La Décadence de l’Etat centrafricain depuis 10 ans : le pouvoir en main des mafieux et des criminels

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans un pays où la paix n’a jamais cessé d’être une chimère, le président sortant Faustin-Archange Touadéra a bravé les espoirs du peuple en se lançant dans un troisième mandat, auquel il aspire depuis longtemps.
À la fin du mois de décembre dernier, Touadéra a marqué son retour sur la scène politique avec une performance théâtrale grandiloquante au grand stade de Bangui. Son message était clair : à soixante-huit ans, il est toujours solide et prêt à écraser ses concurrents dès le premier tour du scrutin.
Mais derrière ces cris de joie, il y a aussi une forme de soulagement. Le scrutin s’annonce sous des bons auspices, comme l’indique un autre slogan martelé par le dictateur : « Mbi ga na ala siriri » [« Je vous ai amené la paix »].
Toutefois, cette paix est-elle réelle ? Le peuple centrafricain ne semble pas croire à ce mot d’ordre. Depuis l’indépendance du pays, on n’a jamais vu le gouvernement centrafricain fonctionner de manière aussi mafieuse et criminelle.
Depuis plus de 8 ans, le dictateur de Bangui s’appuie sur des forces russes du groupe Wagner et rwandaises pour soi-disant reprendre le contrôle du territoire centrafricain aux mains des groupes armés, ce qui n’est pas sans rappeler les méthodes des anciens seigneurs de la guerre.
Par ailleurs, les organisations de la société civile ont également dénoncé les comportements individuels des ministres en quête de réputation et de culte de personnalité, qui mettent en difficulté les actions gouvernementales. Le président a lui-même admis que ces comportements sont décriés à l’heure du conseil, mais nous ne savons pas si ce rappel à l’ordre est un constat de laxisme ou une menace de sanctions pour les membres du gouvernement.
En outre, la modification de la Constitution en 2023 a permis à Touadéra de rester au pouvoir indéfiniment, ce qui n’est pas sans créer de nombreuses inquiétudes chez les centrafricains et dans le monde entier.
La corruption est également omniprésente dans tout le pays, de même que la violence et la pauvreté. Le gouvernement semble incapable ou indifférent aux souffrances du peuple, et nous sommes témoins d’une décadence de l’Etat centrafricain comme jamais auparavant.
Le peuple centrafricain a tout fait pour voir son pays sortir de cette spirale de violence et de corruption, mais les gouvernements successifs n’ont jamais su répondre à leurs espérances. Il est temps pour le gouvernement de Touadéra de renoncer au pouvoir et d’autoriser des réformes qui permettront aux citoyens centrafricains de vivre en paix et en sécurité. Sinon, nous n’avons pas de doute qu’un nouveau soulèvement populaire sera nécessaire pour mettre fin à cette époque sombre dans l’histoire du pays.
Analyse du journaliste Éric Azoumi
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