Nous sommes un pays souverains, même si personne ne nous donne d’argent pour organiser les Élections, nous les organiserons nous-mêmes : Touadéra impose sa dictature

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le premier ministre centrafricain Félix Moloua vient de prononcer une phrase qui résume toute la stratégie du régime : “Nous sommes un pays souverain. Même si personne ne nous donne d’argent pour organiser les Élections, nous les organiserons nous-mêmes.” Cette déclaration confirme ce que beaucoup soupçonnaient déjà : Touadéra a décidé d’imposer sa dictature au mépris de la communauté internationale et des règles démocratiques.
Après avoir échoué à obtenir des financements des Occidentaux pour des Élections du décembre prochain, le régime de Bangui passe à la vitesse supérieure. Plus question de dialogue avec l’opposition, plus question de respecter les conditions posées par les bailleurs de fonds. Le président a choisi la confrontation directe et assume ouvertement son projet autoritaire.
La manœuvre était pourtant calculée au départ. Les autorités centrafricaines ont d’abord tenté de manipuler les Occidentaux en laissant entendre que la Russie allait financer les Élections. Cette stratégie visait à provoquer une réaction de jalousie : les pays occidentaux se précipiteraient pour financer le scrutin afin d’éviter une mainmise russe totale sur le processus.
Cette manipulation grossière n’a trompé personne. Les Occidentaux ont compris le jeu et ont refusé d’entrer dans cette logique. Leur position reste inchangée : pas de financement sans dialogue inclusif avec l’opposition, pas d’Élections crédibles sans respect des standards démocratiques minimaux.
Devant ce refus, Touadéra a choisi son camp. L’opposition ne participera pas au processus parce qu’il ne le souhaite pas. Il organisera son élection selon ses propres règles, se déclarera vainqueur avec les scores qu’il fabriquera, et imposera sa victoire au pays. Que la communauté internationale le veuille ou non, il restera au pouvoir et consolidera son régime pour les sept prochaines années.
Cette stratégie place le pays dans une situation d’illégalité totale. L’Autorité Nationale des Élections ne respecte pas le code électoral. Le décret de convocation viole la Constitution. Le processus lui-même bafoue toutes les normes légales. Touadéra agit en violation directe de la Constitution du 30 mars 2016 qu’il avait pourtant juré de respecter, y compris sa nouvelle constitution de 2023.
Le président a clairement affiché sa position : la loi ne s’applique pas à lui. Il gouverne au nom du “peuple centrafricain”, formule commode qui signifie en réalité qu’il fait ce qu’il veut puisqu’il prétend incarner ce peuple. Aucune loi n’est au-dessus de lui puisqu’il est le peuple. Cette logique dissout toute notion d’État de droit.
La loi existe pour les autres : pour l’opposition, pour les citoyens ordinaires, pour ceux qui contestent, mais pas pour Touadéra qui s’en affranchit au nom d’une légitimité populaire auto-proclamée.
Rappelons-le, cette dérive a commencé avec la nouvelle Constitution imposée en 2023. Danièle Darlan, alors présidente de la Cour constitutionnelle, avait déclaré ce projet illégal. Dans un pays normal, ce jugement aurait clôturé le débat. La Cour constitutionnelle a le dernier mot sur ces questions.
Mais Touadéra n’accepte pas qu’une institution le limite. Sa réaction a été brutale : limoger Danièle Darlan, installer son parent à la tête de la Cour, puis imposer sa nouvelle Constitution à tout le monde. Le texte s’applique maintenant sans que personne n’ait pu vraiment donner son avis.
Cette Constitution contient des dispositions contradictoires qui rendent techniquement inéligibles tous les candidats potentiels selon les articles 10 et 67, y compris Touadéra lui-même. Mais ces contradictions juridiques ne comptent pas pour un président qui se place au-dessus des lois.
L’opposition a demandé un dialogue pour résoudre ces problèmes constitutionnels, pour réformer l’ANE qui dysfonctionne, pour rendre le Conseil constitutionnel indépendant. Ces demandes visaient simplement à créer les conditions d’élections un minimum crédibles.
Sous la pression de la communauté internationale qui a conditionné son financement à l’organisation d’un dialogue, Touadéra a accepté mollement d’engager un pré-dialogue. L’opposition a préparé ses mémorandums détaillant ses exigences et les a remis au premier ministre. Elle a notamment demandé que ce dialogue se déroule sous l’égide d’un médiateur neutre, idéalement un chef d’État africain reconnu.
La réponse de Touadéra a été nette : non. Pas de médiateur extérieur, pas de dialogue inclusif. On passe directement aux élections. Même si l’opposition refuse de participer, même si la communauté internationale ne finance pas, le scrutin aura lieu.
Le régime s’inspire du référendum constitutionnel organisé précédemment. Même avec une participation dérisoire, le gouvernement a fabriqué des scores impressionnants et imposé les résultats. La même méthode s’appliquera en décembre prochain.
Touadéra convoquera le corps électoral dans l’illégalité, organisera un scrutin sans listes électorales vérifiables, fabriquera les résultats qu’il souhaite, et se déclarera réélu pour sept ans. Le monde devra accepter ce hold-up électoral parce que le régime considère que personne ne peut l’en empêcher.
La déclaration du premier ministre Félix Moloua sur la souveraineté nationale résume cette stratégie. Nous sommes souverains, donc nous faisons ce que nous voulons. Personne ne peut nous imposer le respect de nos propres lois. La communauté internationale peut garder son argent, nous avons Wagner pour nous protéger.
Cette alliance avec les Mercenaires russes constitue le fondement de la stratégie présidentielle. Wagner garantit le maintien du régime par la force, peu importe l’opposition interne ou la pression internationale. Le coût de cette protection, bientôt dix milliards par mois quand Wagner deviendra officiellement Africa Corps – sera prélevé directement sur les ressources naturelles du pays.
Touadéra et son entourage se comportent maintenant comme des gens qui ont décidé de tout ignorer. Ils violent ouvertement la Constitution, organisent des élections truquées, répriment l’opposition, et affichent leur mépris total pour la légalité et les normes démocratiques.
Cette dérive se déroule sous les yeux de la communauté internationale qui reste largement passive. Les condamnations verbales se multiplient dans les capitales occidentales, mais aucune sanction concrète ne vient punir cette destruction méthodique de l’État de droit.
Le peuple centrafricain se retrouve pris au piège d’un régime qui n’a plus aucune limite. La loi n’existe plus pour les dirigeants, la Constitution ne compte pas quand elle les gêne, les institutions obéissent aux ordres, et la répression attend ceux qui osent protester.
Les élections de décembre 2025 ne seront pas des élections au sens démocratique du terme. Ce sera une opération de légitimation d’un pouvoir qui s’installe définitivement par la force. Touadéra a choisi la dictature assumée plutôt que le compromis démocratique.
Sa déclaration de souveraineté cache mal la réalité : un président qui a perdu toute légitimité s’accroche au pouvoir par tous les moyens, soutenu par des mercenaires étrangers et protégé par l’impunité que lui garantit la passivité de la communauté internationale.
Par Alain Nzilo.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)