Le BRDC dénonce l’incohérence du pouvoir face aux Élections de décembre prochain

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’opposition centrafricaine réunie au sein du BRDC tire la sonnette d’alarme sur un processus électoral bâclé et des listes électorales fantômes.
Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC) a organisé ce jeudi 25 septembre une conférence de presse pour dénoncer les contradictions du gouvernement dans la préparation des Élections de décembre. Leur porte-parole, Martin Ziguelé , n’a pas mâché ses mots face à ce qu’il considère comme une parodie électorale en préparation.
L’histoire commence le 2 septembre dernier. Le Premier ministre Félix Moloua invite l’ensemble du bloc républicain à une réunion de lancement du dialogue politique. Une rencontre qui se veut consensuelle, où toutes les parties prenantes discutent des conditions d’organisation des prochaines Élections. À l’issue de cette réunion, les participants se mettent d’accord sur un point : le BRDC va transmettre un document détaillant leurs conditions pour poursuivre le processus de dialogue.
Le 14 septembre, le BRDC respecte sa parole et envoie son cahier de charges au gouvernement. Tout semble sur de bons rails pour un dialogue constructif. Mais trois jours plus tard, le 17 septembre, c’est la douche froide. Les membres du BRDC apprennent par la presse que l’Autorité nationale des Élections (ANE) vient de convoquer le corps électoral pour les Élections de décembre. La convocation prend effet à partir du 29 septembre.
Cette annonce surprend d’autant plus que l’un des problèmes centraux de ces élections reste non résolu : le fonctionnement défaillant de l’ANE et surtout l’absence totale de listes électorales affichées. Ziguélé rappelle que même si la loi a été modifiée pour supprimer l’obligation d’affichage un an avant le scrutin, l’obligation d’affichage existe toujours. Logiquement, cet affichage devrait précéder toute convocation du corps électoral.
Le BRDC a vérifié sur le terrain. Résultat : dans aucune commune du pays, les listes électorales ne sont affichées à ce jour, comme l’exige pourtant la loi. Comment convoquer des électeurs sans leur dire qui peut voter et où ? Comment organiser des élections sans que les citoyens puissent vérifier leur inscription sur les listes ?
Face à cette situation, le BRDC interpelle la Minusca. La mission des Nations unies a reçu mandat d’assister et d’accompagner ce processus électoral. Martin Ziguelé demande à la MINUSCA de faire son travail “de manière courageuse”. Il ne s’agit pas de prendre position politiquement, précise-t-il, mais de s’assurer que le chronogramme électoral et les opérations respectent les normes techniques minimales imposées par le mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.
L’opposition rappelle les leçons de 2020. Cette année-là, elle avait déjà alerté sur les dysfonctionnements du processus électoral et demandé un dialogue politique préalable. Le président burundais Sylvestre Ntibantunganya était même venu plaider pour ce dialogue. Il avait essuyé une fin de non-recevoir du pouvoir. La suite, tout le monde la connaît : des élections contestées, des violences post-electorales, une crise politique majeure.
“Nous ne voulons pas que l’histoire se répète”, insiste Martin Ziguelé. “On dit que lorsque l’histoire se répète, c’est une tragédie”. Le BRDC craint que le pouvoir ne reproduise les mêmes erreurs : organiser des élections dans la précipitation, sans respecter les procédures de base, sans dialogue préalable avec l’opposition.
La contradiction est claire. D’un côté, le gouvernement invite l’opposition au dialogue, fait mine de vouloir organiser un processus inclusif. De l’autre, il lance unilateralement la machine électorale sans attendre les conclusions de ce dialogue, sans même respecter les obligations légales d’affichage des listes.
Cette incohérence montre soit une incompétence totale du pouvoir dans la gestion des processus démocratiques, soit une stratégie délibérée pour organiser des élections sous contrôle, sans véritable débat ni transparence. Dans les deux cas, cela ne présage rien de bon pour la démocratie centrafricaine.
Le BRDC tire donc la sonnette d’alarme. Il rappelle que des élections bâclées ne règlent aucun problème et risquent au contraire d’aggraver les tensions. Mais le pouvoir écoutera-t-il ? L’expérience de 2020 laisse planer le doute sur la volonté réelle du gouvernement d’organiser un scrutin transparent et apaisé.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)