Touadéra mène un bras de fer avec Poutine et regrette la mort de Prigojine

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro refuse l’ultimatum du Président russe Vladimir Poutine sur le remplacement de Wagner par Africa Corps
Le silence qui durait depuis des semaines s’est rompu le 31 août 2025. Un ultimatum de Moscou est arrivé sur le bureau du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro , déclenchant une réaction de colère inhabituelle chez le dirigeant centrafricain. Selon nos sources proches du palais présidentiel, le chef d’État Baba Kongoboro confie désormais en privé qu’il regrette la mort d’Evgueni Prigojine et ne comprend pas pourquoi le chef de Wagner n’avait pas mené sa rébellion jusqu’au bout contre Vladimir Poutine.
Cette amertume trouve sa source dans l’ultimatum russe qui exige la signature d’un nouveau contrat militaire. Moscou veut remplacer la milice Wagner par une structure officielle plus coûteuse : Africa Corps. Pour Touadéra, cette transition représente bien plus qu’un simple changement administratif. Elle signifie la perte de son autonomie et sa transformation en simple exécutant des ordres du Kremlin.
L’alliance entre la République centrafricaine et la Russie s’est construite autour de la présence des mercenaires du groupe Wagner depuis 2018. Ces soldats privés ont assuré la protection personnelle de Touadéra tout en sécurisant et exploitant les mines d’or, de diamants et les forêts du pays, sans oublier le pillage et massacre de la population centrafricaine. Cette collaboration permettait au président centrafricain de maintenir une certaine marge de manœuvre dans ses relations avec Moscou.
Vladimir Poutine souhaite désormais “professionnaliser” cette présence militaire en la plaçant sous le contrôle direct de l’armée russe à travers Africa Corps. Cette nouvelle structure eliminerait l’intermédiaire que représentait Wagner et placerait les forces russes en Centrafrique sous commandement militaire officiel.
La proposition russe pose plusieurs problèmes à Bangui. D’abord, elle est financièrement plus lourde que l’arrangement précédent avec Wagner. Ensuite, elle prive Touadéra de la flexibilité dont il bénéficiait avec Prigojine, qui agissait comme un entrepreneur indépendant capable de négocier directement avec le palais présidentiel. Enfin, elle transforme le président centrafricain en simple relais des décisions prises à Moscou.
Le conseiller militaire russe présent à Bangui, ancien lieutenant de Prigojine, devient dans ce nouveau schéma un représentant direct du ministère russe de la Défense. Cette évolution supprime la relation personnalisée que Touadéra entretenait avec l’organisation Wagner et son défunt patron.
La disparition d’Evgueni Prigojine dans des circonstances troubles a privé Touadéra d’un interlocuteur privilégié. Le patron de Wagner avait développé une relation de confiance avec le président centrafricain, agissant comme un entrepreneur à la fois loyal au Kremlin mais doté d’une indépendance suffisante pour négocier directement avec Bangui.
Prigojine représentait un modèle d’alliance qui convenait parfaitement à Touadéra : un partenaire russe puissant mais pas totalement inféodé à Moscou. Cette configuration permettait au président centrafricain de maintenir une certaine autonomie tout en bénéficiant du soutien militaire russe.
La tentative de coup d’État de Prigojine contre Poutine en juin 2023 avait été suivie avec attention à Bangui. Selon nos informations, Touadéra aurait secrètement espéré que cette rébellion aboutisse, pensant qu’un affaiblissement de Poutine aurait consolidé l’indépendance de Wagner et offert à la Centrafrique un allié plus autonome vis-à-vis du Kremlin.
Aujourd’hui, le président centrafricain réalise qu’il n’est plus considéré comme un partenaire mais comme un tintin, un simple pion dans la stratégie géopolitique russe en Afrique. Cette prise de conscience explique ses regrets concernant l’échec de la rébellion de Prigojine et sa résistance actuelle à l’ultimatum de Moscou.
Le refus de Touadéra de céder immédiatement aux exigences russes place la Centrafrique dans une situation délicate. Moscou dispose de plusieurs leviers de pression pour contraindre Bangui à accepter ses conditions. Le rappel de l’ambassadeur russe constitue la première étape d’une escalade possible.
La Russie pourrait également suspendre son soutien militaire, laissant le gouvernement centrafricain vulnérable face aux groupes armés qui contrôlent encore une partie du territoire. Plus grave encore, Moscou pourrait décider d’armer directement ces groupes rebelles pour déstabiliser le régime de Touadéra.
L’option la plus radicale consisterait pour la Russie à s’emparer directement des sites miniers qu’elle exploite actuellement en partenariat avec le gouvernement centrafricain. Cette mainmise sur les ressources naturelles priverait Bangui de revenus vitaux et démontrerait publiquement l’impuissance du régime.
Face à ces menaces, Touadéra explore discrètement ses options. Un rapprochement avec d’anciens partenaires comme la France reste théoriquement possible, mais il comporterait des risques considérables. Paris a gardé rancune de l’expulsion de ses forces et du choix de Bangui en faveur de la Russie.
L’Italie et les États-Unis représentent des alternatives potentielles, mais aucun de ces pays ne semble disposé à s’engager militairement en Centrafrique avec la même intensité que la Russie. De plus, tout rapprochement avec l’Occident provoquerait une réaction immédiate et probablement violente de Moscou.
La Chine, présente économiquement en Centrafrique, pourrait théoriquement offrir une alternative, mais Pékin évite généralement de s’impliquer dans les conflits internes africains et préfère maintenir de bonnes relations avec tous les acteurs locaux, y compris la Russie.
Le 31 août 2025 pourrait devenir une date historique dans l’histoire récente de la Centrafrique. Pour la première fois depuis l’arrivée de Wagner, le président Touadéra a choisi de résister aux pressions de son protecteur russe. Cette décision témoigne d’une volonté de préserver une autonomie minimale face aux ambitions géopolitiques de Moscou.
L’issue de cette crise déterminera l’avenir des relations russo-centrafricaines et, plus largement, le modèle d’influence russe en Afrique. Si Touadéra cède finalement, il établira un précédent inquiétant pour d’autres dirigeants africains tentés de résister aux exigences de Moscou. Si il maintient sa position, il pourrait ouvrir la voie à une redéfinition des rapports de force entre la Russie et ses alliés africains.
Dans tous les cas, l’ombre de Prigojine continue de planer sur cette crise. Le défunt patron de Wagner incarnait un modèle de partenariat russo-africain que Moscou semble désormais vouloir abandonner au profit d’un contrôle plus direct et plus rigide de ses alliés continentaux.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)