine.a

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le chef sortant de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge en République centrafricaine a animé une conférence de presse avant son départ.

 

Philippe Beauverd, qui s’apprête à quitter ses fonctions après quatre ans et demi à la tête de la délégation du CICR en Centrafrique, a présenté mardi dernier à Bangui le bilan des activités de l’organisation pour l’année écoulée. Accompagné de Cyrille Jean Noël Gbate, coordonnateur communication, et de Kelnor Panglung qui lui succède, le responsable sortant s’est montré satisfait des résultats obtenus malgré les contraintes.

 

L’organisation a réalisé 90% de l’ensemble de ses programmes prévus, un taux que Philippe Beauverd qualifie de remarquable au regard des difficultés rencontrées. Cette performance mérite d’autant plus d’être saluée que les équipes ont travaillé dans l’incertitude quant à leur avenir professionnel, certaines structures ayant été fermées en cours d’année.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et témoignent de l’ampleur du travail accompli sur le terrain. Environ 3 000 porteurs d’armes, incluant militaires, gendarmes et policiers, ont reçu une formation sur le droit international humanitaire. Près de 5 000 familles ont bénéficié de rations alimentaires d’urgence dans différentes régions du pays.

 

Du côté de l’assistance matérielle, quelque 2 700 foyers ont obtenu des colis contenant couvertures, bâches et ustensiles de cuisine. 1 800 familles supplémentaires ont touché des liquidités d’urgence pour répondre à leurs besoins immédiats. Le CICR a également distribué du manioc et des semences d’arachides et de niébé à 6 800 ménages, accompagnés d’argent liquide pour éviter que ces semences ne soient consommées.

A gauche M. Cyrille Jean Noël Gbate, coordonnateur communication du CICR, au milieu M. Philippe Beauverd, chef sortant de la délégation du CICR ne République centrafricaine et à
A gauche M. Cyrille Jean Noël Gbate, coordonnateur communication du CICR, au milieu M. Philippe Beauverd, chef sortant de la délégation du CICR ne République centrafricaine et. Photo CNC

 

L’accès aux soins de santé demeure une priorité constante pour l’organisation humanitaire. Les centres de santé soutenus par le CICR à Sido et Sangami ont accueilli 9 900 patients au cours de l’année. L’approvisionnement en eau potable a concerné approximativement 164 000 personnes, un chiffre considérable qui démontre l’étendue du déploiement.

 

La collaboration avec la Croix-Rouge centrafricaine s’est intensifiée à travers la redynamisation d’une dizaine de comités locaux. Cette coopération n’a pratiquement pas subi de réductions, contrairement à d’autres volets d’activité, car le CICR estime capital que la société nationale renforce ses capacités d’intervention.

 

La réorganisation imposée par les contraintes budgétaires a conduit à la fermeture de trois sous-délégations situées à Ndélé, Kaga-Bandoro et Boire. Néanmoins, une nouvelle structure a ouvert ses portes à Bossangoa depuis novembre dernier. Cette redistribution vise à maintenir la même couverture géographique avec des moyens réduits.

 

Les zones auparavant desservies depuis Ndélé relèvent désormais de la sous-délégation de Bambari, tandis que Bossangoa récupère les secteurs couverts depuis Kaga-Bandoro et Boire. La réparation récente du bac facilite d’ailleurs les déplacements vers des localités comme Boca Ranga ou Moyenne-Sido, désormais plus accessibles depuis cette base.

 

Au sud-est du pays, la situation demeure particulièrement préoccupante depuis plusieurs semaines. Les équipes du CICR se sont déployées rapidement à Zémio où des milliers de personnes ont trouvé refuge, notamment dans l’enceinte de l’église catholique. Environ 2 000 déplacés s’y entassent, tandis que d’autres se regroupent près de la mosquée et dans le quartier Paule.

 

L’organisation a installé un bladder, grand réservoir d’eau, sur le site de l’église grâce au concours de la Croix-Rouge centrafricaine. Des latrines ont également été aménagées pour améliorer les conditions sanitaires. Des médicaments ont été acheminés vers l’hôpital et distribués dans les centres de santé couvrant ces populations déplacées.

 

L’acheminement de l’eau à Zémio nécessite l’intervention du bataillon népalais de la MINUSCA, les puits locaux ne produisant pas suffisamment. Cette collaboration pragmatique n’implique aucune escorte ni déplacement conjoint, le CICR maintenant son indépendance opérationnelle. L’organisation ne fait pas partie du système onusien et ne dépend pas des décisions du Conseil de sécurité.

 

L’approvisionnement en nourriture représente un défi majeur dans cette zone reculée. Le petit avion du CICR ne peut transporter les quantités nécessaires pour nourrir tous les déplacés. Les magasins sont fermés, les routes coupées, et les populations rassemblées manquent de l’essentiel. La distribution de semences maraîchères reste envisageable, mais leur culture demande du temps.

 

Philippe Beauverd souligne que le CICR reste probablement l’organisation capable d’atteindre les coins les plus inaccessibles de Centrafrique. Cette capacité repose sur les contacts maintenus avec toutes les parties, y compris les groupes armés, permettant de notifier les mouvements et de garantir la sécurité des déplacements.

 

Concernant les otages détenus à Zémio et Bambouti, le CICR n’a pas été formellement saisi par les parties pour intervenir. L’organisation se tient prête à faciliter l’évacuation des personnes séquestrées dès qu’un accord sera trouvé entre les AKG et le gouvernement, comme elle l’a déjà fait en 2023 lorsque l’UPC avait remis 20 FACA.

 

Les contacts avec les familles des otages se poursuivent, certains proches étant venus récemment solliciter l’aide de l’organisation. Philippe Beauverd rappelle que les épouses et parents sont parfois oubliés dans ces situations et que le CICR veille à les tenir informés, même si la décision finale ne leur appartient pas.

 

Les réductions budgétaires ont touché plusieurs programmes, les donateurs contribuant moins qu’auparavant. Le volet nutritionnel en détention à Ngaragba a été supprimé après discussion avec les autorités, l’État devant assumer ses responsabilités. Un petit programme nutritionnel subsiste uniquement pour les détenus tuberculeux, leur survie dépendant de cet apport.

 

Les donations de médicaments au centre de santé de la prison se maintiennent, et le CICR reste prêt à intervenir en cas d’urgence sanitaire. Philippe Beauverd affirme n’avoir reçu aucun signalement de problème majeur depuis l’arrêt du programme nutritionnel général, mais la vigilance demeure.

 

Interrogé par la rédaction de CNC, le chef sortant de la délégation a détaillé ses perspectives pour 2026. Il espère que la stabilisation du pays va se poursuivre, reconnaissant que la signature des accords de Djamena en avril dernier a apporté une amélioration notable. Depuis son arrivée en 2021, il constate une diminution significative de la violence, même si des poches d’insécurité persistent.

 

Philippe Beauverd garde une pensée particulière pour les membres du personnel contraints de quitter l’organisation suite aux fermetures de structures. Ceux qui sont restés comme ceux qui sont partis n’ont jamais baissé les bras, continuant leurs missions jusqu’au bout malgré l’incertitude. Cette détermination collective a permis d’atteindre les objectifs fixés.

 

Le responsable sortant compte sur les médias nationaux et internationaux pour maintenir l’attention sur la Centrafrique. Il appelle à ne pas laisser ce pays sombrer dans l’oubli, les besoins humanitaires demeurant importants dans de nombreuses zones. Kelnor Panglung, son successeur, reprend le flambeau dans un contexte qui reste exigeant mais où des améliorations se dessinent progressivement.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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