La Banque Mondiale suspend le projet Maïngo après un viol : quand les 50 millions de dollars dans les égouts
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La Banque Mondiale suspend le projet Maïngo après un viol, laissant 25 milliards de francs CFA bloqués pendant que les enfants centrafricains croupissent dans l’ignorance.
Le 2 septembre 2025, le Premier ministre Félix Moloua recevait une délégation de la Banque Mondiale menée par Guido Rwanga dans un silence assourdissant. L’objet de cette rencontre ? Négocier la reprise d’un projet suspendu pour l’une des raisons les plus honteuses qui soit : un cas de viol commis dans le cadre du programme Maïngo, financé à hauteur de 50 millions de dollars.
Ce projet, lancé en grande pompe en 2021 pour “renforcer le capital humain” centrafricain, devait transformer l’éducation, la santé et l’emploi dans un pays où l’indice de développement humain plafonne à 0,32%. Mais au lieu de construire des écoles et de former des enseignants, le programme a enfanté un scandale sexuel qui paralyse aujourd’hui l’ensemble du dispositif.
La suspension du projet Maïngo constitue un camouflet retentissant pour un gouvernement qui multiplie les effets d’annonce sur l’amélioration du système éducatif. Comment expliquer aux parents centrafricains que 25 milliards de francs CFA destinés à l’éducation de leurs enfants restent bloqués à cause de l’incapacité des autorités à protéger les bénéficiaires du programme ?
Cette défaillance sécuritaire traduit un dysfonctionnement profond dans la supervision des projets de développement en Centrafrique. Comment un cas de viol a-t-il pu se produire dans un programme censé “autonomiser les femmes et les jeunes filles” ? Cette question reste sans réponse claire de la part des responsables centrafricains.
L’incident qui a provoqué la suspension s’inscrit dans un contexte plus large de défaillances gestionnaires du projet Maïngo. Dès octobre 2024, le ministre de l’Économie Richard Filakota pointait déjà des “insuffisances dans la gestion du projet”, conduisant au non-renouvellement du contrat de l’ex-coordonnatrice Irène Sabendo. Ces dysfonctionnements répétés interrogent sur la capacité réelle du gouvernement centrafricain à piloter des programmes d’envergure.
La promesse de reprise “dès octobre 2025” formulée par Guido Rwanga sonne comme un pansement sur une jambe de bois. Car au-delà de ce cas spécifique, c’est toute la crédibilité de la Centrafrique comme partenaire fiable qui se trouve entamée. Comment les bailleurs internationaux peuvent-ils avoir confiance dans un pays incapable de garantir la sécurité de base dans ses propres programmes de développement ?
Cette suspension intervient à un moment particulièrement critique pour l’éducation centrafricaine. Avec un taux de scolarisation primaire qui stagne autour de 60% et des infrastructures scolaires délabrées, chaque mois de retard dans la mise en œuvre du projet Maïngo condamne des milliers d’enfants à rester sur le carreau. Pendant que les bureaucrates négocient à Bangui, les salles de classe restent vides et les enseignants sans formation.
L’ironie de la situation atteint son comble quand on réalise que ce projet visait précisément à “renforcer la résilience des populations, en particulier des jeunes et des femmes”. Comment protéger les femmes centrafricaines quand les programmes censés les aider deviennent des lieux d’agression ? Cette contradiction décrédibilise totalement l’approche gouvernementale en matière de protection sociale.
Les 50 millions de dollars du projet Maïngo représentent une manne considérable pour un pays où le budget de l’éducation reste rachitique. Ce blocage prive non seulement les bénéficiaires directs de services essentiels, mais hypothèque également les chances de la Centrafrique de remonter dans les classements internationaux de développement humain.
La gestion calamiteuse de ce dossier s’inscrit dans une longue liste de projets de développement avortés ou détournés en Centrafrique. De la reconstruction post-conflit aux programmes d’urgence humanitaire, le pays accumule les échecs dans la mise en œuvre de l’aide internationale, alimentant la méfiance des partenaires techniques et financiers.
Cette affaire Maïngo pose également la question de la redevabilité des responsables centrafricains. Qui sera sanctionné pour ces dysfonctionnements ? Qui paiera pour l’incapacité à protéger les bénéficiaires du programme ? Le silence gouvernemental sur ces questions essentielles laisse présager une impunité qui encouragera la répétition de tels scandales.
Au-delà des aspects financiers, cette suspension porte un coup terrible à l’image de la Centrafrique sur la scène internationale. Comment prétendre à la respectabilité diplomatique quand les projets de développement se transforment en scandales sexuels ? Cette réputation sulfureuse complique davantage la mobilisation de nouveaux financements pour le développement du pays.
L’attitude de la Banque Mondiale, bien que compréhensible, explique également les limites de l’approche par projets dans des contextes fragiles. Suspendre un programme entier pour un incident, aussi grave soit-il, punit l’ensemble des bénéficiaires pour les fautes de quelques-uns. Cette logique punitive perpétue le cercle vicieux du sous-développement.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)